8.08 – La nouvelle thérapie de Monk.
Sur le bureau d’une maison cossue, le San Francisco Chronicle informe ses lecteurs qu’une mesure de rationnement d’eau est mise en place.
Allo ? Bonsoir, maman. Oui, j’ai eu ton message. Devine où je suis ? Dans mon bain. C’est le troisième que je prends aujourd’hui. Oui, je sais, je sais que c’est la canicule. D’ailleurs, j’ai parlé de ça au docteur Bell et il m’a dit de ne pas me sentir coupable, que j’avais le droit de me dorloter un peu. Je sais, il est génial. Maman, c’est mon thérapeute. Pardon ? Comment tu peux me demander ça ? C’est vrai qu’il est assez mignon pour un psychiatre. Allo ? Maman ?
La communication a été coupée. Elle entend du bruit dans l’appartement
Il y a quelqu’un ? Oh, mon chat ! Pearl ! Tu m’as fichu une de ces trouilles ! Qui t’a ouvert ? Oh non ! Non, mon dieu ! Au secours !
Le lendemain,
Salut, minou ! Oh, bon sang, ce n’est pas vrai !
Nathalie arrive chez Monk.
Nathalie : Bonjour, monsieur Monk ! J’ai votre courrier.
Monk : Très bien, alors vous pouvez le jeter.
Nathalie : On va peut être essayer de l’ouvrir avant. Qu’est-ce que vous faites ?
Monk : Je vide le lave vaisselle.
Nathalie : Vous videz le lave vaisselle ? Vous vous rendez compte ? Vous avez fait tourner le lave vaisselle pour un seul couvert ? Monsieur Monk, vous ne lisez pas les journaux depuis une semaine ? On est au milieu d’une sécheresse terrible.
Monk : Pas au milieu. Non, personne ne peut affirmer qu’on est pile au milieu de la sécheresse.
Nathalie : C’est un énorme problème, c’est dans tous les journaux. Les réservoirs d’eau sont quasiment vides, plus personne ne lave sa voiture et plus personne n’arrose sa pelouse.
Monk : Qu’est-ce que je pouvais faire d’autre ? J’avais fait une omelette.
Nathalie : Je ne trouve pas ça drole, monsieur Monk. Imaginez que tout le monde fasse pareil ?
Monk : C’est le cas ?
Nathalie : Non.
Monk : Alors tout va bien.
Nathalie Ah ah ..
Monk : Quoi, qu’est-ce qui se passe ?
Nathalie Une lettre de votre mutuelle.
Monk : Oh, ne l’ouvrez pas alors.
Nathalie Il y a marqué important.
Monk : Raison de plus pour la mettre directement à la poubelle.
Nathalie C’est peut être une bonne nouvelle !
Monk : Une bonne nouvelle de ma mutuelle ? Oui, bien sur, allez savoir, si ça se trouve j’ai gagné une coloscopie gratuite ?
Nathalie Hmmm, non. Le contrat a changé. Ca concerne votre thérapie. Il y a maintenant un plafond pour le nombre de séances.
Monk : C’est combien ?
Nathalie Deux mille en tout.
Monk : Ah, aucun problème, j’y vais quatre fois par semaine. On est encore très loin du compte.
Nathalie Non, ce n’est pas deux mille par an, monsieur Monk, c’est le total. Vous avez droit à deux mille séances pour toute votre vie.
Monk : Deux mille séances ?
Nathalie Ne vous inquiétez pas, il n’y a pas de souci, c’est beaucoup deux mille. La lettre dit que c’est sept fois la moyenne nationale. Qu’est-ce que vous faites ?
Monk : Les comptes. 1964 – 1965 …
Nathalie Vous avez commencé en 1964 ?
Monk : Non, c’est la somme de toutes mes séances …
Nathalie Combien il vous en reste ?
Avec le doigt, il fait signe « une » * Chez le docteur Bell, qui boit une verre d’eau.
Dr Bell : Ah, que c’est bon ! Il faut connaitre des restrictions d’eau pour réapprendre le bonheur tout simple d’un verre d’eau fraiche ? Mais j’imagine que c’est humain, quand on manque de quelque chose on …
Monk : Ah ! Arrêtez, arrêtez avec vos bavardages ! Je ne suis pas la pour parler d’absence de pluie et de trop plein de beau temps, d’accord ? Je veux parler sérieusement de choses sérieuses. Est-ce c’est clair ?
Dr Bell : Dites moi ce qu’il se passe ?
