8.07 – Monk joue à la poupée
Des enfants s’entrainent sur un terrain de baseball.
Coah Chauncey : Avance un peu maintenant, n’aie pas peur de la balle. Tu frappes fort et ce sera bon, fiston. On y va, Petey. Un joli coup en hauteur. D’accord ? Tu ne quittes pas la balle des yeux. Petey, tu peux le faire. On y va. Un coup en hauteur. Très bien, ce n’est rien, on continue. Vas y, fiston, le prochain coup sera le bon. Vas y. Vous avez l’air en forme, Martha ! Vous venez jouer, on a besoin d’un centre.
Martha : Vous voulez ma mort, Chauncey ?
Chauncey : Ne dites pas ça, vous nous enterrerez tous.
Martha : Au revoir !
Chauncey : Allez on y va, Petey, on se bouge ! Avance sur la balle et tu la frappes fort. Allez vas y fiston, c’est ton lancer, tu peux le faire. Cette fois c’est la bonne. Frappe la balle, tu es prêt Petey ? Tous ces entrainements vont finir par payer fiston.
Lanceur : Il a réussi, je n’arrive pas à le croire !
Chauncey : Bravo Petey c’est super ! Tu vois tu as réussi à le faire ! C’est exactement ce qu’il fallait faire fiston. Récupérez la balle, elle coute 4 dollars pièce. C’est un joli coup, Petey !
Le joueur, parti récupérer la balle qui est sortie du terrain, découvre le corps de Martha qui semble avoir reçu la balle en pleine tête. Plus tard, un couple entre dans l’appartement de Martha.
L’homme : Regarde tout ce qu’il y a la dedans. On va devoir tout emballer je suppose.
La femme : On s’en occupera après l’enterrement. Je n’arrive toujours pas à le croire. Elle est morte de façon idiote après avoir survécu à deux cancers. Tuée par une balle de base ball.
L’homme : Il faut se dire qu’elle n’a pas souffert.
La femme : Oh, regarde le poisson, il doit mourir de faim. Tiens, régale-toi. Oui, je sais … A moi aussi, elle me manque. Qu’est-ce que c’est ?
L’homme : Principalement des factures. Je les donnerai au notaire.
Il s’arrête devant une boite contenant une poupée en chiffon.
L’homme : Bethy ? Regarde ça.
Bethy : Qu’est-ce que c’est ?
L’homme : Tu as vu ? C’est une balle de base ball. Ca a été posté mardi. C’est trois jours avant sa mort.
Le couple a porté la boite au commissariat.
Stottlemeyer : N’y touchez pas.
Disher : Oh la, il n’y a pas de risque, je ne veux même pas la regarder.
Stottlemeyer : Ah, Monk, merci d’être venu. On a une drole d’affaire. Je veux dire, un truc pas ordinaire.
Que s’est il passé ? Qu’est-ce que vous avez fait ici ?
Stottlemeyer : On a réorganisé la pièce. Je vais tout reprendre du début. Vendredi après midi, une femme du nom de Marthe Murphy a été tuée, frappée par une balle de base ball. Elle faisait une petite promenade de santé le long du terrain d’entrainement, quand un gamin de 12 ans, Petey Cunningham a frappé une balle qui a franchi la cloture et l’a touchée en pleine tête, sur la tempe gauche. Elle avait une chance sur un milliard que ça arrive.
Monk : Vous avez totalement réorganisé la pièce ? Pourquoi ?
Disher : Peut être pour être un peu plus efficace. Nous avons préféré la séparer en cinq. Oui, cinq unités différentes et ça fonctionne pas mal.
Stottlemeyer : Peu importe. On peut continuer. Écoutez ça. Hier, la famille de cette dame, Martha, est arrivée de Denver. Ils sont allés chez elle, ils voulaient mettre de l’ordre dans ses affaires et devinez ce qu’ils ont trouvé, un truc incroyable, en trente ans de carrière, je n’avais encore jamais vu ce genre de choses.
Monk : Il y a un truc que je ne comprends pas. Quel était le problème avec l’ancienne organisation de la pièce, comme elle était auparavant, je veux dire … comme elle avait toujours été …
Stottlemeyer : Monk, je ne suis pas encore arrivé à l’histoire du vaudou.
Nathalie : Du vaudou ?
Monk : Je veux dire c’est aléatoire n’est-ce pas ? Vous avez choisi des emplacements tout à fait arbitraires, je veux dire, qui pourrait travailler comme ça ? C’est de la folie !
Stottlemeyer : Entendu ! Je ne sais pas ce qui m’a pris, Randy, on remet tout en place, comme c’était avant.
Disher : Quoi ? Tout de suite et jusqu’à quand ?
Stottlemeyer : Jusqu’au décès de Monk.
Disher : Vous avez entendu le capitaine ? On remet tous les bureaux comme ils étaient avant. Je vous en prie, sergent, allez y. Celui la reste où il est, celui la, il bouge. Celui la, tournez le. Attention, écartez vous.
Un moment plus tard.
Stottlemeyer : C’est bon ?
Monk : Mais celui là est un petit peu trop avancé, il est un petit peu de travers. Vous voulez bien le redresser, s’il vous plait ? Ha ben maintenant, il est trop loin.
Stottlemeyer : Arrêtez Monk ! Il était exactement comme ça.
Monk : Oui, enfin, presque comme ça. Oui, presque.
Nathalie : Bon alors, qu’est-ce que vous avez trouvé chez elle ?
Stottlemeyer : Venez voir.
