2.13 – Monk cherche Mamie
Une vieille dame, assise dans son fauteuil, consulte le programme télévisé. Elle parle à un chat installé sur ses genoux.
Mme Parlo : A vingt heures trente, oh ! aujourd’hui, quelle chance, c’est celle de George Clooney. Si j’avais dix ans de moins, je serais très surement clouée à ses basques. Ensuite, il y a mon « Sex and The City ». Non, tu es trop jeune pour regarder une telle série. Enfin, je crois, en réalité, je ne sais même pas quel age tu as, je n’en sais rien du tout. Si on ne vient pas te réclamer d’ici une semaine, je t’adopte. Ça te ferait plaisir ?
A ce moment, une main gantée se plaque sur sa bouche, un deuxième homme cagoulé la ligote.
Mme Parlo : Lachez moi !
Homme 1 : La ferme ! Jette ça sur elle !
La petite fille de la vieille dame finit son jogging et arrive devant la maison alors que les deux inconnus cagoulés embarquent la vieille dame ligotée sur son fauteuil dans une camionnette.
Julie Parlo : Que faites vous ?
Homme 1 : Attention !
Julie : Mamie !
Homme 2 : Je fais attention.
Julie : Arrêtez ! arrêtez ! Attendez, qu’est-ce que vous faites ? Mamie ! Mamie ! Au secours ! Aidez moi !
La police est arrivée sur les lieux et remarque un écriteau. Le Lieutenant Disher ne cesse d’éternuer.
Stottlemeyer : « Nous appellerons à seine heures » et c’est signé d’un éclair.
Disher : Oui, on pense que c’est une carte de visite. Il y avait un groupe extrémiste au début des années 70 : la brigade de l’éclair. Il a été impliqué dans plusieurs attentats …
Stottlemeyer : Oui, je sais qui était la brigade de l’éclair, merci, Lieutenant. Je me rappelle des années 70. En tout cas en partie. Est-ce que ça va ?
Disher : Il y a un chat et je suis allergique aux chats.
Stottlemeyer : Très bien. Nous avons deux petites heures avant que le téléphone sonne. Est-ce que vous êtes prêt ?
Sergent : Tout est en place, Capitaine. On a deux enregistreurs prêts à roulet et la compagnie du téléphone est prête à détecter l’appel immédiatement-.
Stottlemeyer : Il leur faut combien de temps ?
Sergent : Hé bien, s’ils appellent d’un poste fixe, on les tient, mais si c’est un portable …
Stottlemeyer : Ce sera surement le cas.
Sergent : … on aura besoin de quarante cinq secondes.
Julie : Excusez moi, Capitaine Stottlemeyer ? bonjour, je suis Julie Parlo. Où est le F.B.I. ? Il s’agit d’une affaire d’enlèvement. Je suis moi-même avocate et je sais qu’en cas d’enlèvement, c’est l’affaire du F.B.I. ça relève de sa jurisprudence.
Disher : En effet, ce serait le cas si votre grand-mère avait été emmenée au dela des frontières de l’Etat.
Stottlemeyer : Ou si ses ravisseurs la retenaient plus de vingt quatre heures. D’autre part, je pense que vous avez voulu dire « juridiction » ? Quel genre d’avocate êtes vous ?
Julie : En fait, je n’ai jamais dit que j’étais avocate …
Disher : Si, vous l’avez dit.
Julie : Je suis actuellement étudiante en droit à l’Université Garland et je sais que j’ai certains droits et que si vous ne faites pas votre possible pour retrouver ma grand-mère, je peux vous attaquer pour faute professionnelle.
Stottlemeyer : Non, vous ne pouvez pas.
Julie : Quoi ?Je ne peux pas ?
Stottlemeyer : Non. Mademoiselle Parlo, vous vivez ici avec votre grand-mère, c’est axact ?
Julie : Oui, j’ai emménagé avec elle après la mort de mes parents. Ça fait quatre ans que je vis avec elle.
Disher : Il n’y a que vous deux ici ?
Julie : Oui monsieur. Nous deux et le chat.
Disher : (il éternue) Oui, pour le chat je sais.
Stottlemeyer : Votre grand-mère est fortunée ?
Julie : Non, c’est pour ça que ça n’a vraiment aucun sens. Pourquoi ils l’ont enlevée ? Elle a 76 ans, elle n’est pas riche, elle n’a aucun ennemi sur cette terre et elle est quelque part dans la nature, peut être morte de peur. Capitaine, vous devez faire quelque chose. Il y a bien ce Monsieur, ce détective dont j’ai entendu parler, de Monk ?
Stottlemeyer : De Monk ? Ce Monsieur s’appelle Monk.
Julie : Oui, j’ai lu un article sur lui. Je me rappelle que dans l’article, vous disiez qu’il était brillant.
Stottlemeyer : Oui, oui. Adrien Monk est un ancien inspecteur de la Criminelle auquel nous faisons appel en tant que consultant mais uniquement quand nous sommes dans l’impasse. Seulement là, on n’est pas dans l’impasse. Mademoiselle Parlo, nous contrôlons la situation.
Monk est chez lui, en train de découper scrupuleusement sur les traits de découpe, des bons de réduction, quand la sonnette le fait sursauter. Il croit voir Sharona, mais c’est Julie Tarlo qui entre.
Monk : Attention. Vas y doucement. Concentre toi. Tu dois suivre le pointillé. Ooooh ! Tu peux entrer, c’est ouvert !
Julie : Adrien Monk ?
Monk : Vous n’êtes pas Sharona.
Julie : Non Monsieur ,je suis … Je m’appelle Julie Parlo. Je suis venue vous demander de l’aide. C’est ma grand-mère, hé bien, on l’a kidnappée. Monsieur Monk, vous êtes consultant privé d’après ce que j’ai entendu dire ? Hé bien voila. J’aimerais … je veux vous engager. Juste un petit détail, je n’ai pas d’argent.
