2.12 – Monk fait du cinéma
Des fans et des paparazzis d’un acteur se sont regroupés devant sa maison. A l’intérieur, ferme les rideaux.
Paparazzi 1 : Salut !
Paparazzi 2 : Comment allez vous les gars ?
Susan : Qu’est-ce que tu fais ? Laisse ouvert, je préfère.
Brad : Non, quelqu’un pourrait me voir. Bon, allez, il va falloir que j’y aille. Je te remercie encore de m’avoir hébergé. Tu es la meilleure ex-femme dont on puisse rêver.
Susan : En parlant de ça, je compte sur toi pour me donner l’argent qui me reviendra.
Brad : Ne t’inquiète pas, Susan.
Susan : Je préfèrerais qu’on évite les avocats.
Brad : Tu auras ton argent, c’est promis.
Susan entame sa routine de yoga. Brad prépare ses affaires pour sortir.
Susan : Ce n’est pas une petite somme, Brad. Au moins dix millions de dollars.
Brad : Mon avocat va t’appeler dans l’après midi, d’accord ? Je te remercie encore.
Il sort et s’arrête sur le perron. Il appelle Susan qui le rejoint un petit moment. Susan retourne à l’intérieur, Brad reste derrière la grille du portail pour répondre aux questions.
Paparazzi : Monsieur Terry !
Un fan : Brad !
Brad : Susan, tu peux venir une seconde ?
Susan : Je suis occupée. J’ai commencé ma gym !
Brad : S’il te plait, il n’y en a pas pour longtemps.
Susan : Mais comment ils ont fait pour te trouver ?
Brad : Si jamais ils pénètrent sur ta propriété, appelle la police.
Susan : D’accord.
Brad : Merci.
Un fan : Brad !
Salut Gina, écoutez soyez gentils, laissez mon ex-femme tranquille. Elle n’a rien à voir avec toutes ces histoires. Je veux bien répondre à quelques questions si vous la laissez tranquille, d’accord ?
Paparazzi : Brad, pourquoi avoir tabassé ce barman ?
Non, non, non. Je n’ai tabassé personne. C’est un malentendu.
Paparazzi 2 : Vous aviez bu ? J’étais dans un bar, Eric. Oui, j’ai bu, un verre ou deux. J’ai mangé des cacahuètes aussi. Ecoutez, il faut que j’aille travailler mais je vous en supplie, n’entrez pas sur la propriété et laissez Susan tranquille. Ce serait vraiment sympa de votre part.
A cet instant, on entend Susan crier. Brad retourne précipitamment dans la maison. Les curieux restent à l’extérieur, bloqués par le portail.
Susan : Aaaah ! Qu’est-ce que vous faites ?
Brad : Susan ?
Paparazzi : Brad, qu’est-ce que c’est ?
Brad réapparait sur le perron, le T-shirt taché de sang. La grille s’ouvre, les paparazzis se précipitent. Susan est couchée sur son tapis de gym, sur lequel une tache de sang s’étale. Les paparazzi s’en donnent à cœur joie et mitraillent la pièce de leurs appareils.
Brad : Que quelqu’un appelle la police ! On l’a poignardée !
Paparazzi : Ouvrez la grille ! Allez ! Entrez !
Brad : Quelqu’un a fait du secourisme ? Il faut lui donner les premiers soins ou je ne sais quoi. Je vous en prie, est-ce que quelqu’un peut m’aider ? Elle a perdu beaucoup de sang.
Brad : (au téléphone) Bonjour, ici Brad Terry. J’ai besoin d’une ambulance ! Oui, merci. Au 2245 Hadley Lane. Mon ex-femme … elle a été poignardée. Elle saigne beaucoup. Je crois qu’elle est morte ! Non, non, je ne quitte pas.
La police et les reporters ont envahi la propriété quand Monk et Sharona arrivent. Une fan essaie de les suivre, ais elle est arrêtée par la police.
Reporter : Cette semaine a été terrible pour Brat Terry, de la série télévisée « Labo Criminel ». Il y a deux jours de ça, Brad a été arrêté pour avoir frappé un serveur. Ce matin, son ex-femme, la comédienne Susan Malloy a été assassinée pendant que Brad se trouvait devant la maison en train de discuter avec des journalistes.
Sharona : Adrien, de quoi j’ai l’air ?
Monk : C’est une scène de crime, Sharona, c’est pas un bal de promo.
Sharona : Oui mais c’est l’ex-femme de Brad Terry, il pourrait être encore là. J’ai quelque chose entre les dents ? Bon, laisse tomber. Allez dépêche toi, viens !
Reporter : Les paparazzis se trouvaient donc là pour …
Marci : Attendez, excusez moi ! Est-ce que vous allez voir Brad ?
Sharona : Oui.
Marci : Approchez ! J’ai quelque chose à vous demander. Ce ne sera pas long.
Monk : Sharona !
Marci : C’est seulement une pétition pour que les producteurs remettent l’ancien générique.
Sharona : Oh, mon Dieu, je déteste le nouveau générique.
Marci : Moi aussi. La série était tellement parfaite. C’était la perfection, n’est-ce pas ?
Sharona : C’est vrai, c’était tout simplement parfait.
Marci : Pourquoi ils ne laissent pas les choses comme elles sont ?
Sharona : Je ne sais pas.
Marci : Dites à Brad que ça vient de Marci. Il s’agit de moi. M comme Marci.
Sharona : Marci, d’accord.
Marci : Oui, il me connait bien.
Sharona : Entendu, je vous promets de lui dire.
Monk : Allez, dépêche toi !
Marci : Ne la pliez pas !