Monk : C’est arrivé ce matin.
Dr Bell : Très bien.
Monk : Qu’est-ce que vous faites ? Qu’est …
Dr Bell : Je cherche mes lunettes pour lire. Ce sont des double foyer, je viens de les acheter, j’ai un peu de mal à m’y faire. Alors je les enlève et …
Monk : Je m’en fiche complètement, tout le monde s’en fiche complètement ! Où est-ce que vous les avez mises ?
Dr Bell : Je n’ai pas bougé de là !
Monk : Ah, ben tiens, là, je les ai ! Tenez !
Dr Bell : Ah, merci, c’est gentil à vous. Je les perds tout le temps. Alors, de quoi s’agit il ?
Monk : C’est ma mutuelle qui m‘a envoyé ce courrier.
Dr Bell : Ah, oui, d’accord, je vois.
Monk : C’est ma deux millième séance aujourd’hui. C’est la dernière fois, c’est ma dernière séance.
Dr Bell : Disons que c’est la dernière séance qu’on vous rembourse, il vous reste néanmoins la possibilité de les payer.
Monk : Ah bon, combien ça couterait ?
Dr Bell : Deux cents dollars.
Monk : Deux cents … Deux cents dollars ! Alors c’est fini ! C’est la dernière séance de ma vie. Ah mon dieu, il me reste quarante huit minutes. C’est ma dernière chance. Il faut qu’on se concentre tous les deux le plus possible.
Dr Bell : Adrien, j’ignore combien de sujets nous pourrons aborder en une séance.
Monk : J’ai pris la liberté d’établir une liste de problèmes pour qu’on puisse avancer concrètement.
Dr Bell : Non, écoutez, non, non. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Voyez vous, la thérapie est un processus évolutif qui demande des développements constants.
Monk : Bien, mais on peut quand même essayer, d’accord ? Tachons d’en éliminer le plus possible de la liste docteur. Ma peur de décevoir mon père. Je vous écoute.
Dr Bell : J’ai peur de ne pas pouvoir travailler comme ça, dans l’urgence. D’accord. D’accord, calmez vous un peu. Penchons nous sur le sujet. On l’a déjà abordé avant. La perte de votre père est survenu à un moment critique de votre vie …
Monk : Oui.
Dr Bell : … Ca a créé un vide émotionnel
Monk : Oui, oui, d’accord, on oublie celui là. On ne va pas s’en sortir. Ma Germophophie.
Dr Bell : Ecoutez, Adrien, ce n’est pas un jeu.
Monk : Germophobie !
Dr Bell : Votre germophobie, si vous y tenez vraiment. Bon. Votre peur des microbes n’est pas quelque chose d’inhabituel. Certains la combattent en lisant des revues scientifiques, ils trouvent que ça aide à démystifier …
Monk : Bon, d’accord, on passe ! Ensuite, la « rivalité fraternelle » .
Dr Bell : Je ne connais pas Ambrose.
Monk : On passe ! ah mon dieu ! De tout ça et … pfff. Je fais une thérapie depuis dix ans, il y a surement quelque chose de bon à en tirer. Je ne sais pas, moi, on va bien réussir à soigner un truc ou deux. Ah ! « Le décès de ma mère ». Non, on passe aussi. La « peur de l’altitude ». Passons ! « la peur de la peur elle-même ». Voila, oh ben j’en tiens un ! J’en tiens un bon. Ah oui, « la claustrophobie ».
Dr Bell : La claustrophobie … On en a déjà discuté je crois. La solution est la visualisation. Vous vous rappelez, lorsque vous vous sentez coincé quelque part, il faut imaginer une porte.
Monk : Oui, j’ai essayé cette astuce. La porte était fermée.
Dr Bell : Alors imaginez que vous avez la clé.
Monk : J’ai essayé. Également, essayé la clé, la clé n’ouvrait pas.
Dr Bell : Ca pourrait être un passe partout.
Monk : Non ! non, ça ne fonctionne pas ! Plus que quarante six minutes. Essayez de vous concentrer, guérissez moi ! Pour l’amour du ciel !
Dr Bell : Il doit bien exister un autre moyen. Voyons ça ! Oh, mais attendez, le contrat s’applique aux séances privées, ça ne concerne pas les séances de groupe. C’est une autre catégorie avec d’autres clauses.
Monk : De … groupe ?
Dr Bell : Oui, et en plus, j’ai un groupe réservé tout spécialement aux comportements dits phobiques et obsessionnels. Nous nous voyons deux fois par semaine.