Monk : Hé bien, c’est un problème. Mon assistante, Sharona, ne veut pas que je prenne une affaire sans être payé.
Julie : Oui mais c’est vous qui décidez quand même.
Monk : Hé bien, c’est compliqué.
Julie : J’ai une idée. C’est vrai, je ne suis pas riche mais je peux vous payer en faisant un échange. Si vous m’aidez, je vous aiderai à mon tour.
Monk : De quoi vous voulez parler au juste ?
Julie : Je peux vous faire réintégrer.
Monk : Réintégrer ?
Julie : Je sais que vous voulez récupérer votre plaque plus que toute autre chose et je suis allée voir le Professeur Emory pour lui parler de votre situation.
Monk : Le Professeur Eugène Emory, de l’Université Garland ?
Julie : C’est exact. Je suis dans sa classe.
Monk : Mon Dieu, je viens de lire son livre.
Julie : Ah oui ? On a une interro la dessus la semaine prochaine.
Monk : C’est merveilleux.
Julie : De quoi il parle ?
Monk : C’est une argumentation en faveur de certaines réformes. Le Professeur Emory pense que l’on pourrait éliminer les litiges superflus dans certaines affaires si la justice limitait tous les dommages intérêts et qu’elle faisait supporter les frais aux seuls plaignants. Enfin, je suis sur que vous échapperez à cette interro puisque votre grand-mère a été …
Julie : Oui, c’est ça !
Monk : Vous avez vraiment discuté avec le Professeur Emory, le Professeur Eugène Emory de mon problème ?
Julie : Oui. Il a dit qu’il pouvait obtenir votre réintégration. Il garantit le résultat.
Monk : Comment ?
Julie : Ecoutez, je vous le dirai dès que ma grand-mère sera à la maison, saine et sauve. On est d’accord ?
Monk : Vous savez, je n’aurais qu’à aller voir le Professeur Emory moi-même si je voulais, mais je ne le ferai pas.
Plus tard, Monk, Sharona et la police sont dans la maison Tarlo. Le Lieutenant Disher souffre d’éternuements.
Sharona : Elle peut te faire réintégrer ?
Monk : Elle en a discuté avec Eugène Emory, le gagnant du prix Pulitzer. Il y aurait parait il un grand vide juridique dans le texte de loi, c’est trop beau pour être vrai.
Sharona : On est d’accord. (à Disher) Est ce que ça va ?
Disher : Elle a un chat.
Sharona : Vous n’avez qu’à lui demander de le mettre au premier ?
Disher : Non. C’est inutile. Ce sera pareil. Il suffit qu’un chat ait vécu quelque part et là je n’arrête plus d’éternuer.
Sharona : Vraiment ? Rappelez moi d’en acheter un.
Disher : Comme ça vous ne serez plus seule tous les samedis soirs.
Julie : Est-ce que quelqu’un a faim ? J’ai préparé des petits gâteaux en attendant, ça m’occupe un peu l’esprit.
Sharona : Merci. Ce gateau est excellent. Délicieux. Vous pourriez en vendre.
Julie : En réalité, j’ai toujours rêvé d’avoir ma propre boulangerie.
Sharona : Alors, pourquoi vous faites du droit ?
Julie : Oh, je le fais pour mes parents. C’est ce qu’ils voulaient, j’ai pris l’argent de l’assurance pour payer mes études de droit.
Sharona : Mais si ça ne vous plait pas …
Julie : On veut toujours faire plaisir à ses parents, même quand ils ne sont plus là. Surtout quand ils ne sont plus là.
Sharona : Oui, je comprends.
Le téléphone sonne.
Stottlemeyer : Je veux le silence. Elle est seule dans la maison. Alors, personne d’autre dans la pièce, que Mademoiselle Tarlo. Julie, il nous faut 45 secondes, d’accord ? Vous pouvez le faire ?
Julie : Entendu. Allo ?
Voix : Ici la Brigade Eclair. Le pouvoir doit revenir au peuple.
Julie : Oui, d’accord.
Voix : Nous retenons votre grand-mère.
Julie : Est ce qu’elle va bien ?
Voix : Elle va bien. Si vous vouez que ça continue ainsi, vous devez faire exactement ce qu’on va vous dire. N’essayez pas de me garder en ligne. Je ne suis pas stupide.
Julie : Oui, d’accord mais est ce que je peux lui parler ?
Voix : Je vous ai dit qu’elle allait bien. Vous ne me faites pas confiance ?
Julie : Si, elle a une maladie de cœur et elle a besoin de ses médicaments.
Voix : Alors écoutez moi bien attentivement. Voila ce que je veux que vous fassiez.
Monk fait des gestes pour signaler à Julie qu’elle a du sucre autour de la bouche. Elle ne comprend pas.
Julie : (à Monk) Vous voulez que je raccroche ? Vous me demandez de raccrocher ?
Voix : Qui est là ? Vous avez tout gaché.
Julie : Je suis désolée.
Sergent : 41 secondes, ce n’est pas assez.
Monk : Regardez, elle a un peu de sucre sur la joue.
Julie : Vous croyez qu’il va nous recontacter ?
Monk : Non, je ne pense pas.
Le téléphone sonne à nouveau.
Stottlemeyer : Sharona, surveillez le s’il vous plait.
Sharona : Adrien !
Julie : Ce … ce n’était pas la police. Je suis juste un peu nerveuse. D’accord ?
Voix : Ne soyez pas aussi nerveuse. Voila ce que je veux que vous fassiez. Il y a des centaines de sans abri dans la mission de votre quartier. Ils souffrent inutilement alors qu’à quelques patés de maison de là, les riches s’empiffrent comme des goinfres dans les restaurants à la mode.
Julie : D’accord. Mais nous ne sommes pas riches.
Voix : Taisez vous et écoutez moi. Ce soir, nous allons redistribuer les biens. Vous allez offrir à chacun des sans abri de la mission un diner dans lequel il y aura de la dinde.