Stottlemeyer : N’oubliez pas, les gars, on passe tout au peigne fin. Dylan, prenez deux agents, allez questionnez les voisins. Et n’envoyez rien au Bureau Principal avant que j’aie pu y jeter un œil.
Brad : Je suis content que vous soyez sur l’affaire, Capitaine. Je me sens un peu ridicule en vous voyant faire pour de vrai ce que moi je joue.
Stottlemeyer : J’ai regardé votre série. C’est plutôt bien.
Brad : Vous trouvez ?
Stottlemeyer : Oui.
Brad : Je dois avouer que venant de vous c’est un compliment qui me va droit au cœur, Capitaine.
Sharona : Oh, il est là bas. Tu le vois ? Le plus grand détective de San Francisco.
Monk : D’accord, tu es au courant-que ça n’est pas la réalité, Sharona ? C’est ce qu’on appelle une fiction.
Sharona : Je vais aller lui parler. … Monsieur Terry ? Bonjour. Je vous présente toutes mes condoléances. Je m’appelle Sharona Fleming, l’assistante d’Adrien Monk.
Brad : Le consultant, c’est ça ?
Sharona : Oui. Je peux faire quelque chose pour vous ?
Brad : Non, je pense que je ne me rends pas encore bien compte.
Sharona : Tenez, ceci est pour vous. C’est une personne dehors qui me l’a donnée. C’est une pétition contre le nouveau générique.
Brad : Oui, je sais que tout le monde l’a en horreur ? Je suis le seul à l’apprécier.
Sharona : Non, je l’aime beaucoup moi aussi. C’est une excellente chanson, je la chante à longueur de journée.
Brad : Ça vient de Marci, hein ? Marci Maven. Je la connais, elle me suit partout. Elle est un peu dérangée.
Monk : Donc, ils étaient divorcés ?
Disher : Qui ?
Monk : Brad Terry et la victime.
Disher : Oui, depuis trois ans. Mais ils étaient restés bons amis. Hé oui, c’est ça le show bizz. L’ex-mari était venu se cacher ici depuis deux jours.
Monk : Se cacher ? De qui ?
Disher : Des paparazzis. A cause de l’histoire avec le serveur, ça a fait beaucoup de bruit. Pourquoi ça tourne encore ce truc ? (il éteint la télévision)
Monk : Vous dites qu’elle faisait sa gymnastique ?
Disher : Oui, sur son tapis de sol ici. L’assassin est passé par derrière, il s’est approché et l’a poignardée à trois reprises : cou, poitrine et dos. Rien de spécial à propos de l’arme. Un couteau de camping banal. Venez voir un truc. Il est entré par là.
Monk : Comment il va ?
Stottlemeyer : Ça a l’air d’aller. Je l’aime bien. Un type normal, comme vous et moi. Ou vous.
Monk : Ou moi. Vous croyez qu’il a un mobile ?
Stottlemeyer : Qui ? Brad Terry ? Non, je ne crois pas. Pas d’enfant, pas de pension. De toute façon, ce n’est pas lui, il était devant avec les journalistes. Il y a dix témoins avec des caméras.
Disher : L’assassin a cassé cette vitre, ouvert la porte, fait son truc et reparti par là.
Monk : Il y a du verre dans le chambranle, directement sous la porte.
Disher : Oui, et alors ?
Monk : Je crois que la porte était ouverte quand on a cassé la vitre.
Stottlemeyer : Ou alors le meurtrier a cogné dans la porte en s’enfuyant.
Monk : Et le jardin donne sur la rue, c’est ça ?
Stottlemeyer : Hé, Brad, je voudrais vous présenter Adrien Monk, le consultant qui travaille avec nous.
Monk : Mes plus sincères condoléances.
Brad : Merci.
Monk : J’ai cru comprendre que vous étiez acteur ?
Sharona : Oh, ne vous sentez pas insulté par ce qu’il vient de dire. Il ne connait absolument personne.
Brad : Non, rien ne l’oblige à regarder ma série. C’est ce qu’il vit, n’est-ce pas ?
Monk : Hé bien, pas vraiment. Non, enfin, peut être. Oui, on peut le dire. Je n’ai que quelques questions à vous poser. C’est votre voiture qui est garée devant la maison ?
Brad : Oui.
Monk : Je me demandais une chose, pourquoi avoir mis votre véhicule là, si vous ne vouliez pas qu’on sache où vous étiez ?
Brad : C’est une excellente question. C’est Susan qui l’a conduite en dernier. Elle a du oublier de la rentrer.
Sharona : Parfaitement.
Stottlemeyer : Oui.
Disher : Qu’est-ce que vous en dites, Monk ?
Monk et Sharona enquêtent dans le bar où Brad a causé une bataille.
Barman : Qu’est-ce que je vous sers ?
Monk : Rien pour moi, merci.
Sharona : Juste un peu d’eau.
Monk : Seriez vous Dustin Sheers ?
Barman : Oui.
Monk : Nous collaborons avec la police sur l’affaire Brad Terry.
Sharona : Combien est-ce que je vous dois ?
Barman : Rien du tout.
Monk : Il parait que Monsieur Terry est venu ici dans la semaine et qu’il y a eu une bagarre.
Barman : La dispute qui a fait ma célébrité ? Enfin, c’était un peu plus qu’une petite dispute.
Sharona : La raison de cette bagarre ?
Barman : Aucune. Je lui ai dit que je n’avais jamais vu sa série et il a disjoncté. Il a sauté sur le comptoir et il est devenu dingue.
Monk : Excusez moi, finalement, je vais prendre un scotch s’il vous plait.
Barman : C’est vingt dollars.