Monk : Mais, il … il y aura d’autres personnes présentes.
Dr Bell : Oui, il s’agit d’un groupe, alors, oui, fatalement, en fait, je ne suis pas loin de penser que ce changement pourrait s’avérer tout à fait bénéfique. Pour vous, ça ne peut être qu’une chance …
Monk : Non, ils ne m’aiment pas.
Dr Bell : Adrien, ils ne vous connaissent pas encore.
Monk : Ils ne m’aiment pas ! Je ne pourrai pas venir.
Dr Bell : Bien. Dommage, j’espère que vous changerez d’avis, parce que je crois que ça apporterait beaucoup.
Monk : Oui, d’accord. La « peur des abeilles », docteur ?
Dr Bell : La peur des abeilles ? Hé bien nous vivons dans un environnement urbain, du coup je crois que c’est une chose qui doit se …
Monk : Bon, on passe ! Ensuite, la « peur des mixeurs ».
Dr Bell : Hé bien, il suffit de ne pas en avoir un chez soi et je pense …
Monk : Je passe ! « Peur des abeilles dans les mixeurs ».
Armés de casques et d’un tandem, Monk et Nathalie se placent sur le parcours du docteur Bell qui fait son tour de vélo quotidien. Nathalie pédale toute seule, Monk se laisse porter.
Monk : Le voila, il arrive.
Nathalie : Acceptez la thérapie de groupe. Ne soyez pas bête !
Monk : Pas la peine, je vais réussir à le convaincre.
Nathalie : Je vous trouve parfaitement ridicule !
Monk : Ridicule mais rusé comme un renard. Allons y ! Rouléz ! Allez y, allez y ! Docteur Bell ? Docteur Bell ?
Dr Bell : Adrien ?
Monk : Incroyable, vous aussi, vous faites du vélo ?
Dr Bell : Chaque matin !
Monk : Ah oui, maintenant je me rappelle vous avoir entendu le dire une fois ou deux.
Dr Bell : Bonjour Nathalie.
Nathalie : Bonjour !
Monk : Vous allez bien ?
Dr Bell : Très bien, merci.
Monk : Vous vous demandez surement comment je vais ? Eh bien, figurez vous que je pense assez souvent à ma mère.
Dr Bell : Adrien, ce n’est pas l’endroit pour une séance de Travail.
Monk : Quelle séance ? On est seulement en train de se promener dans le parc en parlant un petit peu de ma mère, c’est tout.
Dr Bell : Joignez vous à mon groupe, nous nous voyons les mardi et jeudi à dix heures du matin.
Monk : Docteur Bell ! Attendez ; Allez y, on va le perdre. Mettez y tout, on n’avance pas ! Allez ! Poussez ! poussez !
Le docteur Bell accélère et les laisse sur place. Nathalie pédale de toutes ses forces, mais ils finissent par tomber.
Monk : D’accord, je vais rejoindre son groupe.
Nathalie : Dieu soit loué !
La réunion de groupe chez le docteur Bell. Monk arrive en retard et hésite à entrer.
Rhonda : J’ai pris une décision très importante, je n’irai pas au congrès médical, comme prévu.
Dr Bell : Mais vous n’aviez pas dit à votre patron que …
Rhonda : Hé bien, il n’a qu’à me mettre à la porte. De toute façon, je déteste ce travail, je hais les fournitures médicales, les fauteuils roulants et les prothèses. Croyez moi, c’est effroyable. J’espère bien qu’il me virera.
Dr Bell : Écoutez, Rhonda, je sais que vous n’aimez pas voyager mais il s’agit de votre carrière. Vous ne pouvez pas tout jeter par la fenêtre. Pas comme ça.
Augie : Docteur Bell, il y a un monsieur …
Dr Bell : Adrien ! Je suis bien content que vous ayez changé d’avis, entrez ! Nous commencions à peine.
Rhonda : De qui s’agit-il ?
Dr Bell : Je vous présente Adrien. Il va se joindre à notre petit groupe, notre charmante confrérie. Il devrait bien s’y intégrer.
Rhonda : Vous l’avez intégré sans nous consulter ?
Dr Bell : Ce n’est pas à vous d’en décider. Adrien, voici Rhonda.
Monk : Bonjour.
Rhonda : Je n’ai rien contre vous. J’ai horreur des surprises, c’est tout !
Monk : Je suis désolé.
Dr Bell : Adrien, vous n’avez pas à vous excuser.