Julie : Un diner avec de la dinde ?
Voix : Faites le sans poser de question et votre grandi mère sera de retour plus vite que vous ne le pensez.
Julie : D’accord. A quelle heure est-ce que vous voulez que …
Sergent : Elle n’a pas réussi.
Stottlemeyer : Ils veulent qu’on distribue de la dinde à tous les sans abri de la mission du quartier ! Qu’est-ce que c’est que ce cirque ?
Distribution du diner avec de la dinde aux sans abri de la mission du quartier des Tarlo. La police est sur place.
Sharona : C’est de la folie. On n’a jamais vu une telle demande de rançon.
Monk : Oui je sais. Les kidnappeurs risquent de faire de la prison à vie pourquoi ? Pour cinq cents malheureux dollars de nourriture ? En plus, le refuge de la Troisième rue servait de la dinde au diner de ce soir de toute façon.
Sharona : On ne va pas rester ici à attendre sans rien faire ? On fait tache dans le paysage.
Monk : Tu as une autre suggestion ?
Sharona : C’est de la folie.
Monk : C’est sans importance. Je veux récupérer ma plaque au plus vite.
Sharona : J’accepterai de le croire quand je le verrai. Julie Parlo est loin d’avoir l’étoffe d’un maitre du barreau, elle n’est pas très douée.
Monk : De la sauce ?
Un homme : Non, merci.
Monk : Tous les autres ont eu droit à une cuillère de sauce.
Homme : Je n’en ai pas envie.
Monk : Vous devriez prendre une cuillère de sauce.
Sharona : Il vient de te dire qu’il n’en a pas envie.
Monk : Ce Monsieur est capable de s’exprimer tout seul.
Homme : Je ne veux pas de votre sauce.
Monk : D’accord, c’est entendu. Dans ce cas, bon appétit.
Disher se présente, grimé en sans abri.
Monk : Oh mon Dieu !
Sharona : Vous êtes censé passer pour qui ?
Disher : Pour un pauvre SDF. C’est pas mal, hein ?
Sharona : Qu’est-ce que vous avez sur le visage ?
Disher : De la crasse.
Sharona : Donne un peu de sauce à la dame.
Monk rejoint l’homme installé à une table.
Monk : Voilà un peu de sauce
Homme : Je n’en ai pas envie.
Monk : Vous n’avez pas demandé de sauce ?
Homme : J’ai rien dit du tout.
Monk : Ah, alors dans ce cas, tenez !
Homme : Je viens de vous le dire, je n’ai pas envie de sauce !
Monk : D’accord, on repart à zéro. Est-ce que vous voulez un peu de sauce ?
Homme : Et ?
Monk : C’est tout.
Sergent : Elle est là ! On l’a retrouvée. On l’a relâchée à deux patés de maisons d’ici.
Disher : Appelez une ambulance !
Au commissariat.
Sharona : Comment va grand mamie Tarlo ?
Stottlemeyer : C’est une dure à cuire, croyez moi !
Monk : Elle ne peut pas identifier ses ravisseurs ?
Disher : Elle avait les yeux bandés. En revanche, elle dit qu’elle croit avoir entendu leurs voix mais elle ne se rappelle pas où et quand.
Sharona : Au moins ils ne lui ont pas fait de mal.
Disher : Non, elle a été plutôt bien traitée. Ils parait qu’ils n’arrêtaient pas de dire « attention » quand ils ont sorti la vieille dame de chez elle.
Stottlemeyer : Ils lui ont donné des pizzas, autant de pizzas qu’elle pouvait en manger. Dire que chez moi, je n’ai pas le droit d’en manger.
Disher : Elle nous a donné un autre détail, ils écoutaient de l’opéra. Elle dit qu’elle l’entendait à travers la porte.
Monk : Des ravisseurs qui écoutent l’opéra. Quel genre de révolution font ces gens ?
Stottlemeyer : On le saura très rapidement. Nos hommes ont arrêté Ron Abrash ce matin, il était à la tête de la Brigade Eclair à sa formation il y a trente ans.
Disher : Nous allons l’interroger.
Stottlemeyer : Vous voulez y assister ?
Monk : Vous voulez que moi, j’entre là ?
Stottlemeyer : Oui. Il parait que vous allez peut être récupérer votre plaque. Pourquoi pas vous entrainer ?
Monk : Oui. Merci. (à Sharona) Je vais avec eux.
Disher Génial. Alors si on est trois, on va pouvoir faire le bon flic, le mauvais flic et le pire flic.
Stottlemeyer : Randy, deux hommes suffiront. Vous attendez ici.
Disher D’accord. Je vais attendre ici et …
Sharona : Pleurer comme un enfant ?
Disher J’ai de la paperasse à faire.
Sharona : Vous la ferez en pleurant.
Au commissariat, Stottlemeyer interroge Ron Abrash devant Monk.
Stottlemeyer : Entrez !
Abrash : Vous ne lisez jamais les journaux ? La Brigade, c’est de l’histoire ancienne. Nous avons décidé de nous séparer il y a environ vingt cinq ans. C’est déjà loin ! D’autre part, notre groupe ne se préoccupait que de la guerre. Vous vous rappelez la guerre ?
Stottlemeyer : Oui je me souviens parfaitement de la guerre. J’ai un frère qui est allé la bas. Alors vous dites que vous niez toute implication dans l’enlèvement de Madame Parlo ?
Abrash : Bien entendu, je le nie ! Aller demander de la dinde gratuite pour les SDF, c’est ridicule ! En plus, je suis moi-même végétarien,
Stottlemeyer : D’accord Ronnie, alors où étiez vous hier à sept heures trente du matin ?
Abrash : J’étais dans ma salle de classe. J’enseigne l’anglais et l’écriture de scénarios aux élèves de troisième cycle à Berkeley, il suffit d’appeler l’université et vous verrez. Le geste le plus radical que j’ai fait ces dernières années c’est faire un doigt aux crétins qui roulent sur les trottoirs avec leur 4x4.