Monk : Non, non, non. Pas la bouteille, je veux juste un verre.
Barman : Oui, c’est vingt dollars. C’est le meilleur qu’on sert ici.
Sharona : Mais qu’est-ce que tu fais ? Tu ne bois jamais. Oh, d’accord, je vois. Tu as perdu vingt dollars pour qu’elles soient au même niveau. Génial.
Monk : (à un client) Vous le voulez ?
Client : Un peu, oui.
Monk : Est-ce que Monsieur Terry était ivre ?
Barman : J’imagine, sinon comment expliquer ça ?
Client : Je peux avoir un verre d’eau s’il vous plait ?
Sharona : Vous n’allez pas porter plainte ?
Barman : Je l’ai envisagé mais finalement, après ce qui est arrivé à son ex- femme, je crois qu’il en bave assez comme ça.
Monk : Je veux un autre scotch. (il pose un billet de 20 $ sur le comptoir et fait signe au client de prendre son verre).
Client : Vous permettez.
Barman : Et j’avoue que je me sens mal à l’aise, avant que les flics n’arrivent, il m’a refilé un chèque de deux mille dollars.
Sharona : Il lui a fait un chèque !
Monk : C’est le chèque ?
Barman : Oui, c’est le chèque. Je ne sais pas si je dois l’encaisser ou l’encadrer.
Sharona : Qu’est-ce qu’il y a ?
Monk : Regarde l’écriture.
Sharona : Oui, elle est très belle.
Monk : Je ne sais pas si elle est belle, mais elle est parfaite. Il a écrit en suivant très bien la ligne. Je ne crois pas qu’il était ivre à ce moment là.
Sharona : Pourquoi une star comme lui ferait semblant d’être ivre ? Je t’en prie.
Client : Je vais reprendre un peu d’eau. Je peux avoir un grand verre ?
Monk et Sharona continuent leur enquête aux studios de tournage de la série qu’ils visitent en compagnie de Laurie.
Laurie : La bas, c’est la salle des montages. Là, de ce coté c’est le coin des costumiers.
Sharona : Les comédiens ont le droit de garder les costumes ?
Laurie : Normalement non, mais parfois, si.
Monk : Est-ce que vous pourriez ralentir un peu, je vous prie.
Laurie : Je ne crois pas que je puisse rouler moins vite.
Monk : Je m’étonne que Brad Terry vienne travailler aujourd’hui après ce qu’il s’est passé.
Laurie : Dans ce métier, on n’arrête jamais, quoi qu’il puisse arriver. On doit tourner vingt six épisodes dans l’année. Brad ne nous laisserait pas tomber. Il est génial.
Sharona : C’est vrai qu’il est génial.
Monk : C’est évident. Dites donc, je n’arrive pas à trouver la ceinture de sécurité.
Laurie : Parce qu’il n’y en a pas besoin.
Monk : Elle dit qu’on n’en a pas besoin.
Laurie : Là, c’est le studio d’enregistrement. C’est là qu’on travaille le son de chaque épisode.
Sharona : C’est quelqu’un d’important ?
Laurie : Non, juste un scénariste.
Monk : Qu’est-ce que c’est que ça, vous fêtez la centième quoi ?
Laurie : On tourne le centième épisode cette semaine. C’est quelque chose de très important.
Monk : Ha bon, et pourquoi ?
Sharona : Après le centième épisode, il y a moins de taxes à payer, ça rapporte plus.
Laurie : Attention, voilà. On est arrivés.
Monk : Tant mieux.
Laurie : Il s’agit de la grosse porte qui se trouve à gauche.
Sharona : Merci beaucoup.
Laurie : Mais de rien, voyons. Au revoir !
Monk : Un appareil photo maintenant. Sharona ! Cet homme est soupçonné de meurtre.
Sharona : Brad Terry n’a assassiné personne.
Monk : Comment tu le sais ? Parce qu’il joue un type très bien dans une série télévisée ?
Sharona : Tony Danza n’a jamais tué personne. Ma sorcière bien aimée n’a jamais …
Monk : Je n’ai pas dit que tous les acteurs étaient des meurtriers, seulement que cet acteur là pouvait être un meurtrier.
Sharona : Est-ce que je dois être d’accord avec toi sur chaque affaire. Est-ce que c’est dans mon contrat ?
Monk : Mais non, pas du tout !
Sharona : Alors, tu as tort. Il n’a rien fait.
Ils se trouvent maintenant sur le plateau. Brad Terry joue son rôle aux cotés de Lee qui interprète un policier scientifique. Les caméras tournent.
Brad/Rusty : La porte était fermée de l’intérieur. La prostituée a du passer par l’escalier de secours.
Lee : J’ai relevé des traces de sang par ici.
J : Rusty, viens par ici.
Lee : Qu’est ce que tu as trouvé, J ?
J : Ça ressemble à une fibre.
Monk : Sur quelle planète se passe exactement la série ?
Sharona : chuuuut
Brad/Rusty : Non J, n’y touche pas. Lee, prends le spectroscope.
Monk : (en chuchotant pour Sharona) qu’est-ce que c’est que cette chose ?
Sharona : (en chuchotant) C’est le spectroscope. C’est avec ça qu’il résout les crimes. On devrait en trouver un.
Monk : Et pourquoi pas deux, on résoudrait deux fois plus d’affaires.
Lee : Il s’agit bien d’une fibre. Une sorte de polymère synthétique assez curieux.
Brad/Rusty : Lee, tu peux traduire, s’il te plait ?
Lee : Ce n’est pas fabriqué ici, on l’importe de Bolivie.
J : Le cartel de Santorin.
