3.05 – Monk rencontre le parrain
Dans la boutique d’un barbier, un client et le barbier discutent. Un client entre, caché derrière un journal. Il s’assoit pour attendre son tour.
Client : Les gens veulent te faire croire que c’est pas la même chose, mais il faut voir ça, l’entrainement de printemps, c’est du vrai base-ball. Vous savez, c’est comme autre fois, à l’époque où on était gamins.
Barbier : Vous avez raison. Asseyez vous, vous êtes le suivant.
Client : Les gamins ils adorent ça. Ils peuvent les voir de près, rencontrer les joueurs.
Barbier : Je vois le terrain de base ball depuis le fond de mon jardin.
Client : Génial !
Un homme entre et traverse le salon, il va dans l’arrière boutique. Il déverse des billets de banque sur une table, autour de laquelle des hommes comptent déjà des billets.
Homme 1 : Fais attention s’il te plait, tu vois bien que je compte ?
Barbier : Je reviens dans un instant.
Client : Prends ton temps.
L’homme pose son journal et se dirige vers l’arrière boutique.
Client : Hé vous ! qu’est-ce que vous faites ?
Le client arrache sa blouse et sort un révolver de sa poche. En entendant le crépitement d’une arme automatique, l’un des hommes ouvre la porte de l’arrière-boutique. Aucun des hommes présents n’a le temps de se servir de son arme, l’homme au journal les abat.
Chez un garagiste, la voiture de Sharona est sur le pont.
Sharona : Qu’est-ce que ça donne ?
Norm : Rien de bon. Ce sont les suspensions.
Sharona : Quoi ? encore ? vous avez réparé les suspensions il y a trois mois, souvenez vous.
Norm : Oui, c’étaient les supports et les amortisseurs, cette fois, c’est un problème de barre de direction.
Sharona : Ha bon et à quoi servent ces barres ?
Norm : Ce sont elles qui relient le boitier de direction à l’attache centrale. Juste là, vous voyez ?
Monk : Tu devrais lui parler du son étrange qui sort parfois de ta radio.
Sharona : C’est ma musique. Est-ce que vous croyez que je peux rouler ?
Norm : Pas question, vous iriez droit au cimetière.
Sharona : Qu’est-ce que tu en dis ?
Monk : Cette histoire de cimetière est assez ennuyeuse, tu comprends ?
Sharona : Tu parles ! je te parie qu’il se paie ma tête. Il sait bien que je suis coincée, je ne peux pas le faire moi-même.
Monk : Peut être que je pourrais jeter un coup d’œil. Je suis assez bricoleur. Souviens toi de l’autre fois.
Sharona : Norm, c’est bon. Combien ?
Sharona : Neuf cents dollars ! Où veut il que je me procure neuf cents dollars ? Je n’ai pas reçu un seul chèque de mon ex depuis quatre mois.
Monk : Comment on va rentrer ?
Sharona : On va devoir rentrer à pied.
Monk : On pourrait appeler un taxi.
Sharona : Les taxis coutent une fortune. C’est toi qui vas payer ?
Monk : On va marcher.
Une limousine noire s’arrête devant eux. Un homme ne descend.
Tony : Excusez moi, vous êtes Adrien Monk ?
Monk : Oui
Tony : Je m’appelle Tony Lucarelli et lui, c’est Vince, mon …
Vince : Associé.
Tony : Mon associé. Si vous n’y voyez aucun inconvénient, mon oncle souhaiterait vous rencontrer pour vous parler d’un boulot éventuel.
Sharona : D’un boulot ?
Monk : Euh … Lucarelli, comme Salvatore Lucarelli ?
Tony : Ha, vous le connaissez, ça, ça va lui faire plaisir !
Monk : Non, merci. Oh, est-ce que c’est l’heure exacte ? on est déjà en retard. On est attendus pour cette circoncision.
Sharona : Une seconde ! il veut nous donner du boulot et on n’a pas les moyens de refuser.
Monk : On ne peut pas accepter ce travail. Sharona, Lucarelli c’est le boss des boss, c’est le parrain … de toute la côte ouest.
Sharona : Et alors ?
Monk : Alors, tu prendrais son argent ?
Sharona : Une personne dont le compteur affiche deux cent mille kilomètres au compteur ne peut pas être regardant.
Monk : Bien, alors, toi tu vas discuter avec ce monsieur et après on se retrouve à la maison.
Il veut s’éloigner mais il est coincé par Vince.
Tony : Monsieur Monk ! J’écouterais votre amie si j’étais vous. Elle est aussi maligne qu’elle est jolie.
Sharona : C’est gentil.
Tony : Vous n’en aurez que pour vingt minutes. Je demande poliment. Et avec le sourire.
Sharona : C’est la cerise sur le gateau ?
Tony : C’est la cerise sur le gateau ?
Sharona : Allez !
Tony : Vince !
Vince : Montez.
Monk : Non, non, non. Je ne vais pas à l’arrière.
Sharona : Attendez, attendez, écoutez il ne supporte pas de monter à l’arrière.
Vince : Tout le monde s’assoit à l’arrière.
Vince le pousse à l’arrière, Tony retient Monk.
Tony : Monsieur Monk, je vous en prie passez à l’avant avec Vince.
Monk : Ha ben oui, d’accord. Ne me touchez pas.
Tony : Je crois que vous allez devoir vous retrouver toute seule à l’arrière avec moi. Ça vous fait peur ?
Sharona : Et vous ?
La limousine s’arrête devant un restaurant. Un flic en planque dans une camionnette garée en face, prend des photos de Monk et Sharona. Vince et Tony les entrainent vers la porte. Ils sont reçus par Salvatore Lucarelli en train de nettoyer des poissons dans la cuisine.