Monk : Vous avez raison, je suis désolé d’être désolé.
Dr Bell : Je vous présente Augie.
Augie : Arachnophobie, agoraphobie, claustrophobie.
Dr Bell : Nous en avons déjà parlé, Augie, vous n’êtes pas obligé d’énumérer vos phobies à tout le monde.
Rhonda : Je déteste l’entendre faire ça.
Augie : Un jour, il faudra nous dire ce que vous aimez.
Rhonda : Bouclez la un peu !
Dr Bell : Et bien évidemment, vous connaissez déjà Harold.
Harold : Bonjour, Adrien. Pour que les choses soient claires, sache que je suis ravi de te compter parmi nous. Je ne me sens menacé en aucun cas. Je sais que nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout mais j’espère que nous saurons mettre nos différends de côté pour travailler avec Neven, comme une équipe parce que comme on dit, l’union fait la force.
Monk : Tu l’appelles par son prénom ?
Harold : Hmm hmm
Dr Bell : Les relations sont moins formelles quand on pratique la thérapie à plusieurs.
Harold : Ho ! tu répugnes toujours à serrer les mains ? Hé bien, je crois que nous avons du pain sur la planche.
Monk : Tu sais que je peux serrer des mains
Ils se serrent la main, Monk sort une lingette de sa poche.
Harold : Moi aussi, j’utilisais des mouchoirs, vous vous rappelez ? les germes me fichaient une peur bleue. J’avais toujours un mouchoir dans ma poche intérieure, de cette façon je pouvais me nettoyer les mains, comme ça. Après ça, je le repliais en deux puis encore en deux pour en faire un carré et je le rangeais dans mon autre poche de la veste, comme ça. C’était pathétique.
Dr Bell : Et si vous alliez vous asseoir Adrien ?
Rhonda : Attendez, il ne va pas s’asseoir ici ! Ne vous asseyez pas là, c’est la place de Barbara.
Monk : Barbara ?
Dr Bell : Elle faisait partie de notre groupe, elle est morte il y a trois semaines.
Augie : Elle s’est noyée dans sa piscine.
Rhonda : Peu importe comme elle est morte, c’était sa chaise, il n’a pas à s’assoir dessus. Ce serait une injure absolue faite à sa mémoire.
Monk : Merci.
Dr Bell : Allons y. On respire profondément. Bon très bien. Alors Adrien, au cours de notre dernière séance à deux, nous avons parlé de claustrophobie. Je crois que c’st un bon départ, étant donné que c’est une pathologie que chacun d’entre vous a en commun.
Harold : Pas moi.
Rhonda : Ho, vous plaisantez ?
Harold : Non en tout cas plus maintenant, certes à une époque j’avais peur des petits espaces mais Neven m’a guéri.
Dr Bell : Ha oui ? Vous êtes guéri ? Mais vous ne me l’avez jamais dit.
Harold : Je m’apprêtais à le faire, quand Adrien est arrivé. Vous savez, ce qui m’a aidé ? la visualisation, c’était un conseil extraordinaire, docteur Bell. J’ai visualisé une porte et ensuite j’ai visualisé une clé qui ouvrait la porte.
Dr Bell : C’est parfait, je suis vraiment content pour vous.
Harold : Je n’y serais jamais arrivé sans votre aide, docteur. Vous êtes un dieu.
Dr Bell : Merci. Gracias.
Harold : Thank you very much ! Danke schon. Spasibo ! Arigato ! Cam on ban. C’est du vietnamien.
Monk : J’ai essayé la visualisation. La clé, la porte. Ca n’a pas marché.
Harold : Il fallait demander à votre assistante de les visualiser pour vous.
Augie : Vous avez une assistante ?
Dr Bell : Adrien exerce un métier difficile qui réclame la présence d’une assistante. C’est un enquêteur extrêmement réputé. Cet homme est un héros.
Harold : Ha pardon, et nous alors ? Nous qui devons nous débrouiller seuls, sans assistante. Nous n’avons personne pour nous aider, personne sur qui nous reposer, c’st nous les vrais héros.
Augie : C’est Barbara qui a le plus de chance. Elle au moins n’a plus besoin d’affronter toutes ces choses immondes.
Dr Bell : Oui, je sais, Augie, elle me manque aussi. Elle nous manque à tous et nous allons la pleurer pendant très longtemps.
Harold : J’aimerais bien avoir une assistante, elle pourrait avoir du chagrin pour moi.