Monk : (en chuchotant pour Sharona) De Santorin ? mais ça se trouve en Grèce.
Brad : En quoi puis je vous aider, Monsieur Monk ?
Monk : Vous êtes en train de tourner le centième épisode, c’est bien ça ? Félicitations. C’est un jour important pour vous, non ?
Brad : Oui, j’ai travaillé dur pour en arriver là. J’y ai consacré toute ma vie.
Monk : Comment est-ce que ça marche ? Je sais que vous ne versiez pas de pension alimentaire à Susan, mais quand la série a été lancée, vous étiez encore mariés, non ?
Brad : En effet, oui.
Monk : Selon la loi californienne, elle aurait pu vous réclamer la moitié de l’argent des royalties.
Brad : Vous croyez tenir un mobile, n’est-ce pas, Monsieur Monk ? Je pourrais passer au détecteur de mensonges si vous voulez.
Monk : Oui, c’est une idée.
Brad : Quand vous voulez. Prévenez moi.
Sharona : Veuillez m’excuser. Vous permettez ?
Brad : Bien sur, approchez.
Sharona : Tu peux appuyer sur ce bouton s’il te plait ? Merci.
Brad : De rien.
Au commissariat, Monk et Stottlemeyer regardent la vidéo de Brad devant la maison de Susan.
Brad : J’étais dans un bar, Eric. Oui, j’avais bu un verre ou deux et j’ai mangé des cacahuètes.
Stottlemeyer : Ce truc est diffusé en boucle dans tous les journaux télévisés du pays. J’ai fait faire une analyse vocale par le labo. Il s’agit effectivement de la voix de Susan. On pense que l’assassin est un fan cinglé.
Disher : Moi je trouve que ça tient debout.
Sharona : Vous avez vu la femme dont on vous a parlé, Marci Maven ?
Disher : Non, pas encore, on est toujours à sa recherche.
Monk : Je me suis renseigné. Vous vous rendez compte qu’après le centième épisode, Brad Terry risque d’empocher plus d’une vingtaine de millions de dollars. Ça fait un mobile qui tient la route. Il n’a pas voulu partager avec son ex-femme.
Green : Messieurs, …
Stottlemeyer : Max Green, la machine à détecter. Alors, qu’est-ce que ça dit ?
Green : Si l’on en croit les graphiques, il est clean. C’est Mister Clean. Aucune réaction anormale.
Sharona : Tu vois ?
Stottlemeyer : Vous avez besoin de quoi encore ? Franchement, je crois que ça vous plait d’être seul contre tous.
Brad : Alors ? J’ai réussi ?
Stottlemeyer : Vous avez réussi. Haut la main.
Brad : J’avais révisé toute la nuit. Monsieur Monk, vous êtes satisfait ?
Monk : La machine n’est pas infaillible.
Brad : Mais vous non plus. Je vous ai observé, Monsieur Monk. On est comme ça, nous les acteurs, on s’imprègne comme des éponges. Je crois vous avoir cerné, ça donne quelque chose comme ça. Ce geste aussi, je ne sais pas à quoi il correspond et vous êtes très ordonné. Il faut que tout soit rangé impeccablement, un peu de maladresse avec et le doigt qui pointe, je ne sais pas pourquoi …
Monk : Non, non. C’est ridicule. Ce n’est pas moi du tout ça. Je ne suis pas du tout comme ça.
Sharona : Je t’en prie.
Brad : Au fait, on a prévu de donner une super fête pour le centième épisode ce soir. Je compte sur vous, Capitaine. A ce soir !
Stottlemeyer : Avec Plaisir.
Brad : Sharona, j’ai besoin de vous aussi. On risque d’être un petit peu chargés, une infirmière ne sera pas de trop.
Sharona : Oh, j’adore, aucun problème, j’y serai. Ça ne t’embete pas ?
Brad : Ne l’attendez pas, Monsieur Monk !
Monk : Non, allez y. Il ne reste plus que vous et moi.
Disher : Oui, De toute façon j’étais pris.
Brad : Euh, c’est comment votre nom déjà ?
Disher : Randy. Randy.
Brad : Randy, vous avez déjà fait l’acteur ?
Disher : Non.
Brad : Parce que vous avez une espèce d’énergie en vous, que je pense exploitable.
Disher : Exploitable ?
Brad : Venez à la fête. Je vous présenterai les gens du casting, d’accord ?
Disher : D’accord.
Monk reste seul devant le graphique du détecteur de mensonges. Plus tard, à la fête.
Organisateur : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, je vous demande d’applaudir nos trois vedettes. Applaudissez plus fort !
Brad : Nous voila, cent épisodes ! Pour être honnête, je ne croyais pas qu’on en ferait dix. Je voudrais tous vous remercier pour le soutien que vous m’avez apporté cette semaine. ‘horrible mort de Susan … a été pour moi une vraie tragédie et je voudrais tous vous remercier d’être restés près de moi tout ce temps, j’apprécie énormément. Vous étiez tous là pour m’aider et jamais je n’oublierai. Nous sommes une vraie famille, sauf que contrairement à beaucoup de familles, nous, on s’aime pour de vrai. Félicitations à tout le monde et allons nous saouler. Bravo !
Les participants se mettent à danser. Monk est tout seul chez lui, alors que Stottlemeyer est entouré de plusieurs jolies filles et que Disher se déhanche sur la piste de danse. Sharona ne quitte pas son appareil photos. La fan de Brad, Marci, se fraie un chemin vers son idole.
Stottlemeyer : A la télévison, on voit toujours un flic absolument seul dans sa voiture en train de poursuivre un suspect dans sa bagnole mais ça ne se passe jamais comme ça. Parce que, croyez le ou non, notre devoir c’est notre devise, servir et protéger.