Salvatore : Monsieur Monk, je vous remercie d’être venu aussi vite. Ça représente beaucoup pour moi.
Il serre la main de Monk et Sharona qui sort vite une lingette.
Sharona : Tiens. Il fait ça avec tout le monde, ce n’est pas un manque de respect.
Salvatore : Ho mais je comprends, c’est vrai, j’ai du sang plein les mains.
Monk : Oui, ça c’est sur.
Salvatore : Normalement, je devrais être à Pebble Beach. Au lieu de ça, je suis là à préparer une veillée. Gros Tony vous a parlé du travail ? C’est Ernie, le fils de ma sœur qui a été tué hier, plus quatre de mes amis, de grands amis.
Sharona : Le massacre dans la boutique du barbier ?
Tony : Un massacre, c’est le mot juste.
Salvatore : J’ai fait le tour de tous les bons détectives, Monsieur Monk et vous êtes le meilleur. Une légende vivante. Je vous paierai trois fois vos honoraires habituels si vous découvrez qui a fait ça.
Monk : Je suis désolé, je … je … je ne peux pas … vous aider.
Salvatore : Vous ne pouvez pas ? ou vous ne voulez pas ? Ma famille souffre, Monsieur Monk. Et elle est en colère.
Monk : Je comprends tout à fait ce que vous ressentez, plus que vous ne le croyez.
Salvatore : Ils crient à la vengeance et ils me demandent d’attaquer et de massacrer un gang de chinois ou de russes. Je ne veux pas faire d’erreur. J’aimerais mieux éviter un bain de sang.
Monk : Je suis sincèrement désolé. Oui, je suis très, très … très très désolé.
Tony : On dit que la nuit porte conseil. Peut être que Monsieur Monk veut réfléchir encore ?
Salvatore : Oui, Gros Tony a raison. Réfléchissez à la proposition. Au fait, Monsieur Monk, est-ce que vous êtes droitier ou gaucher ?
Monk : Je suis droitier. Mais j’utilise ma main gauche aussi, presque tous les jours.
Sharona : Oui, tu t’es encore servi de ta main gauche ce matin.
Monk : Oui. C’est vrai. Je suis ambidextre, en réalité, c’est vrai.
Salvatore : C’est bien, réfléchissez également à ce détail. Cette conversation est terminée.
Monk : Je le trouve charmant. Sharona ?
Sharona : J’arrive tout de suite.
Monk attend Sharona devant le restaurant, il parle à ses mains. Un couple le regarde, étonné.
Monk : Je vous aime, toutes les deux, et je ne les laisserai pas vous toucher. Oui, j’aime mes deux mains.
Femme : C’est bien.
Monk : Bien que j’utilise ma main gauche moins souvent, je l’aime aussi.
Femme : D’accord. On va essayer un autre restaurant.
Monk : Merci, j’ai eu du plaisir à vous parler. Je me sens mieux.
Le couple s’éloigne rapidement, une camionnette se gare devant le restaurant.
Monk : Oh, Agent Colmes !
Colmes : Monsieur Monk, montez donc dans la camionnette.
Monk : J’attends Sharona.
Colmes : Vous l’attendrez ici.
Monk : Elle ne saura pas où je suis.
Colmes : On le lui dira. Montez s’il vous plait, ne m’obligez pas à le redire.
Monk : Je ne peux pas monter à l’arrière.
Colmes : Il n’y a pas d’autre siège.
Monk : Je ne fais pas de préférence, je viens de dire la même chose à la mafia. Allez leur demander.
Colmes : Vous savez, vous êtes adorable. Dans la camionnette ! Montez dans la camionnette !
Monk : Je vais monter, je vais monter ! que ce soit bien clair, je me sers de ma main gauche.
Colmes : C’est passionnant. Allez, montez !
Monk et Sharona se retrouvent dans les locaux de l’ATF.
Colmes : Le gouvernement se pose la question de savoir ce que vous faisiez avec Salvatore Lucarelli et son second, le Gros Tony.
Sharona : Excusez moi, pourquoi on l’appelle le Gros Tony ?
Colmes : Parce qu’à une époque, il faisait cent trente kilos.
Sharona : Mon Dieu ! c’est le même garçon ?
Colmes : Ecoutez, on a mis toute la famille Lucarelli sous surveillance. L’ATF et le FBI sont sur le coup depuis trois mois.
Monk : Est-ce que c’est la boutique du barbier ?
Colmes : Oui. Elles ont été prises il y a une semaine avant le massacre. Si on était restés en planque la bas un jour de plus, on aurait assisté à tout.
Sharona : Excusez moi, combien il pèse maintenant ?
Colmes : Ecoutez, je n’en ai aucune idée. Monsieur Monk, vous n’avez pas répondu à ma question. Que faisiez vous la bas ?
Monk : Salvatore veut que j’enquête pour lui.
Colmes : C’est excellent, qu’est-ce que vous avez répondu ?
Monk : Je lui ai dit qu’il aille bruler en enfer.
Sharona : Pas tout à fait dans ces termes.
Colmes : On voudrait que vous acceptiez ce boulot.
Monk : Non. Voyez vous, si j’accepte ce boulot et que j’identifie les tueurs, Salvatore va piquer une colère, il va les éliminer un à un et je ne pourrai pas le supporter.
Colmes : Monsieur Monk, vous n’avez pas idée de la situation. C’est une formidable opportunité. Personne n’a jamais infiltré la famille jusque-là. Vous réunirez suffisamment de preuves pour nous permettre d’arrêter toute la famille.
Stottlemeyer et Disher font irruption dans le bureau.