Stottlemeyer : D’accord, peut être que ce n’est pas vous, peut être que c’était un de vos anciens compagnons qui a voulu revivre une époque glorieuse.
Monk : (il prend une voix dure) Il voulait peut être renouer avec ses plaisirs de jeunesse. Vous m’êtes familier, Ronnie, je crois qu’on s’est vus il y a huit jours, c’était à l’opéra.
Abrash : Quoi ? A l’opéra ? Dites moi ce que vous avez fumé.
Monk : Mais au juste mon vieux, j’ai fumé le calumet de la vérité, moi.
Monk joue le méchant, Stottlemeyer est obligé d’intervenir, ce qui intrigue Abrash.
Abrash : A quoi vous jouez les gars ? Au flic compétent et au flic timbré ?
Monk : Vous pouvez remonter la manche de votre chemise ?
Abrash : D’accord, c’est vrai, j’ai toujours le tatouage. Ça ne veut rien dire du tout. Certains ont le nom de leur ancienne copine sur le bras et ça ne veut pas dire qu’ils sont toujours amoureux.
Monk : Regardez Capitaine, son éclair a trois sinuosités.
Abrash : Oui c’est exact, Résistance, Révolte, Réforme. La devise de la Brigade.
Monk : Capitaine, je voudrais vous parler une seconde.
Ils sortent de la salle.
Monk : Je ne pense pas que ce soit lui ni quelqu’un d’autre de son groupe. Vous l’avez entendu, chacune des sinuosités de l’éclair représente une chose particulière. N’importe quel membre de la Brigade devrait être au courant. Mais, regardez, ce qui a été peint sur le mur de Madame Parlo par ses ravisseurs.
Stottlemeyer : Deux sinuosités. Comment vous saviez pour le tatouage sur le bras ?
Monk : Je l’ignorais mais il avait relevé sa manche sur l’autre bras, alors …
Stottlemeyer : C’était déséquilibré ?
Monk : Oui, exactement. Je ne pense pas qu’il y ait un but politique dans cette histoire. Il y a surement autre chose qui se cache derrière tout ça.
Stottlemeyer : Continuez à chercher si ça vous fait plaisir, Monk, en ce qui nous concerne, ce n’est plus une priorité, ce n’est pas exactement le crime du siècle. De la dinde pour tous ! Voila.
Julie récupère sa grand-mère à l’hopital. Julie pleure de soulagement.
Julie : Je vais chercher la voiture et dans une demi heure tu seras à la maison.
Mamie Parlo : Julie, qu’est-ce qu’il t’arrive ?
Julie : Je n’aurais pas du te laisser toute seule. Je n’aurais jamais du aller courir.
Mamie Parlo : Ma chérie, voyons, mais ce n’est pas ta faute. Je n’avais qu’à lui mettre un bon coup dans les parties génitales lorsque j’en ai eu l’occasion.
Julie : Qu’est-ce que je serais devenue si ces personnes t’avaient …
Mamie Parlo : Tu aurais eu une vie brillante, riche et bien remplie. Tu aurais rencontré un homme et tu aurais eu des enfants et tu en aurais appelé un comme moi. Et ensuite, tu aurais pu ouvrir cette boulangerie dont tu as toujours rêvé et dont tu ne cesses de parler. Hé bien, tu vois, c’est à tout ça que je pensais tout le temps où j’ai été enfermée dans cette horrible chambre.
Un peu plus tard, Sharona rejoint les deux femmes.
Sharona : Tu rentres à la maison à dix sept heures d’accord ? Oh, ! bonjour Julie.
Julie : Bonjour, Mamie, je te présente Sharona Fleming qui travaille pour Adrien Monk, le détective dont je t’ai parlé.
Sharona : Bonjour, Madame Parlo, comment vous sentez vous ?
Mamie Parlo : Beaucoup mieux. Dites moi, est-ce que c’est vrai qu’ils ont arrêté une sorte de hippie qui aurait appartenu à ce groupe, qui s’appelait autrefois l’Escadron de l’Eclair ?
Sharona : C’est la Brigade de l’Eclair.
Mamie Parlo : J’aurais du lui coller un bon coup de poing dans les parties génitales.
Sharona : Hé bien en réalité mon patron pense qu’ils n’ont rien à voir, il dit que quelqu’un s’est fait passer pour eux. Julie, est-ce que je peux vous parler ?
Julie : Oui, Mamie, je reviens tout de suite.
Sharona : Je voulais seulement m’assurer que vous vous rappeliez ce que vous avez promis à Adrien. Vous savez, ce marché que vous avez …
Julie : Oui, pour sa réintégration. C’est toujours d’accord. Dites lui de passer ce soir à la Fac, à la bibliothèque. Je serai la bas avec mon groupe de travail au complet.
Sharona : Génial. Je veux juste que vous sachiez qu’il compte vraiment la dessus. C’est très important, c’est toute sa vie.
Julie : Je comprends. Un accord est un accord. C’est comme si on avait passé un véritable … comment on dit déjà ?
Sharona : Un contrat oral ?
Julie : Oui c’est ça.
Des journalistes font irruption.
Journaliste : Mlle Parlo, s’il vous plait. Pourquoi la Brigade de l’Eclair a enlevé votre grand-mère ?
Julie : Nous n’en avons aucune idée.
Journaliste : Fait elle de la politique ? Est elle une activiste ?
Julie : Elle, une activiste ? Non, non, non. Ma grand-mère ne vote même pas. D’autre part, Adrien Monk, qui est le plus respecté de tous les détectives de San Francisco, pense que les membres de cette Brigade n’ont rien à voir la dedans.
Journaliste : La police semble de plus se préoccuper de cette affaire qu’elle définit comme une mauvaise blague. Qu’avez-vous à répondre ?