Disher : Elle est géniale, cette fête hein ?
Sharona : Poussez vous ! Vous êtes dans le cadre ! Poussez vous !
Disher : Désolé ! Vous voulez dansez ?
Sharona : Je ne suis pas vraiment douée pour la danse.
Brad : Elle est là ! Bonsoir Sharona ;
Sharona : Bonsoir.
Brad : Comment ça va ? Vous voulez danser ?
Disher : Elle n’est pas douée pour la danse.
Brad : Ça ne fait rien, je vais lui apprendre. Donnez moi la main, allez. Ça, c’est de la réplique.
Marci : Ça va Brad ?
Brad : Tiens, Marci, qu’est-ce que tu fais là ?
Marci : Je me suis cachée dans les toilettes au premier.
Brad : J’ai été content de te voir.
Marci : Brad, hé, Brad, j’ai un truc très important à te dire, c’est urgent.
Disher : Salut, Marci ! Comment ça va ? Justement on vous cherchait. (Il l’entraine vers Stottlemeyer)
Marci : Il faut que je parle à Brad.
Stottlemeyer : Non, non, Marci. Vous allez discuter avec nous.
Marci : Attendez, je vous dis que je dois parler à Brad.
Stottlemeyer : Nous aussi.
Chez le Docteur Kroger.
Monk : Il arrive à tous les charmer. Un par un. C’est facile pour lui, c’est un acteur. Il ment pour gagner sa vie.
Dr Kroger : Oui, mais on peut dire aussi que les acteurs jouent la vérité, dans un sens.
Monk : Il y a eu une grande fête pour la centième hier soir. Tout le monde était invité.
Dr Kroger : Excepté vous. Et qu’avez-vous ressenti ?
Monk : Je me suis revu en sixième au collège. Il y avait ce garçon, Robbie Walover. C’était déjà un bel athlète et il était amusant, tout le monde l’aimait beaucoup et il avait invité tous ceux qu’il connaissait à sa fête d’anniversaire, sauf moi. Et voilà, ça recommence. Je me retrouve en sixième.
Dr Kroger : Robbie Walover. Il ne vivait pas sur Hillside Avenue ?
Monk : Si.
Dr Kroger : Je le connaissais. Ma mère et la sienne se connaissaient depuis longtemps.
Monk : Vous étiez à l’anniversaire ?
Dr Kroger : Oui.
Monk : Et c’était bien ?
Dr Kroger : Non, Adrien, non, ça ne sert à rien.
Monk : Non, allez y.
Dr Kroger : Bon, d’accord, si vous voulez savoir, alors oui, c’était vraiment bien. On est allés à Candlestick Park. J’ai croisé Willie Mays.
Le lendemain, au commissariat.
Stottlemeyer : Vous en avez mis du temps !
Sharona : Il fallait se garer en parallèle.
Stottlemeyer : Pendant vingt minutes ?
Monk : Oui, en parallèle, ça veut dire en parallèle, c’est pas dur à comprendre.
Stottlemeyer : Bon venez, j’ai quelque chose pour vous.
Monk : Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? vous avez dit que c’était important.
Stottlemeyer : Vous êtes un grand détective, mais tout le monde peut se tromper un jour.
Stottlemeyer : Marci Maven, voici Adrien Monk, il travaille sur l’affaire avec nous.
Marci : Oui, je me rappelle de vous.
Stottlemeyer : Bien. Marci, je veux que vous lui répétiez exactement ce que vous avez dit.
Marci : Je l’ai tuée. J’ai tué l’ex-femme de Brad, Susan Malloy.
Marci : J’ai rendu service à la planète. C’était une comédienne atroce.
Sharona : Qui ça ?
Marci : Susan Malloy. La pétasse que j’ai tuée. Elle avait fait un seul film. Est-ce qu’on est acteur quand on fait un seul film ? Massacre au campus, vous l’avez vu ?
Sharona : Non.
Marci : Moi oui. Une vingtaine de fois au moins.
Disher : Et comment vous vous y êtes prise, Marci ?
Marci : C’était facile, j’ai cassé le carreau de la porte fenêtre derrière, je me suis cachée, elle est arrivée, elle s’est mise à faire sa gymnastique, elle ne m‘a même pas remarquée. J’ai pris le couteau, elle s’est mise à hurler comme une démente alors j’ai commencé à la poignarder, la poignardée.
Monk : A combien de reprises ?
Marci : Trois ou quatre.
Disher : Pourquoi avoir fait ça Marci ?
Marci : Je l’ai fait pour Brad. Il vient d’où lui ? Je l’aime ! C’est tout, j’ai … Cette fille lui a brisé le cœur. Elle ne lui fera plus de mal maintenant. Je n’ai pas raison ?
Monk : Je ne sais pas trop, à vrai dire, Sharona et moi l’avons vue une demie heure environ après le meurtre, elle n’avait pas la moindre trace de sang sur elle.
Disher : Elle nous l’a expliqué, elle est retournée se changer dans sa voiture.
Monk : Alors, où sont passés les vêtements ensanglantés ?
Stottlemeyer : Nous avons des aveux. Ça pèse plus qu’une chemise disparue.
Disher : Sans compter qu’on a une vidéo de Brad Terry qui le disculpe du meurtre.
Stottlemeyer : Sans compter que nous avons des aveux.
Sharona : Il est passé au détecteur de mensonges !
Stottlemeyer : Je ne vous l’ai peut être pas dit, mais Marci a fait des aveux.