Stottlemeyer : J’ai montré mon badge à l’entrée. Je veux juste parler à mon ami. Vous allez sortir votre arme ? Si vous devez la sortir, alors tirez sinon écartez vous ! Monk ! Colmes ! Qu’est-ce que vous fabriquez ?
Colmes : Les Fédéraux dirigent cette opération. Capitaine, vous n’avez rien à faire ici.
Stottlemeyer : Alors lui non plus. Qu’est-ce qu’il se passe ?
Sharona : Ils demandent à Adrien d’infiltrer la famille Lucarelli, Capitaine.
Disher : C’est quoi cette photo de vous avec le Gros tony ?
Sharona : Ce n’est rien et ne l’appelez pas comme ça !
Disher : Vous défendez ce type ?
Stottlemeyer : Si vous commenciez par lui raconter ce qui est arrivé au dernier agent qui a infiltré cette famille ? Dites lui d’abord où ils avaient enterré sa dépouille.
Sharona : Quoi ? enterré sa dépouille ?
Stottlemeyer : Ce sont des morceaux qu’ils ont retrouvé en réalité.
Colmes : La situation était différente, la couverture de notre agent a sauté. Monk a été invité, ils savent déjà que c’est un flic.
Monk : Je ne suis pas flic.
Colmes : Vous pouvez le redevenir, si vous nous aidez.
Monk : Quoi ? Quoi ?
Stottlemeyer : Attendez ! qu’est-ce que vous cherchez …
Monk : Redites moi …
Stottlemeyer : Monk, il se paie votre tête. Alors rentrez chez vous.
Monk : Non, non, non. Attendez, je veux en savoir plus. Qu’est-ce que vous avez dit ?
Colmes : Ce que j’ai dit, c’est que si vous acceptez de m’aider, si vous me rendez ce ridicule petit service, je contacterai la Commission et j’appuierai votre prochaine demande.
Stottlemeyer : Venez là, Monk, je connais ce salopard, ne lui faites pas confiance. Vous pourriez vous faire tuer, il ne lèverait pas le petit doigt, je suis sérieux.
Sharona : Il a raison. C’est trop dangereux.
Monk : Qu’est-ce que vous feriez si vous n’aviez plus ceci et que vous vouliez le récupérer ? C’est d’accord. Je suis votre homme.
Colmes : Très bien.
Monk démarre son enquête dans la boutique dévastée du barbier.
Stottlemeyer : Nous avons un témoin qui déjeunait en face vers onze heures quarante cinq. Cette personne a vu trois types entrer ici, ils se sont mis là et ta-ta-ta-ta, il s’est cru à la foire.
Sharona : Le spectacle a du être horrible.
Stottlemeyer : Cette boutique était utilisée comme façade par Salvatore et ses hommes. Ils avaient installé une salle de jeux clandestine dans l’arrière salle.
Sharona : Qu’est-ce que c’est que ça ?
Disher : Votre ami, le Gros Tony, c’est l’histoire de sa vie.
Stottlemeyer : Il y avait sept mille dollars sur la table.
Sharona : Deux inculpations ? ça ne veut pas dire grand-chose.
Disher : Si, qu’il a eu de la chance. Ecoutez, je sais ce qui vous attire en lui. Oui, j’ai saisi, vous le trouvez dangereux. La plupart des gens me trouvent très dangereux.
Sharona : C’est sur, les personnes qui roulent derrière vous.
Stottlemeyer : Le rapport de la balistique et l’agent spécial Colmes est d’accord lui aussi pour dire que les cinq victimes ont été tuées avec la même arme, un MAC-10.
Monk : Trois tueurs mais une seule arme ?
Stottlemeyer : Oui, peut être qu’ils se sont relayés.
Monk : Les billets étaient toujours là ?
Stottlemeyer : Oui, sept mille dollars.
Monk : Pourquoi ils les ont laissés ?
Stottlemeyer : Ce n’était pas un cambriolage. Ces gens là n’envoient pas d’e-mail, Monk. C’est de cette façon qu’ils font passer leurs messages.
Monk : Tiens, qu’est-ce que c’est ?
Disher : Ca vient du distributeur de bonbons. Les tueurs ont du l’arracher.
Stottlemeyer : Oui, ils s’en sont servi pour casser la fenêtre de derrière. C’était la seule sortie. Il y avait deux agents dans la rue. Randy !
Disher : Exact ! désolé ! ce sont des pièces à conviction !
Stottlemeyer : Oui, des pièces à conviction mais qui sont par terre, surtout.
Sharona : Pas de doute, vous êtes dangereux.
Stottlemeyer : Monk. Vous pouvez faire machine arrière, ce n’est pas votre affaire.
Monk : Ça l’est devenue.
Stottlemeyer : Il se sert de vous.
Monk : Je me sers de lui aussi. Il ne me souvient pas que vous ayez témoigné pour moi à l’occasion.
Stottlemeyer : Oui, c’est exact, parce que je savais que vous n’étiez pas encore prêt.
Monk : Quelqu’un était assis ici et il faisait des mots croisés. Il n’a pas fini la grille.
Stottlemeyer : Qui que ce soit, il a du partir avant que tout ça n’arrive.
Monk : Et pourquoi a-t-il laissé le journal, il aurait du les finir.
Disher : Peut être que ce n’était pas le sien ?
Monk : Celui-ci est le journal du barbier. Et celui là devait appartenir à un des clients. Cette personne avait du passer du temps sur ces mots croisés inachevés. Si j’étais sur le point de finir une grille de mots croisés difficile, je l’aurais emportée. Pas vous ? Pour la finir ? Non. Si vous parliez du témoin ?
Disher : Cet homme s’appelle Philip Bedard, il a trente deux ans, célibataire. Il travaille dans cette rue.
Sharona : Est-ce qu’il est fiable ?