Julie : Hé bien, Adrien Monk continue d’enquêter et lui ne laissera pas tomber avant d’avoir retrouvé la personne ou les personnes responsables d’avoir commis cet horrible acte criminel.
Journaliste : Merci, Mlle Tarlo.
Le soir, Monk et Sharona rejoignent Julie à la bibliothèque de la Fac. Julie présente Monk à son groupe de travail.
Julie : Adrien Monk, Sharona Fleming, voici mon groupe de travail. Edie Rusher.
Edie : Bonsoir.
Julie : Tom Burton et Sasha Gordon.
Tom : Bonsoir.
Sharona : Vous faites vos études en espagnol ?
Tom : Oui exactement. Je passe mes prochains partiels de droit au Pérou. La bas, on répond vrai ou faux.
Monk : Vous avez pensé que vous n’aurez la possibilité de ne pratiquer qu’au Pérou ?
Tom : Ha zut !
Sharona : Est-ce que l’un de vous a déjà une expérience professionnelle dans le domaine de la loi et de la justice ?
Julie : Hé bien, nous avons tous travaillé comme bénévoles l’an dernier.
Sasha : Nous avons tous été assistants dans deux affaires de peine de mort. Les dossiers Sal Dickerson et Bill Jansen.
Monk : Dickerson et Jansen ? Ils n’ont pas été …
Sasha : Oui et ils me manquent tous les jours et c’est comme ça qu’on apprend, en commettant des erreurs. Maintenant on sait que lorsqu’on demande un sursis il faut toujours faire attention à tenir compte de l’horaire d’été. Vous comprenez ?
Tom : Le droit est difficile, Monsieur Monk. Regardez tous ces bouquins. Et il y en a beaucoup plus dans les étages.
Monk : Et si on parlait de mon retour dans la police. Vous avez vraiment parlé en personne au Professeur Emory, Eugène Emory ?
Julie : Oui, absolument. Ce sont les notes qu’il nous a donné. Le Professeur Emory dit qu’on ne peut pas échouer.
Monk : On ne peut pas échouer.
Julie : Voila comment on va procéder …
Julie les entraine à l’écart, ils ne remarquent pas qu’ils sont observés.
Julie : Voila comment on va procéder. On attaque les services de police en utilisant l’article 1, alinés 102B.
Edie : Donc, l’ADH proscrit toute discrimination à l’encontre d’un individu qualifié dans le milieu du travail, cela concerne l’avancement, ainsi que l’embauche et le renvoi définitif d’un employé.
Sharona : L’ADH ?
Tom : L’Association pour les Handicapés. C’est un texte de loi de 1999.
Monk : Alors vous me considérez …
Edie : Hé bien, c’est une chance pour vous, vos phobies et vos gestes obsessionnels, tout a été répertorié, alors vous devriez récupérer votre plaque dès la semaine prochaine.
Sasha : Tout ce que vous aurez à faire, c’est réussir le test.
Tom : Il est très simple, ce ne sont que vingt à trente questions à propos de la procédure policière. C’est une formalité sans difficulté.
Julie : C’est à vous de décider. Est-ce que oui ou non, on envoie le dossier ?
Monk : Est-ce que je suis handicapé ?
Sharona : Hé bien, si c’est le seul moyen de réussir ? Qu’en penses tu ?
Monk : C’est entendu, allez y.
La bibliothécaire : Excusez moi, êtes vous Adrien Monk ?
Monk : Oui.
La bibliothécaire : Un Monsieur m’a chargée de vous remettre ceci.Monk prend un message qui lui demande de ne pas faire confiance aux étudiants et de se rendre seul au troisième étage.
En le rejoignant, Sharona lui fait peur.
Monk : J’ai cru que tu … Il a dit de venir seul sur le message.
Sharona : Hé bien, tu ne seras jamais aussi seul que maintenant. Alors, où est il ?
Monk : Je n’en sais rien.
Sharona : Seigneur ! cette pièce me donne la chair de poule. Tu sais, je pense qu’on devrait redescendre.
Monk : Attends.
Sharona : Tu veux bien oublier le livre ? Il y a des bibliothécaires pour ça.
Monk : Attends, ça ne prendra qu’une seconde.
Alors qu’il remet un livre en place dans l’une des gondoles, quelqu’un entre dans la pièce et en poussant la première étagère, fait tomber les suivantes les unes après les autres, jusqu’à celle où Monk est entré. Monk se retrouve enseveli sous une pile de livres.
Sharona : Mon Dieu ! Adrien ? Adrien !
Monk : Tu veux bien m’aider ?
Sharona : Mon Dieu, Adrien ! Accroche toi, ne lache pas !
Monk est resté accroché à la rampe d’éclairage, les jambes pendant dans le vide.
Monk : Ne lache pas, c’est un excellent conseil. Je devrais le noter quelque part avant de l’oublier.
Plus tard, chez les Parlo, Sharona aide Monk à réviser.
Sharona : Ne t’inquiète pas, ça ne prendra qu’une minute. Bon, j’ai une autre question. Un homme bloque l’entrée principale d’un magasin. Quelles sont les charges retenues contre lui ?
Monk : Obstruction à l’accès d’un lieu public.
Sharona : Exact. l ‘examen pratiqué pour déterminer si une arme est …
Monk : L’arme est testée à la paraffine. Toutes les questions de l’examen sont aussi faciles ?
Sharona : Oh je crois que oui. C’est le fascicule fourni pour la préparation.
Monk : Je suis de retour, bébé. J’ai fait nettoyer mon uniforme, il sort du pressing.
Sharona : Tu ne crois pas que c’est un peu prématuré ?
Monk : Ce n’est pas prématuré, l’instant est parfaitement bien choisi. Sharona, je reprends du service.
Julie arrive avec sa grand-mère.
Julie : Regardez qui est réveillée. Vous êtes prêt pour les tests ?
Monk : Les doigts dans le nez.