Nathalie : Une poupée vaudou.
Disher : Oui, on sait déjà qu’elle vient d’une boutique sur Haight, « la boutique vaudou du révérend Jorgensen ». On a envoyé Fenderman et Kramer pur jeter un coup d’œil.
Stottlemeyer : Elle a été oblitérée par la poste mardi dernier, à Nob Hill.
Disher : On a vérifié auprès de la poste. Le cachet sur l’emballage est cent pour cent officiel.
Stottlemeyer : Donc, voilà, c’est tout ce que nous avons. La poupée a été postée trois jours avant la mort de Martha. Et je l’ai sous les yeux et c’est impossible.
Monk : Attendez une minute
Stottlemeyer : Quoi ?
Monk déplace une corbeille à papiers.
Monk : Excusez moi, vous avez parlé d’une poupée vaudou ?
Monk et Nathalie se rendent au terrain de base ball avec la police.
Monk : Elle faisait de l’exercice ?
Coah Chauncey : Oui monsieur. Marche sportive. Elle passait ici tous les après midi.
Monk : Toujours à la même heure ?
Chauncey : Ca dépendait, 15 h 30, 16 heures.
Monk : Elle marchait le long de cette cloture, la balle est passée au dessus du grillage et les balles passent souvent par-dessus le grillage ?
Chauncey : Pas vraiment, non, ça arrive peut être de temps en temps. En fait, cette fois, c’était un sacré lancer. C’est bien dommage pour madame Murphy mais Petey avait réussi son lancer, en gardant les yeux sur la balle. Tu m’as obéi, tu l’as tapée au bon moment. Magnifique coup. Enfin, je veux dire jusqu’à ce que … vous savez.
Monk : Oui, je vois. Bonjour Petey.
Petey : Bonjour.
Monk : Est-ce que tu connaissais madame Murphy ?
Petey : Non, monsieur. Est-ce que je vais aller en prison ?
Monk : Mais non, fiston.
Stottlemeyer : Alors vous en pensez quoi ? Un geste divin ?
Monk : Je n’en sais rien.
Stottlemeyer : Et comment vous expliquez la poupée ?
Monk : Je ne l’explique pas. Pas encore.
Disher : Je dois commencer à rassembler les grands sorciers ?
Stottlemeyer : Il y aurait du monde à la confrontation.
Nathalie : Arrêtez, ça n’a rien de drôle. Ca m’est arrivé moi aussi d’en rire.
Disher : Vous avez ri de quoi ?
Nathalie : Du vaudou et de la magie noire.
Monk : Attendez, vous ne croyez pas sérieusement à ces histoires de vaudou ?
Nathalie : Quelqu’un a prédit que cette pauvre femme serait frappée par une balle trois jours avant que ça se produise. Comment vous expliquez ça ?
Monk : Oh, Hé bien … Je veux dire … Peut être que …
Disher : Attendez, je sais, voila. Elle passait par là tous les jours. Exact ?
Stottlemeyer : Exact.
Disher : Alors peut être que le tueur l’attendait derrière l’un de ces arbres avec un fusil à balles de base ball.
Nathalie : Impossible Randy, parce que ça n’existe pas.
Stottlemeyer : Il y a des machines qui lancent des balles.
Disher : Exact.
Nathalie : Bien d’accord. Alors, comment le meurtrier au fusil lanceur de balles …
Disher : Ho ça c’est bon, le meurtrier au fusil lanceur de balles.
Nathalie : Comment pouvait il savoir que quelqu’un ferait un home run exactement à ce moment là. Oui et où serait passée la seconde balle.
Stottlemeyer : Oui, l’autre balle.
Nathalie : C’est du vaudou. Ca existe et ça tue du monde.
Stottlemeyer : Très bien. Que pensez vous de ça, elle avait une assurance décès avec une clause interdisant le suicide. Elle devait le faire passer pour un accident. Elle est venue ici, elle a attendu un beau home run, elle a attrapé la balle et elle s’est défoncée le crane avec.
Nathalie : Avec une balle de base ball ? Elle s’est fracturée le crane elle-même.
Stottlemeyer : Ben oui
Nathalie : Elle était si costaud que ça ? Oui, bien sur.
Monk : Elle faisait de l’exercice.
Stottlemeyer : De l’exercice …
Nathalie : L’idée du vaudou colle de mieux en mieux.
Monk : Bon d’accord. Soyons un peu rationnels. Nous sommes dans un monde réel qui est gouverné par la science, la physique et les lois de la nature. Alors, il y a toujours, toujours, autre chose que le vaudou comme explication. Pour tout ce qui se passe.
Nathalie : Sauf pour le vaudou.
Disher : (au téléphone) Disher.
Monk : Je ne comprends pas. Est-ce qu’une sorte de bohémienne vous a jeté un sort quand vous étiez petite ?
Nathalie : Je n’ai aucune envie d’en parler.
Disher : (au téléphone) Oui, on arrive.
Stottlemeyer : Qu’est-ce qu’il se passe ?
Disher : Une autre poupée vaudou.
Un article dans le journal titre « la foudre tue le golfeur »
Sergent : Bonjour.
Stottlemeyer : C’est la scène de crime ?
Sergent : Je n’en sais rien, je pense que oui. Je ne sais pas de quoi il s’agit.
Disher : Vous pouvez lui répéter ce que vous m’avez dit ?
Sergent : Capitaine, vous vous souvenez, il y a quelques jours, de cet orage avec des éclairs et ce type qui jouait au golf. Rappelez vous, vous aviez dit que ce gars était un crétin de vouloir prouver tout seul la théorie de Darwin.