Disher : Je l’espère bien. Il travaille à la frappe de la Monnaie.
Monk et Sharona attendent Philip Bedard qui leur a donné rendez vous sur le lieu de son travail.
Sharona : (au téléphone)J’ai du mal à croire que vous disiez ça. Vous ne me connaissez même pas. Oui d’accord, d’accord. A tout à l’heure, au revoir. C’était Tony.
Monk : Le Gros Tony ?
Sharona : Il n’est pas gros. Ecoute, il veut m’inviter à sortir. Je lui ai promis d’y penser.
Monk : Sharona, tu sais quel genre d’homme est ce Tony ?
Sharona : Oui, c’est justement ce qui me plait chez lui. Je sais que tu enquêtes toujours sur mes rendez vous pour savoir plus sur eux mais avec Tony, je sais déjà que c’est un criminel. Je ne serai pas surprise. Les surprises, j’ai déjà eu ma dose.
Monk : Bon, dès l’instant où tu penses que tout ça est sensé.
Vince : Est-ce que tout va bien ?
Sharona : Oh oui, Vince. Vous savez, vous n’êtes pas tenu de nous suivre partout. Si on a une chose importante à vous rapporter, alors je vous promets de vous contacter.
Vince : Oncle Sal ne veut pas que je vous lache. C’est pour votre protection.
Monk : C’est quelque peu insultant. Je n’ai plus de baby sitter depuis l’age de dix neuf ans.
Sharona : Tu as eu une baby sitter jusqu’à dix neuf ans ?
Monk : Tout le monde en avait une, les années 70, c’était spécial.
Bedard : Monsieur Monk, Mademoiselle Fleming, je suis Phil Bedard.
Sharona : Bonjour. Merci d’avoir accepté de nous recevoir.
Monk : Oui. Merci. Lui, c’est …
Sharona : Je suis désolée, voici Vince. C’est disons … un de nos ais.
Vince : Bonjour. Ils font vraiment de l’argent ici ?
Bedard : Oui, en effet, c’est le second hotel de la monnaie le plus important de ce pays.
Vince : Vous avez des échantillons gratuits ?
Bedard : C’est très drôle, on ne me l’avait jamais faite. Désolé de vous avoir fait attendre. Il faut une éternité pour franchir la sécurité ces temps ci, surtout depuis la semaine dernière.
Monk : Que s’est il passé la semaine dernière ?
Bedard : Hé bien, il nous manque cinq cents.
Monk : Quoi, ils font tout ça pour cinq cents ?
Bedard : Oh, ce n’était pas n’importe quel cents, ce sont cinq pièces qui ont été accidentellement mal frappées. Elles ont deux cotés face.
Sharona : Elles ont de la valeur ?
Bedard : Peut être pour un collectionneur, il y a un tas de cinglés sur terre.
Vince : Alors, l’Etat vous paie pour imprimer des billets.
Bedard : Celle là, je la trouve très drole, originale.
Monk : Un mot en quatre lettres pour « engouement » vous vous y connaissez en mots croisés ?
Bedard : Non, désolé, je n’y connais rien.
Sharona : Vous avez été témoin du massacre alors ?
Bedard : Pas exactement. Comme je l’ai dit à la police, j’étais de l’autre coté de la rue donc j’ai vu trois hommes entrer et j’ai entendu les coups de feu.
Monk : Ne vous retournez surtout pas, nous sommes suivis. Vous ne devez pas vous retourner, je viens de vous le dire !
Sharona : Quoi ? mais qui nous suit ?
Monk : L’homme à la veste de cuir noir, il nous suit depuis qu’on est sortis.
Vince : D’accord, je m’en occupe.
Bedard : Non, laissez il travaille dans la maison, ignorez le. Ils suivent des employés au hasard, dès qu’on quitte le batiment.
Vince : Ça fait deux baby sitters.
Monk : Ces trois hommes que vous avez vus entrer, de quoi avaient ils l’air ?
Bedard : Je n’ai pas réussi à voir leur visage, je suis désolé.
Sharona : Ils étaient habillés comment ?
Bedard : Des vestes … un des hommes avait le numéro 15 inscrit dans le dos.
Sharona : Comme un basketteur ?
Bedard : Non, je ne dirais pas ça. C’était écrit de façon bizarre.
Monk : Ecrit bizarrement comme … ceci ? Est-ce que le chiffre ressemblait à ça ?
Bedard : C’est possible.
Monk : Un gang chinois. Les Tong, c’est leur symbole.
Bedard : Oui, maintenant que vous le dites, ils étaient peut être chinois.
De retour chez elle, Sharona discute avec Benji.
Benji : Mais tous les autres ont le droit d’y aller.
Sharona : Benji, je te l’ai dit, pour l’instant, je suis fauchée. J’ai de quoi assurer les dépenses nécessaires et c’est tout.
Benji : Oui, c’est une dépense nécessaire, en tout cas, pour moi.
Sharona : Ecoute, c’est un parc à thème, ça va couter une fortune rien que pour rentrer. Je suis vraiment désolée, chéri, d’accord ? la prochaine fois, peut être.
Quelqu’un sonne, Sharona ouvre la porte à un coursier qui lui délivre un courrier.
Coursier : Sharona Fleming ?
Sharona : Merci
Coursier : De rien.
Sharona : Très bien, tu vas pouvoir y aller. Ton père nous a envoyé un chèque.
Benji : De combien ?
Sharona : De tout l’arriéré plus quatre mois d’avance.
Un klaxon insistant les attire devant la maison où ils trouvent le mécanicien Norm, en train d’astiquer la voiture de Sharona qu’il a ramenée.
Benji : C’est quoi, ça ?
Sharona : C’est ma voiture. Salut, Norm !