Sharona : Mme Parlo, comment vous sentez vous ?
Mme Parlo : Ne vous en faites pas pour moi. J’ai appris ce qu’il s’était passé à la bibliothèque, Monsieur Monk.
Monk : Ça veut dire qu’on se rapproche, quelqu’un devient nerveux Madame Parlo. Je voudrais découvrir l’endroit très exact où ces gens vous ont conduite. Sharona, sors la carte.
Mme Parlo : Comme je l’ai dit au chef de la police, lorsqu’ils m’ont interrogée, je ne ôurrai pas vous être d’un grand secours parce que j’avais une couverture sur la tête qui me cachait la vue.
Monk : Peut être qu’on pourra le retrouver d’une autre façon.
Sharona : On est ici. Qu’est-ce que tu fais ?
Monk : Je défroisse un petit peu cette carte. De quoi vous vous rappelez par rapport au trajet jusqu’à chez eux.
Mme Parlo : Je l’ai déjà dit, j’étais sous une couverture, je n’ai rien vu du tout.
Monk : Avez-vous entendu quelque chose ?
Mme Parlo : Non, désolée. Je n’ai rien entendu.
Monk : Vous n’avez rien senti non plus ?
Mme Parlo : Vous savez, maintenant que vous le dites, j’ai très bien senti une forte odeur de pain chaud.
Monk : Du pain ?
Julie : Mais oui, il y a une grande boulangerie, plus loin, sur Claxton Boulevard. Quand on passe devant ça sent le pain chaud.
Mme Parlo : Et ensuite, on s’est arrêtés pendant environ quatre ou peut être cinq minutes.
Monk : Pourquoi aussi longtemps ?
Sharona : Ils ont peut être fait le plein ?
Monk : Ou à cause d’un pont basculant ?
Sharona : C’est vrai, le pont de la Troisième rue qui traverse le canal. Et quelques minutes plus tard, nous sommes enfin arrivés chez eux. Et je suis sure d’une chose, il était exactement huit heures.
Sharona : Comment vous le savez ?
Mme Parlo : Ma montre a bipé. Je la fais sonner à huit heures pour ne pas oublier de prendre mes pilules pour le cœur. Et j’ai noté qu’il pleuvait.
Sharona : Vous en êtes sure ? il y a eu du soleil toute la semaine.
Mme Parlo : Ecoutez ma jolie, je crois que je suis assez grande pour savoir quand il pleut. J’ai senti qu’il pleuvait lorsque ces gens m’ont transportée de la voiture jusque dans la maison. Ça sentait aussi aux pastilles contre le rhume.
Julie : Contre le rhume ?
Mme Parlo : Je sais reconnaitre l’odeur des pastilles contre le mal de toux.
Monk : L’eucalyptus. Ce sont des pastilles à l’eucalyptus.
Ils font le trajet en voiture.
Monk : Voilà la grande boulangerie. Tourne ici. Je te dis de tourner !
Sharona : Tu veux bien te détendre ? Je tourne.
Monk : Très bien, Voila le pont à bascule. Arrête la voiture, il n’a pas fini de descendre, arrête !
Sharona : Tu veux prendre le volant ?
Monk : Non tu t’en sors très bien.
Sharona : On doit être dans le bon secteur. Je sens l’eucalyptus. C’est quelle maison ?
Monk : Nous allons le savoir dans quelques secondes.
Sharona : Ha bon, comment ça ?
Monk : Mme Parlo nous a dit qu’il pleuvait et qu’il était très exactement huit heures. Mais ce qu’elle a senti, ce n’était pas la pluie, c’était plutôt cet arrosage automatique.
Il montre un arrosage qui vient de se déclencher.
Sharona : C’est la maison qu’on cherche ?
Les arrosages de plusieurs maisons se déclenchent en même temps.
Sharona : C’est laquelle ? Génial !
Monk : C’est celle là ! Elle nous a parlé de pizzas, souviens toi.
Sharona : Tu feras un bon policier, je n’en doute pas. Et maintenant ?
Monk : Bon, maintenant on va prendre des photos de ceux qui franchiront la porte de cette maison. Mme Parlo a dit qu’elle connaissait leur voix. Alors peut être qu’elle reconnaitra leur visage.
Sharona : Mais comment tu vas les prendre en photo ?
Monk : Je n’en sais rien. Si tu essayais de trouver une solution pour ça, j’ai trouvé pour l’arrosage et les cartons de pizzas.
Sharona : Bon alors maintenant c’est chacun son tour ?
Monk : Oui, maintenant, c’est chacun son tour.
Sharona : Depuis quand ?
Monk : C’est la nouvelle politique. Tu n’as pas reçu mon mémo ?
Sharona : Reste dans la voiture. Je vais t’en envoyer un de mémo.
Monk : Qu’est-ce que tu as dit ?
Sharona : Rien du tout !
Monk : J’avais cru entendre le mot « mémo ».
Sharona : Tu restes ici, tu révises les questions du test.
Sharona se dirige vers la voiture garée devant la maison et la secoue, l’alarme retentit. Elle revient en courant vers Monk.
Sharona : Prépare l’appareil photo.
Un couple, les Maloney, sort.
Carol : Harold, que se passe t’il ?
Harold : Rien du tout, ça a du se déclencher tout seul. La fabrication allemande, que dalle. Tu vois, il n’y a rien. On y va.
Monk a pris plusieurs clichés qu’il montre à Mme Parlo.
Mme Parlo : Tiens donc ! J’aurais pu faire le rapprochement.
Monk : Est-ce que vous les reconnaissez ?
Mme Parlo : Oh oui ! ils sont venus chez nous, c’était la semaine dernière. Tu te rappelles ? Ils sont venus ici pour le chat.
Julie : Il y a deux semaines, grand-mère a recueilli un chat qui trainait dans la rue. On ignorait à qui il appartenait, il n’avait pas de collier.