Monk : D’accord, d’accord. Je m’incline. Vous m’avez convaincu, il est innocent.
Stottlemeyer : On a bouclé le verdict. Très bien. En ce qui me concerne, cette affaire est donc close. Appelez le Procureur, je veux lui refiler le dossier dès demain. Maintenant, je vais pouvoir accepter ce poste de police consultant sur la série.
Disher : C’est vrai ?
Stottlemeyer : Mille dollars pour une demi journée de travail. Je ne pouvais pas accepter tant que n’aviez pas innocenté Brad Terry.
Monk : C’est tout à votre honneur.
Disher : Et je peux accepter le rôle qu’ils m’ont promis. J’ai une réplique dans le prochain épisode.
Sharona : Je pourrai emmener Benji sur le plateau. Mais c’est génial ! Mille dollars pour une demi journée !
Stottlemeyer : Vous viendrez dans ma caravane sur le plateau.
Sharona : Avec plaisir.
Disher : Hé, Monk, merci.
Monk : De rien. J’ai enfin réglé son compte à Robbie Walover.
Sur le tournage.
Stottlemeyer : Il faut faire dans le même mouvement. Sortez les menottes, main droite dans le dos, serrez au poignet, et voilà, c’est comme une sorte de danse.
Disher : (il répète sa réplique) Je veux des renforts, je fonce dedans. Je veux des renforts, je fonce dedans. (à Sharona) : ça va, j’ai l’air d’un vrai flic là ?
Sharona : Vous n’avez jamais l’air d’un vrai flic.
Stottlemeyer : N’ayez pas peur de le bousculer un peu, c’est un méchant. D’accord ? Allez y, voir.
Benji : Dis, Maman, c’est vrai qu’on va voir Brad Terry ?
Sharona : Oui.
Benji : Où est-ce qu’il est ?
Sharona : Dans sa caravane avec Monsieur Monk.
Dans la caravane de Brad. Monk regarde l’acteur s’entrainer sur un vélo d’appartement et il est gêné par le chiffre des pulsations cardiaques qui n’est pas rond.
Monk : Je ne sais pas quoi vous dire, je suis désolé.
Brad : Arrêtez donc de vous excuser, Monsieur Monk. Vous faisiez votre travail.
Monk : Oh non, non, non. Je n’avais pas les idées claires. Vous me faisiez penser à cet enfant que j’avais connu en sixième. C’est compliqué.
Brad : Nous avons chacun nos démons n’est-ce pas ? Donc l’affaire est officiellement close, Marci a avoué ?
Monk : Oui c’est exact.
Brad : J’ai toujours su qu’elle était un petit peu instable (On frappe à la porte) Entrez. Elle me harcelait depuis des années.
Laurie : Salut !
Brad : Salut Laurie, ça va ?
Laurie : Je t’apporte de l’eau.
Brad : Merci.
Monk : Sierra Springs. C’est aussi l’eau que je bois.
Brad : Oui ? Tenez. On les a gratuites parce que je les bois à l’écran. Ce sont les petits avantages.
Monk : De gros avantages.
Laurie : Brad, est-ce que tu as eu le temps de lire mon script ?
Brad : Oui, oh, je te demande pardon, j’allais t’appeler, c’est génial.
Laurie : C’est vrai ? Tu l’as adoré ?
Brad : Oui. C’est le meilleur script que j’ai lu cette année. J’ai adoré le passage avec l’oncle cinglé, le voyage en voiture était excellent.
Laurie : Et c’est un truc qui est arrivé pour de vrai.
Brad : C’est vrai ? Si tu me le permets, n’hésite pas si tu ne veux pas, j’aimerais bien faire lire à mon agent pour avoir son avis.
Laurie : Ha, bien sur, évidemment, ce serait gentil même. Vraiment, je te remercie. Ha, fin de la pause. On a besoin de toi.
Brad : D’accord. Bien, il faut que j’aille résoudre deux petits homicides. Vous voulez voir ?
Assistant directeur: Dépêchons, tout le monde en place ! Attention, pluie ! Animation vent ! Et action !
J : Où tu allais comme ça Frankie ? Tu allais à l’église ?
Lee : Cocaïne !
Brad/Rusty : Elle est pure.
Assistant directeur : Et coupez ! Arrêtez la pluie ! On la refait !
Laurie : Vite, vite, on se remet en place !
Assistant directeur : Il me faut deux gars de plus qui s’emmènent par ici. Allez, tout le monde en place ! On la refait !
Benji : Ils vont la refaire ?µ
Disher : Oui, ils recommencent la scène plusieurs fois et à la fin, ils mettent les morceaux ensemble. Ça s’appelle le montage.
Sharona : Il se prend pour Monsieur Cinéma.
Assistant directeur : Et action !
J : Où tu allais comme ça Frankie ? Tu allais à l’église ?
Lee : Cocaïne !
Brad/Rusty : Elle est pure.
Assistant directeur : Coupez !
Assistante : Il l’a fait d’un autre doigt, ça ne fera pas raccord.
Réalisateur : Oui, tu as raison. Brad ! s’il te plait, fais bien attention d’utiliser le petit doigt, d’accord ?
Brad : Ha, oui, désolé !
Réalisateur : Ce n’est rien, pas de problème.
Monk : Pardonnez moi, j’ai noté une autre petite chose. A la deuxième prise, la camionnette avait les phares éteints.
Assistante : Ha ! c’est vrai, ça m’a échappé. Carl ! Tes phares !