Monk : Tu as vraiment un problème.
Harold : C’est toi qui as un problème.
Dr Bell : Allons calmez vous. Je vous rappelle que tout le monde a des problèmes ici. D’accord ?
Monk : Tu es jaloux. Tu me jalouses depuis le jour où nous nous sommes rencontrés, jour funeste s’il en est, que j’ai baptisé le mardi noir.
Harold : J’aimerais savoir pourquoi je serais jaloux de toi ?
Monk : Ho oui, d’accord !
Harold : J’ai empoché 210000 $ de salaire l’an dernier. Combien as-tu gagné Monk ?
Monk : Deux millions.
Harold : Menteur ! Il ment ! Admets la vérité Adrien, mon succès te révulse, il te grignote totalement de l’intérieur.
Monk : Mais quel succès ?
Harold : Je siège au Conseil Municipal. Les gens ont voté pour moi.
Monk : Parce qu’ils ne savaient pas qui tu étais. Quelqu’un ici a-t’il voté pour ce clown ?
Rhonda : Pas moi.
Monk : Docteur Bell, c’est votre circonscription, est-ce que vous avez voté pour lui ?
Dr Bell : Un vote c’est secret. On ne doit pas …
Monk : Ce qui veut dire non. Tu vois, Harold, personne n’a voté pour toi. Qu’est-ce que tu dis de ça ?
Harold : Je vais modifier le plan d’occupation des sols de ton quartier.
Monk : Ha oui, tiens donc !
Harold : Je vais le faire ! Je vais mettre un KFC sur ton toit !
Monk : Où ?
Dr Bell : Arrêtez ! Ca suffit ! Arrêtez je vous en prie ! Harold ! On se calme ! Asseyez vous Harold.
Monk : Va t’assoir, Harold !
Harold : Et pourquoi pas lui ?
Dr Bell : S’il vous plait, Adrien, assis !
Harold : Oui, assis !
Dr Bell : Harold ! Stop, assis ! Vous aussi, Adrien, assis. Bien. Enchainons.
Nathalie accompagne Monk pour ses courses. Harold est derrière eux à la caisse.
Nathalie : Je comprends très bien que ce soit compliqué pour vous, monsieur Monk. Je sais que vous ne portez pas spécialement Harold dans votre cœur.
Monk : Je le hais. Qu’il brule en enfer.
Nathalie : Oui, je comprends, mais bon, en dehors de Harold, qu’il brule en enfer, comment ça s’est passé ?
Monk : C’était affreux.
Nathalie : Mais comment sont les autres ?
Monk : Je n’en sais rien.
Nathalie : Et combien étaient ils ?
Monk : Je ne sais pas, cinq, huit. On a à peine parlé de moi pendant la séance. Ils n’ont fait que rabâcher encore et toujours des histoires grotesques sur leur vie et leurs propres problèmes.
Nathalie : Monsieur Monk, c’est un peu le but non ?
Monk : Ho vous plaisantez, ces gens n’intéressent personne Nathalie. Et le docteur Bell était vraiment le pire. Il n’arrêtait pas de couper la parole à tout le monde avec ses petites paraboles et ses histoires navrantes. Non, j’ai vraiment perdu mon temps. Les thérapies de groupe n’ont jamais aidé personne.
Harold : Rien ne t’oblige à venir.
Monk : Est-ce que tu es en train de nous suivre ?
Harold : Non, je crois plutôt que c’est toi qui me suis.
Nathalie : On était là avant vous. On est venus en sortant de chez le docteur Bell.
Harold : La plupart de ses patients viennent dans ce supermarché. Il est juste en face de son cabinet. Par exemple, cet homme la bas …
Monk : Il ne fait même pas partie du groupe.
Harold : Il n’en fait plus partie. Il a quitté il y a environ cinq semaines. Il s’appelle Xavier Danko. Il est complètement guéri. Et ut peux me croire, ce n’était pas forcément gagné d’avance.
Nathalie : Il souffrait de quoi exactement ?
Harold : Il était obnubilé par une danseuse légère qui s’appelle Tiffany je ne sais plus très bien. Il la suivait partout mais il va mieux. Ce sera moi le suivant, je veux aller mieux moi aussi. C’est pour cette raison que tu dois quitter le groupe de thérapie. Tu es en train de tout gâcher.
Monsieur Monk a le droit de participer aux séances.
Harold : Non, pas du tout. Excusez moi, Je croyais que c’était une caisse de moins de 12 articles.