Stottlemeyer : Oui, et alors ?
Sergent : Hé ben, ce gars s’appelait Ralph Farris. Et ici, c’est sa maison. Il n’avait plus de famille, alors ce matin, le concierge est venu et a commencé à tout emballer et il a trouvé ça.
Disher : Posté il y a une semaine à Nob Hill.
Stottlemeyer : Allez y, ouvrez le.
Disher : Ouvrez le vous-même monsieur.
Monk : Je vais l’ouvrir. Ceci dit, je ne suis techniquement qu’un consultant.
Stottlemeyer : Sergent, ne recommencez jamais ça.
Sergent : Non, monsieur.
Stottlemeyer : Je vais l’ouvrir.
Nathalie : C’est une autre poupée, c’est ça ? Il y a un éclair qui sort de sa tête ?
Disher : Non, il sort de son cou. Ha non, il sort de sa tête.
Nathalie : Et maintenant, vous me croyez ?
Chez Monk. Il passe l’aspirateur. Nathalie entre et fait une valise pour Monk.
Nathalie : Bonjour !
Monk : Non, mais quelle heure est-il ? Il n’est pas encore huit heures n’est-ce pas ?
Nathalie : J’ai une surprise. Une grosse surprise. Quelque chose de bien, enfin, je crois. Oui, on part en vacances.
Monk : Non, merci.
Nathalie : Monsieur Monk, vous avez beaucoup travaillé alors vous avez besoin de faire une pause. J’ai déjà réservé, on va dans un hôtel cinq étoiles à Santa Barbara. Cinq étoiles, ça veut dire impeccable. Ha voilà la brochure. On ne prend pas l’avion, c’est le long de la côte et vous savez quoi, votre chambre est au dixième étage. Chambre 1010. Que pensez vous de ça ?
Monk : Non, attendez, attendez, on en a déjà parlé plusieurs fois, je … je n’aime pas trop les vacances.
Nathalie : Je ne vous ai pas dit, c’est moi qui invite ça ne vous coutera rien.
Monk : Chambre 1010 ? hein ? et vous faites quoi de Julie ?
Nathalie : Julie est toujours à l’internat à Washington. Alors il n’y aura que vous et moi, patron. Vous êtes prêt ? On est partis.
Monk : Attendez une seconde. Maintenant ? Vous voulez dire tout de suite ?
Nathalie : C’est ça qui est amusant. On se lève, on s’en va, on est libres comme l’air.
Monk : On est libres comme l’air ? C’est ce que vous venez de dire ? Mais je ne peux pas partir, je travaille sur l’affaire des poupées vaudou.
Nathalie : Ha monsieur Monk, ils vont très bien se débrouiller sans vous.
Monk : Bon, bien je vais appeler le capitaine.
Nathalie : Non, non, non. Vous n’appelez pas le capitaine. Je vais le faire. Allez chercher votre manteau. D’accord ?
Nathalie : (au téléphone) le capitaine Stottlemeyer s’il vous plait. Bonjour ! C’est Nathalie. J’emmène monsieur Monk en vacances pour quelques jours. Oui (elle rit) C’est vrai, il a besoin d’une pause. Alors inutile de nous téléphoner – prenez votre manteau - (elle rit) Je le ferai dès que nous serons rentrés. D’accord, entendu, au revoir.
Nathalie : Il veut qu’on fasse plein de photos.
Monk : Le téléphone est débranché.
Nathalie : Je vous demande pardon ?
Monk : Il n’est pas branché. Regardez le fil est là.
Nathalie : Est-ce que vous me traitez de menteuse ?
Monk : Ben il n’est pas branché.
Nathalie : Donc, vous me traitez de menteuse.
Monk : Je ne sais pas quoi vous dire. Il n’est pas branché.
Elle s’assoit en pleurant.
Monk : Nathalie, qu’est-ce qu’il y a ? Est-ce que vous avez des problèmes ?
Nathalie : C’est cette affaire, monsieur Monk. Je déteste cette affaire.
Monk : Quoi ? Celle des deux poupées vaudou ?
Nathalie : Trois. Le capitaine a appelé il y a une heure.
Sur la nouvelle scène de meurtre.
Angeline : Excusez moi. C’est vous le responsable ?
Stottlemeyer : Oui madame.
Disher : On est tous les deux. Mais lui un peu plus.
Angeline : Ce n’est pas à cause de son cœur. C’est à cause de cette poupée. C’est cette poupée vaudou qui l’a tué.
Stottlemeyer : Oui. Madame ?
Angeline : Dilworth, Angeline Dilworth. C’était mon oncle.
Stottlemeyer : Madame Dilworth, j’aimerais que vous respiriez à fond très calmement. D’accord ? Vous pouvez faire ça ?
Angeline : Bien sur.
A l’extérieur. Nathalie et Monk arrivent en voiture.
Monk : Ca va aller ?
Nathalie : Monsieur Monk, je vous attends ici.
Monk : Nathalie, c’est totalement ridicule. Voyons !
Nathalie : Monsieur Monk, je suis désolée, je ne peux pas entrer.
Monk : Je regrette de vous dire ça, mais techniquement, c’est votre travail.
Nathalie : Hé bien, renvoyez moi.
Monk : Ho je n’ai pas envie de vous renvoyer, Nathalie. Bon d’accord, attendez ici, vous êtes mon chauffeur.
Nathalie : Je déteste cette affaire.