Norm : Ha, comme neuve ! en réalité, elle est mieux que neuve. Les clés sont sous le tapis. D’accord ?
Sharona : Vous acceptez les chèques ?
Norm : Non, non, c’est gratuit. Il n’y a rien à régler. Ça m’a fait plaisir, ça m’a fait très plaisir. Je retourne à mon garage. Je vous souhaite une bonne journée. Au revoir ! A un de ces jours !
Benji : Wouaw ! tu as surement une bonne fée qui te protège quelque part.
Ils remarquent une voiture garée plus loin, Gros Tony et Vince leur font coucou de la main.
Benji : Qui c’est ?
Sharona : C’est ma bonne fée.
Tony a invité Sharona au restaurant.
Tony : Ça me fait réellement plaisir que votre patron ait accepté d’aider mon oncle Sal. Vous en êtes où ?
Sharona : Ca avance, on a quelques pistes.
Tony : Le type de la Monnaie, il est dans le coup à votre avis ?
Sharona : Hé bien, on a fouillé un peu sa vie, il n’a jamais fréquenté de voyous, aucun mobile. Vous avez vraiment perdu cinquante kilos ?
Tony : D’ailleurs ça a été très facile. Je me suis habitué à avoir faim. J’ai réalisé qu’aucune nourriture ne valait le plaisir de se sentir mince.
Sharona : Sauf ce dessert. Vous savez quoi ? Vous devriez parler à votre oncle à propos de votre surnom, il ne vous correspond plus aujourd’hui.
Tony : J’y ai déjà souvent pensé mais oncle Sal est un homme d’un autre siècle. Il est coincé dans ses habitudes. On dirait que Monsieur Monk est un petit peu pareil.
Sharona : Il est d’un autre siècle ou il vient d’une autre planète. C’est très difficile à dire. J’ai une question à vous poser.
Tony : Je vous en prie.
Sharona : Comment avez-vous obtenu de mon ex qu’il m’envoie un chèque ?
Tony : Disons que je l’ai appelé, puis on a discuté. Je peux être très persuasif.
Sharona : Vous savez, j’ai eu peur que vus l’ayez …
Tony : Que quoi ? que je l’ai secoué un petit peu ? voyons, Sharona, je vous en prie, vous me prenez pour qui ?
Sharona : C’est une bonne question.
Tony : Hé bien, je ne suis pas mon oncle. Je fais quelques petits boulots pour lui, c’est vrai, mais c’est pour payer mes études. Je suis des cours du soir, SHarona. A cette même heure, l’an prochain, j’aurai un diplôme de commerce.
Sharona : Sérieux ?
Tony : Oui, je voudrais pouvoir monter ma propre affaire.
Sharona : Dans quoi ?
Tony : Promettez moi de ne pas rire.
Sharona : Ho voyons, mais bien sur !
Tony : J’ai très envie d’ouvrir une librairie.
Sharona : Une librairie ? ça alors !
Tony : Et voilà, vous êtes déçue, je m’en doutais. Quoi, vous auriez préféré me voir dans la peau d’un mauvais garçon ? Un gangster comme tous ceux qu’on voit à la télévision ?
Sharona : Non, ce n’est pas vrai, je ne suis pas déçue. Pas du tout.
Le lendemain, Monk et Sharona reprennent leur enquête. Ils se rendent dans une salle de sport. Sharona remarque un blouson portant le signe des Tong, décrit par Bedard. Pendu la tête en bas au plafond, Jimmy Lu fait des tractions.
Sharona : Excusez moi, nous cherchons Monsieur Jimmy Lu. Vous comprenez ce que je dis ?
Jimmy Lu : Laisse les passer.
Monk : Monsieur Lu, mon nom est Adrien …
Jimmy Lu : Je sais qui vous êtes, Monsieur Monk. Et je sais pour qui vous travaillez. Je sais aussi que vous interrogez les gens à mon sujet. Pourquoi ?
Sharona : Est-ce que c’est votre veste ?
Jimmy Lu : C’est exact.
Sharona : Quelqu’un a vu un homme portant une veste comme celle-ci entrer dans le salon de coiffure de Lucarelli depuis un bar. Juste avant les meurtres.
Jimmy Lu : Ce n’était ni moi, ni mes gardes du corps. Quelqu’un ment, pour me compromettre.
Monk : Excusez moi, je voudrais finir ces mots croisés, vous pourriez peut être m‘aider à trouver « blanche » et « Jaworski ». c’est en quatre lettres. Est-ce que vous avez une idée ?
Jimmy Lu : 98 … Non, désolé. 99 …
Monk : C’est terminé ? vous n’allez pas vous arrêter à 99 ? vous ne pouvez pas arrêter.
Jimmy Lu : Et pourquoi ?
Monk : Ce n’est pas un chiffre rond. Si vous en faisiez un de plus, …
Jimmy Lu : 99, c’est beaucoup. C’est mon record.
Sharona : Monsieur Lu, êtes vous déjà allé au salon de coiffure de Monsieur Lucarelli ?
Monk : Faites un compte rond à cent ! Allez, un de plus. Sharona est-ce que tu veux bien l’encourager ?
Sharona : Non. Pas question, maintenant ça suffit.
Jimmy Lu : Vous pourriez en faire combien Monsieur Monk ?
Monk : Je n’en sais rien, mais je sais que si j’en avais fait 99, je ne me serais pas arrêté, j’aurais puisé dans mes ressources.
Jimmy Lu : D’accord, j’en fais un de plus. Parce que vous êtes un ami de Salvatore. Dites lui que je suis désolé par ce qu’il s’est passé. C’est mauvais pour les affaires. Mauvais pour tout le monde.