Monk : Je n’ai qu’un seul article sur le tapis, ce sont tous les mêmes
Harold : Ils sont en vingt exemplaires.
Monk : Vingt exemplaires du même.
Harold : Tu en prends vingt exemplaires.
Monk : Du même article.
Harold : Tu vois la pancarte ? Est-ce que dessus il y a écrit 12 articles différents ?
Caissière : Je crois qu’il a raison. C’est douze articles au total.
Harold : Merci !
Nathalie : Bon alors, on va dire que c’est moi qui achète les dix premiers articles et monsieur Monk les dix autres.
Harold : Alors la, bravo. Adrien, c’est vraiment bien joué.
Caissière : Et vous ? Vous achetez quelque chose ?
Harold : Non, non, moi je veux juste le faire partir de mon groupe.
Monk : Tu rêves, il n’en est pas question.
Harold : Mais pourquoi ? Il y a cinq minutes à peine tu n’arrêtais pas de critiquer. Tu disais que tu avais horreur d’y aller.
Monk : C’était avant de savoir que tu voulais me virer.
Harold : Haaa !
Monk : A jeudi ! Je te garderai une chaise à coté de moi. J’ai une réduction.
Une scène de crime. Stottlemeyer et Disher sont sur place.
Stottlemeyer : Ha, le voilà ! Merci d’être venus.
Nathalie : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Stottlemeyer : C’est la question qu’on se pose nous aussi. Soit il a sauté, soit on l’a poussé.
Disher : On s’est dit que vous le connaissiez peut être. Il y avait la carte de son psy dans son portefeuille.
Monk : Le docteur Bell ?
Stottlemeyer : Vous le connaissez ?
Monk : Oui, il est dans mon groupe de thérapie, il s’appelle Augie, je ne sais plus quoi.
Disher : Augie Wellman. Il était ingénieur en mécanique. Il habitait la haut.
Stottlemeyer : Est-ce que ce monsieur Wellman était déprimé ?
Monk : Oui, évidemment.
Nathalie : Alors c’est un suicide ?
Monk : Je ne crois pas, non. Regardez ses poignets. Il n’y a plus aucun poil autour, ils ont été arrachés par de l’adhésif. On lui a attaché les mains.
Disher : C’est peut être un tueur en série ? Il assassine des gens d’après leurs phobies. Celui là avait peur de la hauteur, il l’a jeté du toit.
Monk : Augie n’avait pas le vertige, il avait peur des araignées.
Disher : C’est différent. Il assassine des personnes en utilisant l’opposé de leur phobie. Le meurtrier inversé.
Stottlemeyer : Donc pour vous, l’opposé d’une araignée ce serait un immeuble ?
Disher : Alors, qu’est-ce que ce serait d’autre pour vous ?
Stottlemeyer : Je n’en ai aucune idée mais certainement pas un immeuble.
Disher : Hmmm, allez dire ça au meurtrier inversé.
Nathalie : Vous pleurez ?
Stottlemeyer : Non, non. J’ai un truc dans l’œil.
Monk : Dites, Leland …
Stottlemeyer : De quoi, Monk ?
Monk : Deux décès en deux mois dans un même groupe. C’est curieux.
De retour au commissariat.
Policier : J’ai conclu à une noyade par accident. Elle avait de l’eau dans les poumons. Elle a du s’assommer sur le rebord de la piscine.
Monk : La maison a été fouillée ?
Policier : Non, monsieur, Je ne comprends pas bien ce que vous espérez trouver. C’est vrai ; la scène de crime est nettoyée, le corps est passé au crématoire, toutes les pistes sont froides.
Monk : C’est justement le froid qui m’intrigue.
Policier : Je ne vous suis pas.
Monk : Elle est morte le 2 octobre, aux petites heures de la matinée. Il ne devait pas faire chaud.
Stottlemeyer : Ca parait logique.
Monk : Où est la serviette ? Il n’y a pas de serviette près de la piscine. Pour ma part, je n’irais pas me baigner tôt le matin au mois d’octobre sans emporter de serviette, enfin, je ne me baignerais pas quelle que soit la saison, mais vous comprenez ce que je veux dire. Je crois qu’elle a été tuée.
Disher : Laissez moi deviner, la victime n’avait pas peur de l’eau. Évidemment, c’est le meurtrier inversé. C’est son mode opératoire.