Monk : Oui, ça, ça parait tout à fait clair que vous détestez cette affaire.
Angeline : J’étais occupée à l’étage quand je l’ai entendu crier. Je suis descendue tout de suite. Je suppose qu’il a du ouvrir la boite et qu’il a fait un malaise. Je suis infirmière, j’ai tout essayé, je lui ai fait tout de suite un massage cardiaque, je sais les faire et j’ai aussi … mais c’était trop tard. Il était déjà mort.
Disher : Nous avons trouvé ceci sur le plan de travail de la cuisine, des nitrates ?
Angeline : Oui, il avait des problèmes cardiaques. Il était malade depuis longtemps et c’est pour ça que j’étais revenue vivre ici. Pour l’aider. J’étais la seule famille qui lui restait.
Agent : Capitaine ? Mes hommes ont terminé. On peut l’emmener ?
Stottlemeyer : Non, non, non. Je … je veux que Monk jette un coup d’œil. Mais qu’est-ce qu’il fait ?
Disher : Je n’en sais rien.
Monk entre à ce moment.
Stottlemeyer : Ha vous voilà enfin ! Vous étiez passé où ? Il y a deux heures que je vous ai appelé.
Monk : Hooo c’est Nathalie, elle est … elle ne m’avait pas transmis le message. Elle est complètement retournée par cette affaire. Elle est restée dehors, elle ne veut pas entrer.
Stottlemeyer : Non, attendez si j’ai bien tout compris. Alors c’est vous qui avez la tête sur les épaules maintenant ?
Disher l’appelle d’un signe pari la fenêtre.
Disher : Elle dit non avec la tête.
Monk : C’est à cause de cette histoire de vaudou. Elle … c’est bizarre qu’elle y croie.
Disher : Non, je ne pense pas qu’elle va entrer, là.
Stottlemeyer : On ne peut pas la blâmer hein ? Le vaudou nous colle tous la trouille. Dites bonjour à la poupée numéro trois.
Monk : Une crise cardiaque.
Stottlemeyer : Mouaisi.
Disher : C’est la victime numéro trois, Robert Boyd, il avait 64 ans. C’était un gros poisson, propriétaire de Boyd Electronics, la société de téléphones portables. D’après ce que dit sa nièce, Angeline Dilworth, la dame qui est assise la bas, il avait des problèmes cardiaques depuis des années, elle s’inquiétait pour lui, en particulier depuis quelques semaines.
Monk : Pour quelles raisons ?
Stottlemeyer : Hé bien, apparemment il était obsédé par les meurtres vaudou. Il était scotché devant les infos, il suivait l’affaire.
Disher : C’était un homme très superstitieux. Regardez …
Monk : Oui d’accord, je vois.
Stottlemeyer : Alors il est allé relever le courrier, il y avait ça dans la boite.
Disher : Oui, la même que les autres, postée il y a trois jours, l’expéditeur n’a pas noté l’adresse. Il a ouvert la boite, il a vu la poupée et c’est là que Bob le tonton a fait un malaise cardiaque.
Stottlemeyer : Bob, le tonton ? ça ne veut rien dire du tout ça !
Disher : Quoi ? SI ! Ce Bob était son oncle. Oncle Robert !
Stottlemeyer : D’accord, mais c’est sans importance.
Monk : Excusez moi !
Disher : C’est façon de parler.
Stottlemeyer : Ha oui ! Façon de parler de qui ?
Disher : C’est ironique. Il y a déjà Bob l’éponge …
Stottlemeyer : Arrêtez ! Je n’ai jamais entendu Bob le tonton.
Disher : Jamais entendu ?
Stottlemeyer : Non. Je n’ai jamais entendu parler comme ça.
Disher : Ce n’est pas grave, c’est de l’humour. De l’ironie, capitaine.
Stottlemeyer : Vous avez un humour bizarre. Où vous avez vu qu’on parlait comme ça ?
Pendant que le capitaine et Randy discutent, Monk fait le tour de la pièce, il s’arrête devant un fer à cheval accroché sur un mur.
Stottlemeyer : Allo, Nathalie ?
Angeline :Est-ce qu’il y a un problème ?
Monk : Il est accroché à l’envers.
Angeline Quoi donc ?
Monk : Le fer à cheval, l’ouverture doit être en l’air pour que la chance reste à l’intérieur du fer. C’était un homme superstitieux, ça me surprend qu’il n’ait pas été au courant.
Angeline C’est peut être pour ça que ça n’a pas marché.
Monk : Au fait, je me présente. Adrien Monk.
Angeline Monk ? J’ai entendu parler de vous. Vous êtes le célèbre détective ? Je suis Angeline Dilworth.
Monk : J’ai cru comprendre que vous étiez seule quand c’est arrivé ?
Angeline Oui, c’est exact.
Monk : Est-ce que votre oncle connaissait les autres victimes ? Marthe Murphy et Ralph Farris ?
Angeline Non.
Stottlemeyer : Monk, Nathalie vient d’appeler elle est dans la voiture et elle voudrait rentrer chez elle.
Monk : Maintenant ?.
Stottlemeyer : Oui, elle n’est pas très en forme, je peux vous le dire. Vous devriez vous occuper d’elle.
Monk : Qu’est-ce que je peux faire ?
Stottlemeyer : Vous avez déjà vu des gens normaux, des gens sensés s’occuper d’autres personnes ? Hé bien, vous faites pareil. Je vous appelle plus tard.
Monk : Je vais devoir m’en aller. Je suis désolé de la mort de …
Il s’en va, en secouant la tête. Plus tard, dans la boutique du révérend Jorgensen.