Monk : Et le monsieur, en chemise marron, devant la pizzéria, la première fois, il avait les chaussettes complètement relevées, la droite était un peu plus baissée la deuxième fois et vous, Monsieur, la poignée de votre parapluie était de l’autre coté. Voila, comme ça. Et vous, Monsieur, vous teniez le gobelet de votre café en décollant le petit doigt. Non, non, pas autant que ça. Quant à sa veste, elle était boutonnée jusqu’en haut. Elle a regardé sa montre de cette façon la première fois, et Monsieur s’est gratté le coude et la paille de Madame était un peu plus pliée.
Réalisateur : Merci, Monsieur Monk.
Monk : Et la fermeture éclair de son sac à main était remontée complètement.
Réalisateur : Vous êtes très observateur
Monk : En ce qui concerne l’oiseau, je ne vois pas ce que vous pourrez faire …
Réalisateur : Ça ne fait rien, tout ne cherche pas à être parfait Monsieur Monk. On fait une pause ?
Assistant directeur : Pause ! On reprend dans dix minutes !
Monk : Votre bouton, en haut ! Voila.
Stottlemeyer : Excusez le, c’est un perfectionniste.
Réalisateur : Une petite pause !
Brad : Coucou !
Disher : Coucou !
Brad : Dis donc ;.. Capitaine, vous pourriez peut être leur remontrer comment bousculer un suspect, non ?
Stottlemeyer : Oui. Tout à fait. Oui, vous avez raison.
Brad : Merci. Tu as lu le scénario de Laurie ?
Réalisateur : Non, c’est comment alors ?
Brad : Ce doit être le pire scénario que j’ai jamais lu.
Réalisateur : D’accord.
Monk : (à Sharona) Viens voir. Sharona ! Brad. Il a menti à cette fille à propos de son script. J’étais là.
Sharona : Et alors ? c’était pas politesse.
Monk : Non. Il avait un appareil qui mesure les battements du cœur et son rythme cardiaque n’a pas bougé d’un fraction. Il arrive à se contrôler, c’est comme ça qu’il a floué le détecteur de mensonges. Il l’a tuée ! C’est l’assassin.
Sharona : Ça ne peut pas être lui.
Monk : Je te dis que c’est lui. Il l’a tuée.
Monk va voir Marci en prison.
Monk : Comment ça va, Marci ?
Marci : Comment ça va ? C’est assez amusant par ce que depuis que je suis là, j’ai déjà discuté avec cinq psychiatres, trois psychologues sans oublier un thérapeute et ils voulaient tous savoir la même chose, comment ça va, Marci ?
Monk : J’ai entendu dire que vous vous étiez fait remarquer hier soir ?
Marci : J’ai explosé la télé dans la salle de détente. J’étais bien forcée, aussi. « Le laboratoire criminel de S » était diffusé avec ce nouveau générique que je déteste. Pourquoi ils ont changé la musique ? c’est dommage !
Monk : Marci, je sais que vous n’avez pas tué Susan Malloy.
Marci : Bien sur que je l’ai tuée.
Monk : Non, vous ne feriez de mal à personne. Pourquoi avoir avoué ? Une seule chose peut expliquer votre confession. C’est que vous savez que Brad Terry est l’assassin. Vous l’aimez. Et vous le protégez. Comment savez vous que c’est lui ? c’est toute la question. Comment savez vous qu’il a tué son ex-femme ? Marci, Marci !
Elle raccroche sans répondre. Monk et Nathalie se rendent chez Susan pour tenter de reconstituer le drame. Lorsque Sharona allume la télévision, le son est étourdissant.
Monk : Que s’est-il passé ici ? Ils étaient tous les deux dehors. Elle est restée quelques instants puis elle est rentrée, seule. Tu vas faire Susan.
Sharona : Génial, c’est encore moi qui vais mourir. J’ai l’impression que tu prends un malin plaisir de me faire mourir.
Monk : Mais non, je n’y prends aucun plaisir, mais c’est mon travail. Donc elle rentre dans sa maison et elle commence son entrainement quotidien. Tu mets la vidéo de gym à domicile s’il te plait ? Oh éteins ça !
Sharona : Ce n’est pas moi qui ai augmenté le volume !
Monk : Mais oui ! mais oui, attends une minute. Le volume était aussi à fond le matin où Susan a été tuée.
Sharona : Qu’est-ce que ça implique ?
Monk : Je n’en sais rien. Fais moi voir la vidéo s’il te plait.
Sharona : Elle n’est pas là.
Monk : Elle doit être là, j’ai vu Disher la ranger.
Sharona : Je te dis que non. Regarde ! Tu crois que quelqu’un a pu la voler ? Franchement, qui irait voler une cassette de gym ? Elle n’est pas là. Quoi ?
Monk : Je sais ce qui s’est passé. Ça risque de te déplaire. Alors évite de te braquer. Garde l’esprit ouvert.
Sharona : C’est lui qui l’é tuée ?
Monk : Oui.
Brad est dans la salle de montage, Stottlemeyer entre à son tour.
Brad/Rusty : Il y a une explication au fait qu’on n’ait pas trouvé de belle dans le corps
C’est parce qu’il n’y en avait pas. Pas sous sa forme habituelle. Vous avez tué la fille avec une balle fabriquée à partir de sang congelé, n’est-ce pas, Sénateur ? Voila ce qui s’est passé. Vous aviez besoin d’une once de sang, vous l’avez versée dans des moules de balle de 38 avant d’être congelé. La suite était simple, vous avez quitté la cérémonie à dix neuf heures. Vous avez abattu la prostituée et vous avez attendu que la balle de sang ait fondue.
Sénateur : Vous ne pouvez absolument rien prouver.
Brad/Rusty : Oh je crois bien que si.
Brad : Ça devrait aller en mettant le coup de feu plus fort.