Mme Parlo : On était très inquietes pour lui.
Julie : J’ai préparé quelques affiches que j’ai placardé un peu partout et le lendemain, un couple nous a appelées.
Monk : Harold et Carol Maloney. Ils ont une boutique d’antiquités sur Grannis Boulevard.
Sharona : C’est à quelques patés de maisons.
Mme Parlo : J’avais remarqué qu’il y avait quelque chose de sournois chez ces gens là. Vous savez où est-ce que j’aurais pu leur mettre un grand coup de pied ?
Julie : Je crois que nous le savons. Leur chat avait disparu quelques jours auparavant, alors ils sont passés nous voir mais ce n’était pas le leur.
Monk : C’est tout ? Ils ont seulement regardé le chat ?
Sharona : Est-ce qu’ils ont dit quelque chose de bizarre ?
Julie : Non, ils ne sont restés que quelques minutes.
Mme Parlo : On ne les a jamais revus.
Julie : Monsieur Monk, je n’y comprends rien. Ces gens là vendent des antiquités et nous n’en avons pas. Alors pourquoi enlever ma grand-mère ? Et c’était quoi cette idiotie de distribuer de la dinde aux SDF ?
Monk : Je n’en sais rien pour l’instant.
Sharona : Si on contactait le Capitaine ?
Monk : Nous allons attendre jusqu’à demain. J’aurai plus d’influence d’ici là.
Mme Parlo : De quoi vous parlez ?
Monk : Grace à votre petite fille, à cette même heure demain, je reprendrai du service.
Le lendemain, Monk entre dans la pièce où il doit passer le test.
Sergent : Asseyez vous. Vous avez trente minutes pour répondre à cinquante questions. Assurez vous de bien remplir les petits cercles. Il faut que l’ordinateur puisse les lire.
Monk : Et si je finis plut tôt ?
Sergent : Vous pourrez relire vos réponses.
Monk : Je ne pense pas que ce sera nécessaire.
Sergent : Est-ce que vous êtes prêt ? Allez y. Bonne chance.
Le premier problème de Monk est de choisir le crayon avec lequel il remplira les cercles.
Monk : S’il vous plait !
Sergent : Oui ?
Monk : Pouvez vous retirer un de ces deux crayons de la table ?
Sergent : Pourquoi ?
Monk : Je ne peux pas en avoir deux. C’est assez perturbant.
Sergent : Lequel ?
Monk : Celui là. Attendez. Non, celui qui est là. Oui. Attendez, vous feriez mieux de choisir.
Sergent : Si vous voulez. Ça vous va ?
Monk : Merci. Un jour je ferai la même chose pour vous.
Sergent : D’accord.
Monk prend le crayon mais pas assez pointu à son gout, il prend le taille crayons. Une fois le crayon taillé, il doit vider le réservoir du taille crayons, sous les yeux étonnés du sergent qui supervise le test.
Sergent : Vous n’avez qu’une demi heure.
Monk : Sans problème.
Enfin prêt, il s’applique à remplir les cercles sans dépasser. Il gomme mais il fait une trace sur le papier. Il s’énerve et n’arrive pas à rester à l’intérieur du cercle. A force de gommer il déchire la feuille. Il lève la main.
Sergent : Vous avez fini ?
Monk : Je voudrais une autre feuille. Celle-ci a un trou.
Sergent : Voilà.
Monk : Maintenant, ça ira.
Il recommence avec le taille crayons. Plus tard au commissariat.
Disher : Monk, ouvrez !
Stottlemeyer : Où est il ?
Disher : Il s’est enfermé la dedans.
Stottlemeyer : Dans mon bureau ? Il va sortir tout de suite. Hé Monk, ouvrez la porte. Ne me dites rien. Il n’a pas réussi le test, c’est ça ?
Sharona : Il n’a pas tout à fait terminé.
Stottlemeyer : Jusqu’où est il allé ?
Sharona : Il n’a répondu qu’à une question.
Disher : Encore, encore et encore.
Stottlemeyer : Qu’est-ce que c’est ?
Sharona : Son bout de crayon. Adrien, tu repasseras ce test un autre jour.
Monk : Je ne réussirai jamais
Stottlemeyer : Hé Monk (à un sergent) allez me chercher une autre clé. Monk écoutez moi. Je suis sur que vous avez raté ce test volontairement parce que vous refusez de récupérer votre plaque grace à un texte de loi, c’est exact ? Vous voulez la gagner. Vous la gagnerez. Adrien, vous la gagnerez et vous serez à nouveau un bon flic, comme vous l’étiez autrefois et vous le ferez en utilisant la bonne méthode et je vous respecte pour avoir fait ce choix. Maintenant ouvrez cette porte, Monk ! vous vous dépêchez d’ouvrir cette maudite porte. Attention, vous avez jusqu’à trois.
Monk : Du matin ou de l’après midi ?
Stottlemeyer : Vous avez jusqu’à trois ! Espèce d’idiot … Je veux dire … Un ! deux ! … Qu’est-ce que c’est ?
Disher : On dirait votre chaise.
Stottlemeyer : Monk ! Cette chaise appartenait à mon père ! Faites attention, Monk, si elle a la moindre rayure, je ne vous le pardonnerai jamais. Monk, prenez soin de cette chaise. Enlevez cette chaise, Monk.
Il ouvre enfin la porte.
Sharona : Est-ce que ça va ?
Monk : Vous avez dit « faites attention » parce que vous aimez cette chaise.
Stottlemeyer : Oui, c’est exact.
Monk : Les kidnappeurs ont dit « fais attention » quand ils portaient Mme Parlo en dehors de chez elle. Ils ne se souciaient pas d’elle, ils se faisaient plus de souci pour la chaise.
Disher : Quelle chaise ?
Monk : La chaise sur laquelle elle était attachée c’est de ça qu’il s’agit tout simplement.
Plus tard, chez les antiquaires.
Julie : C’est la chaise de ma grand mère. Je la reconnais.