Stottlemeyer : Wouaw, regardez cette boutique, c’est Halloween toute l’année.
Disher : Sels de bain de la chance.
Stottlemeyer : De la poudre d’encens. De la poudre d’argent. Garantie pour exaucer tous les vœux en rapport avec l’argent.
Disher : Vous devriez en acheter.
Stottlemeyer : Non, je n’ai pas les moyens.
Cliente : Je suis contente, j’ai trouvé tout ce que je voulais.
Stottlemeyer : La flèche de Cupidon. Une potion d’amour. Quoi ?
Disher : Ca ne marche pas.
Stottlemeyer : Tant mieux.
Cliente : Ce sont les mêmes poupées que celles de la télé ?
Jorgensen : Soyez très prudente avec ça ! C’est un instrument vraiment très puissant.
Disher : Ne lui donnez pas votre vrai nom.
Stottlemeyer : Pourquoi ?
Disher : Je vous dis ça, c’est pour votre sécurité. Faites attention aux poupées.
Stottlemeyer : Bien sur, bien sur. Révérend Jorgensen ? Je m’appelle Leland Stottlemeyer.
Disher : Et moi j’ai le même nom que lui. On a des questions à vous poser au sujet de certains produits que vous vendez.
Stottlemeyer : Ca risque de durer un certain temps, merci !
Jorgensen : J’ai des clients, j’ai déjà tout raconté à vos collègues cette semaine. Je n’ai plus rien à ajouter.
Stottlemeyer : C’est bien dommage, voyez vous, parce qu’il y a eu un nouvel incident, il a eu lieu hier.
Disher : C’est vous qui avez vendu cette poupée ?
Jorgensen : Probablement. Ca ressemble aux miennes.
Stottlemeyer : Hé bien, ça fait trois sur trois. Parce que toutes les poupées viennent de votre magasin.
Jorgensen : Lâchez moi un peu. Je ne suis pas responsable de la façon dont on utilise ces poupées.
Stottlemeyer : Est-ce vous qui avez fait paraitre cette publicité ?
Jorgensen : Et quand bien même, ce n’est pas illégal.
Stottlemeyer : Ca peut être un mobile.
Jorgensen : Un mobile ?
Disher : Publicité ! Vous semblez bien occupé.
Jorgensen : Vous croyez que j’ai tué ces personnes pour la publicité ? Comment ? Hein, comment j’ai fait.
Stottlemeyer : On n’en sait rien. On ne sait pas encore.
Jorgensen : Ca y est ? Vous avez fini ?
Stottlemeyer : Oui, on a fini. Si quelque chose vous revient à l’esprit, s’il vous plait, n’hésitez pas à m’appeler ou le lieutenant …
Disher : Stottlemeyer. Leland Stottlemeyer.
Stottlemeyer : Bien.
Monk entre chez Nathalie. Après l’avoir cherchée, il la trouve blottie sur une marche de l’escalier.
Monk : Nathalie, c’est moi. Nathalie ! coucou ! Vous allez mieux ? Génial. Écoutez, j’ai un service à vous demander. Je ne sais pas ce que vous avez contre tous ces trucs vaudou, mais voila, vous ne pouvez pas vous laisser déstabiliser. Je ne peux pas prendre soin de vous, vous entendez ? Nathalie, ce matin, j’ai passé six longues heures à organiser mes boites de céréales. Je dois être honnête, je ne peux pas fonctionner comme ça, est-ce que vous comprenez ?
Nathalie : Oui, oui.
Monk : Nathalie ?
Elle pointe son doigt vers son bureau. Monk découvre une boite ouverte avec une poupée vaudou. En la prenant, il fait tomber la tête.
Monk : Quoi ? que …
Monk : (au téléphone) D’accord. J’ai compris.
Monk : (à Nathalie) ils seront là dans cinq minutes. Est-ce qu’il y avait autre chose dans la boite ? Nathalie, ce colis est arrivé quand ? On a posté la boite à Pacific Heights. Vous connaissez quelqu’un la bas ?
Nathalie : Non.
Monk : Ils ont mal orthographié votre nom. T-E-A-G-E-R. Qui a écrit votre nom comme ça ?
Nathalie : C’est le diable.
Monk : Excusez moi ?
Nathalie : Cette poupée a la tête tranchée, ça veut dire que je vais mourir décapitée.
Monk : Non, non. Ca ne veut absolument rien dire du tout, voyons ! Je pense qu’elle a pu se casser dans le transport, d’accord ? Non, vous avez raison, on l’a découpée avec une sorte de scalpel.
Nathalie : Qu’est-ce qu’il va arriver à Julie ?
Monk : Nathalie, regardez moi. Nathalie, regardez moi. Écoutez ce que je vous dis. Il ne va rien se passer. Je ne sais pas ce que ça veut dire, c’est vrai. Mais ce n’est pas du vaudou et si ce n’est pas du vaudou, c’est que quelqu’un cherche à vous faire peur. Le vaudou n’existe pas. D’accord ? Ce n’est qu’une légende.
Nathalie : Vous m’avez demandé toute la semaine comment je pouvais croire à ça. Quand Mitch a fait sa première campagne, je vivais en Caroline du Sud, dans un petit appartement hors de la base. Il y avait une femme, au rez de chaussée, madame Ayida. Elle disait qu’elle était une grande prêtresse vaudou. Un jour, elle m’a dit que Mitch était en danger et elle m’a demandé de le prévenir. Je ne lui ai rien dit du tout, je ne l’ai pas prévenu. Je crois … Je crois que je ne l’ai pas prise au sérieux. Et le lendemain, il s’est fait tuer.