Monteur : Oui, c’est faisable.
Stottlemeyer : C’est le moment que je préfère, là où tout le monde se réunit autour de vous et que vous résolvez l’affaire.
Brad : Oui, moi aussi. Merci.
Stottlemeyer : Ce n’est pas à vous que je parlais, je m’adressais à Monsieur Monk.
Disher : (au monteur) Excusez nous, faites une pause.
Stottlemeyer : Brad Terry, vous êtes en état d’arrestation pour le meurtre de votre ex-femme.
Brad : Vous plaisantez, ou quoi ? J’étais dehors devant la maison pendant tout le temps. Au moins une dizaine de témoins.
Monk : Témoins que vous aviez pris soin de réunir en provoquant cette bagarre en faisant semblant d’être saoul quelques jours plus tôt. Après un tel incident, vous saviez que la presse ne vous lâcherait pas d’une semelle.
Sharona : C’était toute l’idée du truc. Il vous fallait des témoins.
Monk envoie une cassette à Disher qui l’insère dans le lecteur.
Brad : J’étais dans un bar, Eric. Oui, j’ai bu un verre ou deux et mangé des cacahuètes aussi. Ecoutez, n’entrez pas sur la propriété et laissez Susan tranquille …
Monk : Voilà, arrêtez la vidéo.
Brad : Ça prouve seulement que j’étais devant la maison quand elle a crié.
Stottlemeyer : Ça pour crier, elle a crié ! Seulement, c’était un cri qui remontait à quinze ans.
Monk : (en montrant une cassette de film) Vous reconnaissez ceci ? C’est le seul film que votre ex-femme ait tourné.
Sharona : Il nous a fallu du temps pour le retrouver. Il n’est plus édité depuis des années. Marci Maven a reconnu ce cri car elle a vu le film une centaine de fois.
Monk : Comme le dirait l’agent spécial Rusty Clark, « voici ce qu’il s’est passé ». La semaine dernière, vous êtes venu ici tout seul, tard le soir. Ce fut un jeu d’enfant de transférer le cri de Susan dans un film d’horreur sur la vidéo de gymnastique. Le matin du meurtre, vous avez brisé un carreau de la porte fenêtre pour faire croire à une effraction. Vous avez caché un couteau dans un endroit facile d’accès près de la porte d’entrée, puis vous avez remplacé la cassette de Susan par celle que vous aviez trafiquée et le tour était joué. Comme vous l’aviez prévu, la presse était là. Vous aviez bien pris soin de leur montrer que Susan était vivante à ce moment là. Vous aviez enregistré le niveau de la cassette très bas parce que vous aviez besoin qu’elle monte le volume de la télévision au maximum.
Vidéo : « … à droite, le bras tombant … »
Brad : ce serait vraiment sympa de votre part de … »
Vidéo : « … Ah, qu’est-ce que vous faites ? »
Brad : Susan !
Monk : Les journalistes ont pensé que vous alliez l’aider mais vous alliez la tuer. Vous n’aviez que quelques secondes, il ne vous en fallait pas plus.
Brad : Que quelqu’un appelle la police ! On l’a poignardée !
Stottlemeyer : Beau travail, Monsieur Monk !
Sharona : Et tout ça, sans l’aide d’un spectroscope.
Disher : Pouvez vous vous lever, Monsieur Terry ? Vous êtes en état d’arrestation. Vous vous rappelez le mouvement ? On sort les menottes, bras droit dans le dos et on serre bien. Vous êtes prêt pour la danse ? On danse quoi à Alcatraz ? C’est bon, ça !
Stottlemeyer : C’est magnifique. Mais c’est un méchant, n’oubliez pas les méchants, on les bouscule.
Disher : Amenez vous.
Plus tard en pleine nuit, Marci frappe à la porte de Monk.
Marci : Bonsoir !
Monk : Marci ? qu’est-ce que vous faites là ?
Marci : Je suis seulement venue vous remercier. Merci. C’était vraiment trop idiot de ma part d’avouer ce meurtre.
Monk : Quelle … quelle heure est-il ?
Marci : Minuit.
Monk : Minuit. Je vous aurais bien invitée à entrer, mais …
Marci : Je me rends compte que je vous mets mal à l’aise. Ça ne fait rien.
Monk : Ecoutez, je suis vraiment désolé à propos de Brad et …
Marci : Franchement, Brad, je ne l’aime plus. Il n’est pas question que je regarde sa série. Plus jamais et de toute façon, la chaine a arrêté de la diffuser.
Monk : Hé bien, c’est mieux comme ça. Ça me fait plaisir pour vous.
Marci : Vous savez, on m’a raconté comment vous aviez résolu l’affaire, Adrien, et je trouve que vous êtes merveilleux.
Monk : Non, non. Pas vraiment, non.
Marci : Vraiment et j’ai lancé un site Web qui ne parle que de vous et aussi une feuille d’infos.
Monk : Non. Ne faites pas ça.
Marci : Mais si, vous êtes le plus grand détective du monde, non ! vous êtes le plus grand détective de tout l’univers. Vous devriez avoir votre propre série.
Monk : Non, je …
Marci : Mais si ! Seulement, il faut me faire une promesse. Vous voulez me promettre une chose ? Si un jour on vous consacre une série, il faut absolument me promettre que vous ne toucherez pas à la musique du générique. D’accord ?
Monk : Oui, c’est promis.
Marci : Merci c’est magnifique. Vous promettez ?
Monk : Oui, bien sur, c’est promis.
Marci : Promis ? Bonne nuit.
Monk ferme doucement la porte sur Marci qui embrasse la porte.
Rédigé par mamynicky