Stottlemeyer Il n’y a pas de meurtrier inversé. S’il existait, il y a des années qu’il vous aurait assassiné à coups de surmenage intellectuel. OK ! Où en étions nous ? On a un cadavre sans poil à hauteur des poignets et une absence de serviette autour d’une piscine. Ce n’est pas avec ça qu’on va convaincre un procureur, c’est trop léger.
Disher : Bon, ben, on va enquêter.
Monk : Oh, mon dieu !
Nathalie : Quoi ? Qu’y a-t-il ?
Monk : Je crois qu’une personne tue les gens de mon groupe de thérapie.
Nathalie : Monsieur Monk, vous êtes en train de sourire.
Monk : Désolé. Une personne tue les gens de mon groupe de thérapie.
Nathalie : Vous souriez encore.
Monk : Oh, désolé.
Monk est retourné dans le groupe de thérapie. La chaise d’Augie est vide.
Harold : Et ils ne restèrent que trois.
Dr Bell : Bien. On ferait aussi bien d’attaquer. Qui veut commencer ? Je sais que c’est difficile et bouleversant. D’abord Barbara qui se noie, maintenant Augie. Si vous voulez annuler cette séance ou celle de la semaine prochaine, je comprendrai.
Harold : Je ne crois pas qu’il faille annuler quoi que ce soit. En fait, c’est maintenant que nous avons le plus besoin les uns des autres.
Rhonda : Oh, pitié !
Harold : Nous avons besoin de votre force, Neven, de votre voix. Vous êtes une balise, vous êtes comme la lumière qui nous montre le chemin dans ces heures sombres.
Rhonda : Vous devez commencer à connaitre les bottes de Neven par cœur, vu le temps que vous consacrez à les lécher.
Dr Bell : Rhonda, n’oublions pas la première règle du groupe, pas d’attaque personnelle.
Rhonda : Pardonnez moi. C’est juste que je n’arrive pas à comprendre pourquoi Augie a sauté, il ne semblait pas déprimé à ce point là.
Harold : Peut être qu’il a vu un coléoptère ou une coccinelle.
Monk : Il n’a pas sauté.
Rhonda : Dans les journaux il y avait écrit …
Monk : Je sais ce qui est écrit. La police n’a pas donné toutes les informations qu’elle détient. Les conditions de son décès ne sont pas encore connues. Je crois qu’Augie a été tué. Je crois qu’on lui a ligoté les mains et qu’on l’a jeté du toit.
Rhonda : Oh mon Dieu !
Harold : Je ne sais pas quoi ressentir. Comment dois je réagir …
Dr Bell : Vous avez le droit de vous sentir troublé.
Harold : D’accord, je devrais y arriver.
Monk : Je crois que Barbara aussi a été tuée.
Rhonda : Comment ça, vous croyez ? En fait, vous n’êtes même pas sur de vous ?
Monk : Je crois que quelqu’un, pour une raison qui m’échappe encore, veut assassiner tous les gens de ce groupe un par un.
Dr Bell : Qu’est-ce que la police en dit ?
Monk : Ils sont en train d’enquêter. Ils voudront certainement parler à chacun d’entre vous.
Rhonda : Mais pourquoi est-ce qu’ils nous interrogeraient ? A moins qu’on soupçonne l’un d’entre nous ?
Monk : Oh oui, c’est possible.
Harold : L’un d’entre nous ?
Monk : C’est possible. Il existe une possibilité que l’un d’entre vous soit … tout à fait dérangé.
Dr Bell : D’accord. Evitons de nous emballer. Ce n’est là qu’une théorie.
Harold : C’est lui qui a commis ça. C’est Monk !
Monk : Je te demande pardon ?
Harold : Oui je l’ai entendu parler de nous hier matin au supermarché, il nous déteste, je vous dis.
Monk : C’est faux, je n’ai jamais dit ça en ces termes là.
Harold : Et il a aussi ajouté que vous étiez barbant. Il a dit qu’il détestait écouter vos histoires qui sont pourtant, à mon humble avis, les instants les plus éblouissants de nos séances.
Monk : Je n’ai pas dit ça comme ça, docteur.
Dr Bell : Ne vous inquiétez pas Adrien, j’admets qu’à l’occasion, il m’arrive de m’écouter parler et de me laisser emporter par ce que je raconte.
Harold se lève et les mains en avant, fait le tour de la pièce comme Monk lorsqu’il enquête. Monk s’enfonce dans son siège au fur et à mesure des accusations d’Harold.
Monk : Pour l’amour du ciel, qu’est-ce que tu fabriques ?
Harold : J’enquête.