Monk : Et vous vous le reprochez depuis ce jour là.
Nathalie : Ca n’a rien d’une légende, monsieur Monk.
Stottlemeyer et Disher entrent à leur tour, après avoir frappé à la porte, ce qui fait sursauter Nathalie. Monk montre la poupée.
Stottlemeyer : Nathalie ! On m’a transmis votre appel.
Dans la nuit, Nathalie fixe le plafond de sa chambre et le ventilateur. Le lendemain matin, elle rejoint Randy dans la cuisine.
Disher : Tiens ! Bonjour, vous avez bien dormi ?
Nathalie : Non, pas du tout. Vous vous y connaissez en ventilateur de plafond ?
Disher : Pour faire quoi ?
Nathalie : Pour pouvoir l’arrêter. J’en ai un dans ma chambre et je peux vous jurer qu’il a murmuré mon nom toute la nuit.
Disher : Essayez le canapé.
Nathalie : C’est sans importance, je ne pourrai pas dormir. Où est monsieur Monk ?
Disher : Au commissariat, avec le capitaine. Écoutez, on a mis quarante gars sur le coup, Nathalie.
Nathalie : Qu’est-ce que vous cherchez ?
Disher : Un couteau.
Nathalie : Je les ai tous mis à la poubelle. J’ai jeté aussi le taille haies et le mixer.
Disher : Nathalie, tout va bien se passer. Cet après midi, on va vous mettre à l’abri dans une maison.
Nathalie : Randy, je ne bougerai pas d’ici, je ne bougerai plus jamais d’ici.
Disher : Vous aurez des gardes armés. Tout a été mis en place Nathalie.
Il croque dans un biscuit en forme de personnage et mange la tête.
Nathalie : Randy ! Le gateau !
Disher : Désolé.
Nathalie : Ca n’a pas d’importance. Une armée entière ne changerait pas grand-chose.
Disher : Nathalie, ce n’est qu’une poupée.
Nathalie : Vous n’y croyez vraiment pas, aux sorcières et au vaudou ?
Disher : Je suis du signe du poisson, on n’est pas superstitieux. Vous avez du lait ?
Au commissariat.
Stottlemeyer : (au téléphone) non, non, non. Attendez ! no toque la muñeca, vous avez compris ? Ne touchez pas à la muñeca. Vous ne touchez à rien du tout, d’accord ? Une patrouille sera vers vous dans vingt minutes.
Stottlemeyer : J’avais dit au maire de ne pas le rendre public et maintenant, on a cinquante copieurs dans la nature. La moitié de la ville a reçu des poupées vaudou par la poste et ils demandent tous une protection devant leur porte.
Monk : Oui, mais on doit se concentrer sur ces quatre affaires, il n’y a que ces quatre là qui comptent. Il a utilisé le même papier d’emballage, c’est la même écriture, il y a quelque chose d’étrange, il n’a jamais écrit l’adresse sur la boite, il utilise toujours des étiquettes.
Stottlemeyer : Et qu’est-ce que ça veut dire ?
Monk : Je n’en sais rien, je ne … Je n’en sais rien.
Stottlemeyer : C’est un truc incroyable, non ?
Monk : Dites moi, est-ce que les victimes ont un rapport entre elles ?
Stottlemeyer : Non, non. Le FBI a fait des recherches avec leur nom, il n’y a rien et j’ai une autre mauvaise nouvelle. Notre suspect numéro un, le seul suspect d’ailleurs, vient d’être mis hors de cause.
Monk : Vous parlez du gars qui a vendu toutes les poupées ?
Stottlemeyer : Oui, le révérend Jorgensen a un alibi pour chacune des trois victimes.
Monk : Et maintenant, il y a Nathalie.
Stottlemeyer : Oui, il y a Nathalie. Et comment va-t-elle ?
Monk : Oh, elle est morte de peur. Je viens de parler à Randy, elle n’a pas quitté le canapé de la journée et il m’a dit qu’elle s’était mis un cône en plastique autour du cou, comme ceux qu’on met aux chiens.
Stottlemeyer : Ce n’est pas bon signe, ça.
Monk : Ah non, non, non. Nous devons absolument faire quelque chose, elle va être complètement défaite si ça continue. Il va me falloir une éternité pour la remplacer. Mais ce n’est pas le plus important, bien entendu. Il ne s’agit pas de moi.
Stottlemeyer : Vous savez, Monk, si elle croit vraiment à toutes ces sottises, il y a peut être quelque chose qu’on pourrait essayer.
Une ombre se glisse dans la nuit. Monk installe Nathalie sur le canapé, et la couvre d’une couverture. On frappe à la porte, Nathalie panique et s’agrippe à lui.
Nathalie : Ne répondez pas, ne répondez pas !
Monk : Vous n’avez pas à vous inquiéter. Je sais qui a frappé. Ce n’est rien.
Monk va ouvrir, Nathalie se cache.
Monk : Je vous remercie d’être venu. Entrez, c’est par ici. Nathalie, je vous présente Hadley Jorgensen.
Jorgensen : Révérend Jorgensen. Bonsoir Nathalie. Le capitaine Stottlemeyer m’a parlé de votre problème. Je pourrai vous aider d’après lui.
Nathalie : (terrorisée et tremblante) Et comment ? Commet ?