Monk : Non, non, vous en avez fait deux. Pourquoi ? vous allez devoir en faire 99 sinon on n’aura pas un chiffre rond ! je suis mort de fatigue d’avance.
Un cocktail Molotoff est lancé à travers une fenêtre, un incendie se déclare aussitôt .
Jimmy Lu : Attention ! Sortez ! sauvez vous ! Vite !
Dans les locaux de l’ATF.
Colmes : Félicitations ! Monsieur Monk, vous avez failli provoquer une guerre des gangs !
Disher : Et eux dans tout ça ? vos agents infiltrés ? ils ont failli mourir dans l’incendie.
Colmes : Je vous en prie, n’exagérez pas.
Monk : Ma chemise a été légèrement brulée, hein ? tu as vu, toit, que ma manche avait jaunie.
Colmes : Pourquoi est-ce que vous avez dit à Salvatore que les Tong étaient surement les tueurs du salon de coiffure ? vous saviez qu’il allait pêter les plombs !
Sharona : Nous n’avons rien dit à Salvatore.
Colmes : Alors dans ce cas, Vinnie spaghetti a du vous entendre en parler.
Monk : Attendez, je ne crois pas que Salvatore ait quelque chose à voir dans cet incendie. Ce n’est pas le genre de personnes à aller jeter un cocktail Molotov, ce n’est pas son style.
Colmes : Vraiment ? alors qui est-ce ?
Stottlemeyer : On n’en sait rien. On s’est bien amusés, désolé que ça n’ait pas marché. Bon, on s’en va !
Colmes : Non, non, attendez une minute. Ecoutez, on va s’en servir, d’accord ? vous, vous allez essayer d’avoir les aveux de Salvatore sur un enregistrement, disant qu’il a ordonné l’attaque.
Monk : Enregistrement ?
Disher : Vous allez lui mettre un micro ?
Stottlemeyer : Vous êtes malade, si Salvatore trouve un micro sur lui, il lui coupera la gorge sans hésiter une seconde.
Disher : Ou il dira à Gros Tony de le faire.
Sharona : Il n’est pas gros !
Colmes : Si vous acceptez de le faire, je ferai tout pour appuyer votre demande de réintégration. Et je pense que le Procureur Général aussi.
Monk : D’accord. A une condition. Vous ne collerez rien du tout sur ma poitrine, vous entendez ?
Colmes : Très bien, je vais vous montrer quelque chose, venez. Vous savez, de nos jours, on, met des transmetteurs un peu partout sur le corps. Nous avons six possibilités.
Monk : Numéro un, c’est exclu. Numéro deux, vous ne comptez pas que je me rase ici n’est ce pas ? d’accord, non, merci. Numéro trois, …
Sharona : Tu feras comment si tu dois t’assoir ?
Monk : Oui, c’est bien vu. Numéro quatre … même si je suis mort, Sharona, tu ne les laisseras jamais faire le quatre.
Sharona : Non.
Disher : Numéro cinq !
Monk : Celui là d’accord, je vais essayer celui là.
Sharona : Mais il est réservé aux femmes !
Disher : Exact.
Monk : Ah oui. Et le numéro six, je peux le faire.
Colmes : Numéro six ? génial.
Pas le quatre !
La camionnette de l’ATF est garée devant le restaurant de Salvatore Lucarelli. A l’intérieur, Colmes, Stottlemeyer et Disher sont à l’écoute. Dans le restaurant, les invités à la veillée arrivent.
Colmes :.J’ai terminé. Non, ne touchez pas à ça.
Salvatore : Salut Joey.
Joey : Salut Sal.
Salvatore : Je te remercie d’être venu.
Joey : C’était un brave garçon.
Salvatore : Oui, tu as raison.
Joey : Je lui ai donné son premier boulot : collecter pour moi après l’école sur son vélo, rappelle-toi.
Salvatore : Oui, je n’ai pas oublié.
Vince : J’étais là quand il a volé la bicyclette.
Monk : Essai, essai, essai.
Sharona : Arrête de toucher ça.
Tony : Monsieur Monk, Sharona, je suis heureux que vous soyez venus.
Sharona : Toutes nos condoléances pour cette perte. Comment s’est passée la messe ?
Tony : Un véritable crève cœur. Je suis obligé de vous fouiller, vous comprenez ?
Sharona : Bien sur.
Tony : Monsieur Monk. Vous avez une très jolie cravate.
Monk : Elle est à moi, je l’ai depuis des années.
Tony : Bien, au suivant.
Sharona : Vous êtes très consciencieux.
Tony : Oui, j’essaie. Je vous en prie.
Salvatore : Adrien, Sharona ! vous êtes venus, merci.
Sharona : Salvatore, vous vous sentez comment ?
Salvatore : Aujourd’hui, j’ai enterré cinq braves garçons. Mais je survivrai, j’ai toujours survécu. C’est mon destin.
Monk : Il manque un couteau.
Salvatore : Il n’est pas perdu, je sais où il est. Goutez les scungilli.
Monk : Non, merci.
Salvatore : Je les ai préparés moi-même.
Monk : Alors, avec plaisir, merci.
Stottlemeyer : Du calamar.
Sharona : C’est bon, donnez moi la recette.
Salvatore : Vous n’avez pas encore gouté.
Sharona : C’est délicieux.
Monk : Il me faut cette recette. Vous … dites, Salvatore, je suppose que vous avez entendu parler de l’incendie criminel qui a eu lieu dans Chinatown, n’est-ce pas ? vous avez hoché la tête pour dire oui ?
Salvatore : Exact.
Monk : Vous avez une théorie sur la personne qui a provoqué l’incendie ?