Harold : Elle vous raconte des salades. Beaucoup de gens mentent pour des pièces comme celle-ci à longueur de temps.
Sharona : Vous aimez l’opéra ?
Carol : Oui, nous adorons ça. Serait-ce un crime ?
Sharona : Ça se peut.
Harold : Capitaine ! S’il vous plait !
Stottlemeyer : Parlez moi un peu de cette chaise, M. Maloney.
Harold : Avec grand plaisir. C’est une Windsor d’époque fabriquée en 1774. Les antiquaires cherchent toute leur vie une pièce de cette qualité.
Carol : Sur le dossier, vous noterez l’estampillage de la ville de Monticello.
Harold : Cette chaise est un chef d’œuvre qui a été pensé et dessiné par Thomas Jefferson, d’autre part, nous avons des preuves du fait que Jefferson était assis sur cette même chaise lorsqu’il a rédigé le brouillon de la Déclaration d’Indépendance.
Disher : Est-ce qu’elle pivote ?
Stottlemeyer : Et combien est-ce qu’elle vaut ?
Harold : Deux, peut être même deux et demi.
Disher : Millions ?
Harold : Oui, Lieutenant. Deux millions. Nous le saurons la semaine prochaine lors de la vente aux enchères. Et je ne crois pas que ce sera l’un d’entre vous qui fera monter les enchères.
Stottlemeyer : Où l’avez-vous eue ?
Julie : Je vais vous le dire où ils l’ont eue, ils l’ont volée à ma grand-mère.
Monk : Elle a raison. Votre chat s’est enfui et vous avez vu les affiches alors vous les avez contactées et vous êtes venus chez elles. Et c’est là que vous avez vu la chaise. Vous avez du la reconnaitre tout de suite mais comment faire ? Vous ne pouviez pas proposer de l’acheter, elles auraient pu la faire estimer et alors ça aurait tout gaché
Sharona : Et vous ne pouviez pas la voler, la police l’aurait cherchée et vous n’auriez jamais pu la vendre.
Monk : Alors, vous avez eu une idée, une idée brillante ! vous avez kidnappé Mme Parlo, en la sortant de chez elle assise sur la fameuse chaise et vous avez fait une demande de rançon ridicule puis vous l’avez relâchée. Vous vous êtes dit que tout le monde serait si heureux d’avoir retrouvé le Mamie en bonne santé, que personne n’irait jamais pensé à la disparition de la chaise.
Harold : Préparez vous à être déçu Monsieur Monk, je peux vous prouver ma bonne foi. Regardez, j’ai une facture.
Carol : Nous avons acheté cette chaise il y a quatre ans à un homme de Baton Rouge. Le pauvre ne savait même pas sur quoi il était assis.
Harold : Littéralement.
Julie : Je parie que c’est une fausse facture. Faux et usage de faux c’est un délit sérieux. En effet, c’est un délit de classe C. B ou C peu importe.
Harold : Je suis désolé mais vous devrez vous contenter de sa signature puisque celui qui nous l’a vendue est mort depuis.
Sharona : Voyons, si ce n’est pas de la chance !
Harold : Pouvez vous prouver que cette chaise est bien la votre jeune fille ? Non ? intéressant. Alors jusqu’à ce que vous ayez quelque chose de nouveau je vous suggère de partir. Bien, on passe à table.
Ils sortent tous de la maison.
Sharona : Ça aurait pu mieux se passer.
Julie : On ne peut rien faire du tout ?
Stottlemeyer : Je ne peux pas les interroger officiellement sauf si vous avez quelque chose qui peut vous aider à prouver que cette chaise est à vous.
Disher : Vous n’avez aucun papier ?
Julie : Non, grand-mère l’a achetée dans un marché aux puces il y a vingt ans et elle ne se souvient même plus où c’était.
Sharona : Vous n’avez pas de photo ?
Julie : J’ai vérifié dans tous les albums , on n’a rien.
Monk : Attendez une minute. Ecoutez. Ecoutez vous, vous n’éternuez plus. Vous n’avez pas éternué depuis qu’on est arrivé ici.
Disher : C’est vrai, il a raison.
Monk : Les Maloney ont dit qu’ils avaient un chat qui s’était enfui et que c’était pour ça qu’ils étaient allés chez Julie.
Julie : Oui, c’est exact.
Monk : C’est faux. Ils n’ont jamais eu de chat. Sinon vous n’auriez pas arrêté d’éternue Lieutenant.
Disher : Il a raison.
Julie : Je suis perdue. C’est une question d’habitude.
Stottlemeyer : Si les Maloney n’ont jamais eu de chat, pourquoi sont ils venus chez vous ? ça ne tient pas la route.
Monk : Parce qu’ils savaient pour la chaise ancienne, d’une façon ou d’une autre. Vous avez un exemplaire de votre affiche ?
Julie : Je pense que oui.
Stottlemeyer : Merci.
Stottlemeyer montre la photo du chat perdu sur la chaise de Mme Parlo.
Stottlemeyer : C’est la plus belle photo que j’aie jamais vu.
Ils retournent vers la maison.
Stottlemeyer : Bonsoir tout le monde. Vous vous rappelez de nous ? Je me demandais si on pouvait vous déranger encore un peu.
Sharona : Félicitations, c’est grace à vous qu’on a résolu cette affaire.
Disher : Oui. Il m’arrive d’être utile.
Julie reste sur le perron et sort son téléphone.
Julie : Allo ? Mamie c’est moi ! Devine quoi ? J’abandonne les études de droit. Je m’offre ma propre boulangerie. Oui, on a de quoi l’acheter. On va pouvoir acheter tout ce que l’on veut.Je t’adore, mamie.
Monk range tristement son uniforme dans un tiroir, sous l’œil de Sharona. Il sort de la pièce et Sharona s’empresse de replacer l’uniforme dans son armoire.
Rédigé par mamynicky