Jorgensen : Ma sœur, vous êtes victime d’un mauvais sort. Sans partir dans des explications techniques, je vais vous aider à conjurer ce sort et monsieur Monk va m’aider, n’est-ce pas ?
Monk : Qui, moi ?
Jorgensen : J’ai pris la liberté de faire une réplique de la poupée en travaillant d’après des photos. Est-ce que c’est ressemblant ?
Nathalie : Hoooo hoooooo
Elle se cache sous sa couverture. Jorgensen allume des bougies et commence un rituel en chantonnant des incantations.
Nathalie : Qui vous dit que ça va marcher ?
Jorgensen : Ma sœur, je vous le garantis. Vous serez débarrassée de ce sort.
Nathalie : Vous ne pouvez pas faire plus court et accéléré ?
Jorgensen : Non.
Nathalie : Qu’est-ce que c’est ?
Jorgensen : C’est une herbe, qu’on appelle asa-foetida. Plus connue sous le nom de crottin du diable.
Monk : Écoutez, je pense que ça suffit. On vous remercie d’être venu.
Nathalie : Non, s’il vous plait, monsieur Monk, laissez le terminer.
Jorgensen : Oui j’ai presque fini.
Monk : Qu’est-ce que c’est ?
Jorgensen : Une potion que j’ai créée moi-même. Monsieur Monk, si ça ne vous ennuie pas, vous voulez bien lui recoller la tête ? Tenez prenez le tube de colle.
Monk : Ah merci.
Jorgensen : Un peu d’herbe de sorcière. Un peu de sabot de poulain, de la racine de mandragore. Encore un petit peu plus. Il ne nous manque que la poupée.
Monk : Attendez une seconde.
Jorgensen : Il n’est pas nécessaire que ce soit parfait.
Monk : Oh j’ai presque fini.
Jorgensen : C’est symbolique en réalité.
Monk : Et voila. Non, zttendez.
Jorgensen : Les forces du mal sont en train de s’unir.
Monk : Une seconde.
Jorgensen : Inutile que ce soit parfait.
Monk : Aaa … attendez une seconde.
Jorgensen Ca n’a pas à être parfait
Monk : Une seconde. J’ai presque fini.
Jorgensen : Mais c’est inutile.
Monk : Voila. Non A … attendez une seconde
Nathalie : Monsieur Monk, je vous en prie, laissez le finir !
Monk : Attendez, voyons.
Jorgensen : Cette femme souffre monsieur Monk. Vous n’avez pas besoin … Bon d’accord.
Monk : Non, attendez.
Jorgensen se lève et arrache la poupée des mains de Monk.
Jorgensen : Maintenant, ça suffit ! La potion est prête.
Nathalie : La potion est prête.
Debout, Jorgensen tient la poupée en avant et entonne ses incantations
Jorgensen : Nettoie ce corps. Aaaah libère cette aaaame. Expuuulse l’obscuuuurité qui est en elle. Réunis ce cooorps et cette âaaame.
Pressée, Nathalie prend la coupe de la potion et la boit.
Jorgensen : Qu’est-ce que vous avez fait ?
Nathalie : Quoi ?
Jorgensen : Vous avez bu cet élixir !
Nathalie : Oui, vous avez dit …
Jorgensen : Vous deviez la passer sur le cou ! Vous avez perdu la tête ?
Monk : Qu’est-ce que je fais ? Qu’est-ce que je fais ?
Jorgensen : Il faut appeler les urgences ! les secours, il faut appeler les urgences.
Monk : Quoi ? C’est encore une incantation ?
Jorgensen : Non, il faut appeler les secours !
Monk se précipite sur le téléphone. Les secours arrivent. L’infirmière qui accompagne l’urgentiste est Angeline Dilworth.
Monk : Vous vous sentez comment ?
Nathalie : Haaa c’est très douloureux.
Monk : Je sais. Vous devez vous accrocher. Tenez le coup, les secours vont arriver. Ha les voila ! Ils sont là.
Jorgensen : Peut être qu’on aurait du la faire vomir.
Monk : Non ! Non, non, non. C’est ce qu’on appelle le plan à éviter.
Urgentiste : Vous nous avez appelés ? Une intoxication ? Qu’est-ce qu’elle a pris ?
Jorgensen : Une potion anti-sortilège, contenant une quinzaine d’ingrédients, mais elle ne devait pas la boire.
Monk : Oh, bonsoir ! Angéline, c’est ça ?
Angeline : Monsieur Monk. Le monde est petit.
Monk : Je ne savais pas que vous étiez secouriste.
Angeline : Je ne vous l’avais pas dit ?
Monk : Non. Non, non, pas du tout.
Urgentiste : Qu’y avait il dedans, précisément ?
Jorgensen : Oh que des choses courantes, il y avait un peu de racine d’alkanet, un peu de langue de cerf, un peu d’écorce de racines, de l’agripaume, de la terre de cimetière …
Urgentiste : Et vous vous êtes arrêté là ? Tu as noté la liste des ingrédients ?
Monk : Je … Je vous accompagne.
Angeline : Non, désolée, il n’y a pas assez de place.
Ils emmènent Nathalie.
Jorgensen : Je veux bien vous conduire si vous n’avez pas peur du désordre.
Jorgensen et Monk suivent l’ambulance, à bord de la camionnette de la boutique vaudou.
Angeline : Vous êtes allergique à des médicaments ?
Nathalie : Non.
Jorgensen : Vous étiez là, vous étiez témoin. J’ai dit que la potion était prête, je n’ai jamais dit qu’il fallait l’avaler. Ce n’est plus du vaudou, c’est du n’importe quoi.