Salvatore : Une théorie ? les théories sont pour les personnes intelligentes comme vous. Je n’ai aucune théorie mais je sais qui l’a fait. Deux jeunes de Los Angeles, une bande de réveurs qui ont voulu m’impressionner. Je m’en chargerai.
Sharona : Ce n’est pas vous qui avez mis la bombe incendiaire ?
Salvatore : Quand je voudrai la mort de Jimmy Lu, croyez moi, il le saura. Hé, Luigi !
En tripotant sa cravate pour que les paroles de Salvatore soient bien entendues dans la camionnette, Monk s’est taché. Il prend une serviette pour effacer la tache, ce qui crée des sons étranges dans les micros.
Colmes : Qu’est-ce que c’est que ce bruit ? Réglez l’écoute !
Disher : C’est quoi ce bruit ?
Attendez une minute, je crois savoir ce que c’est.
Stottlemeyer : C’est quoi ?
Monk : La tache est toujours là !
Sharona : Maintenant c’est une tache d’eau. Elle est partie.
Monk : Je suis perturbé par un petit détail dans cette affaire. Je ne peux pas dire lequel mais je voudrais passer chez le barbier en repartant.
Salvatore : J’irai avec vous, je n’y suis pas retourné depuis les meurtres.
Sharona : Vous savez, c’est une scène de crime officielle et en général c’est interdit aux civils.
Salvatore : Peut être qu’ils feront une exception, j’appelle quelqu’un.
Monk : D’accord, mais vous perdez votre temps car ils ne laissent aucune, aucune personne entrer.
Plus tard, chez le barbier. Salvatore, Tony et Vince ont pu accompagner Monk et Sharona.
Vince : Qu’est-ce qu’il fait ?
Sharona : Il réfléchit.
Salvatore : Mes amis, c’est ça, l’intelligence. C’est la meilleure façon de résoudre les problèmes. Je pense que si on essayait plus souvent, il y aurait moins d’enterrements.
Monk : L’homme mystérieux est là, et il fait des mots croisés. Ils attrapent le distributeur de bonbons et ils sortent par derrière. Ils auraient pu prendre n’importe quoi, pourquoi le distributeur de bonbons ? Pourquoi le distributeur de bonbons ? Sharona, donne moi les photos.
Sharona : Tiens. … Monsieur Lucarelli, je peux vous parler ? votre neveu, ici présent, est en très grande forme.
Tony : Je vous en prie, Sharona.
Sharona : Il a perdu cinquante kilos qu’il n’a jamais repris, ce qui est sans doute le plus difficile, alors vous ne croyez pas que vous pourriez lui donner un autre surnom ?
Tony : Oncle Sal, désolé, j’ai rien dit du tout.
Salvatore : Il a toujours été le Gros Tony, depuis sa plus tendre enfance.
Sharona : Oui, je sais, mais regardez le, appelez le le Beau Tony ? Ce serait plus proche de la réalité ;
Vince : Il y a déjà un Beau Tony.
Sharona : Qui ?
Vince : Le Beau Tony !
Salvatore : Cette conversation est terminée. Elle n’a jamais eu lieu.
Monk : Il n’est pas là.
Sharona : Quoi ? qu’est-ce qui n’est pas là ?
Monk : Le distributeur.
Tony : Ils s’en sont servi pour défoncer la fenêtre et ils ont filé par la ruelle.
Monk : Je sais, mais où est il ? on a pris ces photos le jour du massacre. Il n’est pas dans la ruelle. Ni dans l’arrière boutique, ces types ont du l’emmener avec eux.
Tony : Pourquoi auraient ils fait ça ?
Monk : Monsieur Salvatore, ce qui s’est passé ici, tous ces meurtres n’ont rien à voir avec vous ni avec votre famille. En réalité, c’est en rapport avec ceci. (il pousse des bonbons du pied)
Vince : Avec des bonbons ?
Disher : Avec des bonbons ?
Monk et Sharona retournent voir Philip Bedard. Ils le rretrouvent dans un parc, en train de faire des mots croisés.
Sharona : Bonjour Phil ! comment allez vous ? vous vous souvenez de nous ?
Monk : Je croyais que vous n’aimiez pas les mots croisés !
Bedard : J’ai eu envie d’essayer.
Sharona : Vous êtes plutôt doué. Voyelle grecque, en quatre lettres, commençant pas un I
Monk : C’est IOTA, I-O-T-A.
Bedard : Merci.
Monk : J’aime bien les mots croisés. Je viens d’en faire un, plutôt difficile. Il vous concerne, Monsieur Bedard. C’est bien vous, n’est-ce pas ? cette photo a été faite devant chez le barbier, un petit peu avant le massacre.
Bedard : Possible.
Sharona : C’est une bien belle bulle, Phil. Il en faut combien pour faire ça ? quatre, peut être cinq.
Monk : Non, pas quatre, cinq. Cinq chewing gums, voila ce qui s’est passé. Vous avez volé cinq cents à vos employeurs la semaine dernière. N’importe où ailleurs, personne ne l’aurait remarqué mais pas à l’hotel de la Monnaie. Les cinq cents frappés en double face par erreur. Nous nous sommes renseignés, elles valent deux cent mille dollars chacune. Un des agents de la sécurité a du vous suivre, vous avez paniqué. Vous deviez vous débarrasser de ces pièces.
Sharona : Il fallait les cacher pendant un jour ou deux, mais où ?
Monk : Le distributeur. C’était parfait. Vous aviez prévu de revenir les chercher une fois l’alerte passée.
Sharona : Seulement, vous ne saviez pas que ce salon de coiffure servait de façade à la mafia.
Monk : Vous l’avez appris le lendemain quand vous avez essayé de voler le distributeur. Alors, est-ce que c’est le barbier qui a essayé de vous arrêter ? ou bien un client …
Sharona : Qui que ce soit, il était armé.
Monk : Je ne sais comment vous avez pris son arme, mais là, vous avez commencé à tirer.
Sharona : Tout ça, pour cinq petites pièces. Une pièce pour chaque personne que vous avez tuée.
Monk : Puis vous avez dit que vous aviez assisté à l’attaque afin de détourner l’attention de tout le monde, moi, la police, la famille Lucarelli, vers un gang de Chinatown.
Bedard : Je ne voulais tuer personne. Ces idiots ont brandi leurs armes. C’était un accident. La situation a échappé à tout contrôle. De toute façon, qui va pleurer ces types ? C’étaient des voyous, vus l’avez dit.
Sharona : Mais accident ou non, vous irez en prison.
Bedard : Vous croyez ?
Sharona : Oui.
Bedard : Et comment allez vous prouver ça sans les pièces ?
Monk : Vous avez entendu ?
Bedard : Qu’est-ce que vous faites ?
Monk : Voyez la camionnette la bas, … c’est bon, les gars, venez le chercher. Allo ! intervenez ! Vous allez voir … On se réveille ! Intervenez ! Maintenant ! Excusez moi. Une minute.
Monk court vers la camionnette.
Sharona : Finissez vos mots croisés.
Monk : Qu’est-ce que vous faites ? il vient d’avouer !
Stottlemeyer : Ah oui ?
Monk : Vous n’avez pas entendu ?
Stottlemeyer : Non.
Colmes : On n’entend que de la friture.
Disher : Et votre cravate, où est passée la tache ?
Monk : Hé bien, j’ai réussi à l’enlever.
Disher : Qu’avez-vous fait à cette cravate ?
Monk : Je l’ai lavée. Ensuite, je l’ai repassée.
Colmes : Qu’est-ce que vous dites ? repassée ? Est-ce que vous êtes cinglé ? ce transmetteur vaut vingt mille dollars !
Monk : Mais la tache est effacée.
Disher : Génial, c’est foutu !
Monk : Peut être qu’on peut le pousser à refaire des aveux.
Colmes : Comment vous ferez ?
Monk : Je retourne m’assoir et l’air de rien je lui dis … quoi ? ça vaut peut être le coup d’essayer ?
Bedard : D’accord ! j’avoue, je les ai tués, c’était moi. J’avoue, laissez moi entrer la dedans ! Je les ai tués, je l’avoue. J’ai volé les pièces et j’ai tiré sur les personnes qui étaient là. Alors, arrêtez moi. Qu’est-ce que vous attendez ?
Monk : Qu’est-ce que …
Tony et Vince leur font un signe de la main de loin
Sharona : Ils sont très persuasifs.
Plus tard, dans les locaux de l’ATF.
Disher : Sharona, vous voyez toujours Tony ?
Sharona : Oui, et alors ?
Disher : J’étais en train d’écouter les enregistrements de la semaine dernière. Ceux de mardi soir, dans la voiture de Salvatore. Vous devriez écouter.
Salvatore : Comment ça va entre toi et l’infirmière ?
Tony : Je m’amuse bien avec elle, tu me connais, je lui ai raconté que je voulais ouvrir une librairie.
Salvatore : Toi ? je t’imagine mal dans une librairie.
Tony : Tu voulais que je lui dise quoi ? La vérité ? que je suis ton second, que je maltraite les gens pour vivre ?
Salvatore : Oui et elle t’a cru ?
Tony : Elles le croient toutes. Tu sais pourquoi ? Je leur dis ce qu’elles veulent entendre.
Disher : Est-ce que ça va ? Je suis désolé.
Sharona : Merci Randy.
Disher : Vous allez peut être de vous moquer de moi maintenant.
Sharona : N'y comptez pas trop.
Il la regarde partir en souriant.
Stottlemeyer : Alors, Colmes, où allez vous ?
Colmes : Denver. Un autre poisson à frire.
Stottlemeyer : Et pour Monk ? Vous avez passé un accord au sujet de sa réintégration.
Colmes : Ça, c’était si on coinçait Lucarelli. Il fait une partie de golf aujourd’hui. On a juste coincé un voleur de monnaie, alors notre accord est annulé, Capitaine.
Stottlemeyer : Vous aviez donné votre parole.
Colmes : C’est annulé, Capitaine.
Stottlemeyer : Je vais vous dire une chose, Colmes. Adrien Monk a peut être peur du lait, des microbes, des ascenseurs, des bébés chiots, mais vous, vous ,n’êtes pas digne de cirer ses chaussures.
Colmes : Vous avez raison, c’est vrai. Je l’ai vu s’occuper de ses chaussures. Il est cinglé. Ravi d’avoir travaillé avec vous, Capitaine.
Monk : Alors, il ne va pas m’aider, c’est ça ?
Stottlemeyer : Non. Désolé.
Monk : Je crois que je ne m’attendais pas à ce qu’il le fasse.
Stottlemeyer : Ne jamais faire confiance aux Fédéraux. J’aurais du l’écraser.
Monk : Non, rassurez vous, il va le payer.
Stottlemeyer : Sérieux ? Qu’avez-vous fait ?
Monk : Vous voyez leurs camionnettes ?
Stottlemeyer : Oui.
Monk : Celle-ci est pleine à ras bord et celle-ci, ils l’ont laissée à moitié vide.
Stottlemeyer : Elles sont inégales.
Monk : Je ne leur ai rien dit, je n’ai pas dit un mot. Et j’ai bien l’intention de les laisser partir comme ça.
Stottlemeyer : Ça leur apprendra à se moquer de nous.
Monk : C’est bien envoyé hein ?
Stottlemeyer : Oui.
Ils rient ensemble.
Rédigé par mamynicky