Monk : A quoi ça sert tous ces trucs ? On risque de se tuer avec tous ces …
Jorgensen : Ce sont mes porte bonheur !
Monk : Ah que le monde est petit !
Jorgensen : Excusez moi ?
Cette femme, la secouriste, je l’ai déjà rencontrée. C’est la nièce de Robert Boyd. Oui, c’est ça. Monk : Attendez …. Attendez ! Je me souviens qu’avant ça, la victime numéro deux ! C’était elle la secouriste sur le parcours de golf.
Jorgensen : Non, il y a surement une bonne explication. Je connais bien Angeline, et je sais que c’est une bonne personne.
Monk : Attendez, attendez ! Vous la connaissez ?
Jorgensen : Oui, je l’ai déjà rencontrée, c’est une de mes clientes.
Monk : Une de vos clientes ? Une habituée ? Est-ce qu’elle vous a acheté des poupées ?
Jorgensen : Oui, bien sur, cinq peut être même six.
Monk : C’est ça. C’est ça, notre homme, c’est elle.
Jorgensen : Qu’est-ce que vous racontez ?
Monk : Je parle de la secouriste ! Angeline. En réalité, le lien c’est elle. Son oncle était riche. C’est lui la vraie cible. Les autres poupées n’ont servi qu’à faire diversion. C’était tellement plus simple et tellement malin ! Pour commencer, il fallait qu’elle trouve des emballages déjà oblitérés. Pour ça, elle s’est fait envoyer plusieurs boites à elle-même, puis elle a attendu. Elle avait besoin d’un bon accident et de la bonne victime. Martha Murphy était parfaite. La vieille dame vivait seule. Angeline lui a volé ses clés, elle s’est introduite chez elle et elle a laissé la boite avec la poupée maquillée, bien en évidence, à la vue de tous. Deux jours plus tard, elle a fait la même chose chez monsieur Farris. La troisième victime était sa véritable cible. Il lui a été facile de tuer son oncle, Angeline est dans le milieu médical. Elle savait exactement quel poison utiliser, quelque chose d’indétectable. Quelque chose qui ferait croire à une crise cardiaque. Elle a installé quelques porte bonheur dans la maison pour faire croire qu’il était superstitieux. Elle a planté le décor.
Jorgensen : Je vous remercie infiniment, détective. Je ne vais plus vendre une seule poupée vaudou à présent.
Dans l‘ambulance, Nathalie remarque que son nom sur la fiche d’intervention est mal orthographié, comme sur le colis de sa poupée vaudou. Elle regarde Angeline, méfiante.
Angeline : Vous souffrez beaucoup ? Je vais vous donner quelque chose.
Monk : Est-ce que vous avez un téléphone ?
Jorgensen : Non. Je n’en utilise jamais. Je préfère communiquer au niveau astral.
Monk : Hadley !
Jorgensen : Bon. Voila, d’accord.
Monk : Merci.
Par les petites fenêtres sur les portes arrière de l’ambulance, Monk aperçoit Nathalie se battre avec Angeline.
Monk : Allez y, allez y ! Roulez ! Roulez ! Il faudrait que vous poussiez l’ambulance, allez y ! Poussez l’ambulance, maintenant !
Sous le choc, l’ambulance fait une embardée et s’arrête contre un trottoir. Monk et Jorgensen se précipitent. Monk ouvre les portes et reçoit Nathalie dans les bras.
Monk : Je vais vous aider à descendre.
Nathalie : Monsieur Monk !
Monk : Appelez une ambulance !
Jorgensen : Oui une autre ambulance, celle-ci est maléfique.
Urgentiste : Je m’en occupe.
Jorgensen : Vade retro.
Plus tard, Monk et Nathalie marchent dans la rue.
Nathalie : Je ne comprends pas pourquoi elle s’en est prise à moi.
Monk : Elle a eu peur que je découvre toute la vérité, elle a voulu détourner mon attention.
Nathalie : Parce qu’elle savait que vous teniez beaucoup à moi, elle savait que vous seriez tellement inquiet pour moi que vous ne pourriez pas vous concentrer.
Monk : Enfin, c’était sa théorie, oui mais n’oublions pas qu’elle est complétement dérangée.
Nathalie : Oh je me sens tellement soulagée, je n’ai jamais été aussi heureuse de m’être trompée.
Monk : A propos de quoi ?
Nathalie : A propos de tout, à propos du vaudou et à propos de Mitch et moi.
Monk : C’est bien ! Ca me fait plaisir. Bienvenue dans le monde du réel, le monde des faits et de la science et du rationnel aussi.
Nathalie : Vous en avez oublié un.
Monk touche le parcmètre derrière lui.
Nathalie : Qu’est-ce que vous disiez ?
Monk : Les faits et la science, Nathalie. Si vous laissez les superstitions diriger votre vie, vous n’affronterez aucune responsabilité.
Nathalie : Vous en avez raté un autre.
Monk : Mais non, ce n’est pas vrai.
Nathalie : Vous l’avez raté, je l’ai vu, vous l’avez oublié.
Monk revient sur ses pas pour toucher le dernier parcmètre.
Monk : Bon, j’en étais où ?
Nathalie : A la pensée rationnelle.
Monk : Exactement, les superstitions, les maléfices, les mauvais sorts, le vaudou, ne sont que des supports que certaines personnes utilisent lorsqu’elles ne peuvent plus venir à bout de leurs angoisses.
Rédigé par mamynicky