Dr Bell : Asseyez vous Harold.
Harold : Qui avait un bon mobile ? Suffisant pour commettre un meurtre ? Toi, Adrien. Tu en veux à tout le groupe. Avoue le, tu voudrais Neven pour toi tout seul.
Monk : C’est ridicule.
Harold : Vraiment ? Et qui parmi nous est le plus à même de commettre un meurtre parfait sans laisser le moindre indice derrière lui ? Qui est le célèbre expert criminel ?
Monk : C’est moi.
Harold : Et qui est le mieux placé pour envoyer l’enquête sur une fausse piste et s’en tirer blanc comme neige ?
Monk : Moi.
Dr Bell : Non, attendez. Adrien nous a prévenus du danger.
Harold : Un appel au secours déguisé, rien de plus classique. Ou alors, peut être était ce une tentative pour détourner les soupçons. Est-ce que tu as seulement un alibi pour la journée d’hier ?
Monk : Non.
Harold : Et pour le jour où Barbara a été assassinée ? Hé non, évidemment. Voila ce qu’il s’est passé. Ta mutuelle a modifié ton contrat d’assurance, finies les séances privées, tu étais désespéré, tu devais tuer l’un d’entre nous pour libérer une place dans le groupe de thérapie. Oseras-tu nier ?
Monk : Mais bien évidemment que je nie.
Harold : C’est une réaction typique de la part d’un criminel.
Monk : Oui, c’est juste.
Monk s’était levé, il se rassoit accablé.
Harold : Augie fut le suivant. Tu l’as attiré sur son toit, c’était facile, il avait confiance mais moi non. Tu veux tous nous éliminer un par un afin d’avoir enfin Neven pour toi tout seul. C’est lui, l’assassin !
Dr Bell : Harold, toutes ces accusations sont absurdes. Adrien est incapable de tuer qui que ce soit.
De retour chez lui, Monk est en plein doute.
Nathalie : Monsieur Monk, vous n’êtes pas un assassin.
Monk : Vous êtes sure ?
Nathalie : Oui , bien sur, j’en suis sure.
Monk : Et si Harold avait raison ? Tout concorde, je sais comment commettre un meurtre parfait et j’ai aussi un mobile, il faut l’admettre. Je veux le docteur Bell pour moi tout seul.
Nathalie : Non, monsieur Monk, ça ne peut pas être vous, vous avez un alibi.
Monk : Quel alibi ? Je me trouvais ici, je me trouvais tout seul.
Nathalie : Non, vous n’étiez pas tout seul, vous étiez avec vous-même.
Monk : Comment ça, je n’étais pas tout seul, j’étais avec moi-même ?
Nathalie : Exactement. Vous seriez au courant si vous trucidiez des gens comme ça, à tour de bras. C’est plutôt le genre de truc qu’on a tendance à ne pas oublier.
Monk : Pas forcément. Il peut m’arriver d’avoir des absences. Vous l’avez constaté. Je peux avoir des trous de cinq heures sans me souvenir de rien après.
Nathalie : Oui, mais il y a toujours un élément déclencheur, par exemple, le fait de vous voir nu dans une glace ou un documentaire animalier. Arrêtez, ça suffit. Monsieur Monk, regardez moi. Ce n’est pas vous, ce ne peut pas être vous, alors on enchaine. Qui d’autre est dans le groupe ?
Monk : Il y a Harold. C’est lui alors ?
Nathalie : Mais non, je ne crois pas.
Monk : Vous avez raison, il y a peu de chance que Dieu puisse m’accorder un tel bonheur.
Nathalie : Bon, alors on élimine Harold. Qui reste t-il ?
Monk : Rhonda !
Nathalie : Rhonda ?
Monk et Nathalie se rendent au magasin de prothèses de Rhonda. Tout est éteint.
Nathalie : Ça a l’air fermé.
Monk : La porte est ouverte. Rhonda ? Coucou ! C’est Adrien, je fais partie du groupe.
Nathalie : Vous sentez ça ?
Monk : Ben évidemment, je vais avoir l’odeur dans le nez jusqu’à ma mort. Rhonda ?
Nathalie : Elle est morte. Elle a mélangé de la javel et de l’ammoniaque !
Monk : Ce qui donne du gaz chloré. Elle travaille ici depuis neuf ans, elle n’aurait jamais commis une erreur aussi grossière.
Nathalie : Un meurtre ? Oh, mon dieu, monsieur Monk c’est la troisième.
Monk : OK, Nathalie, si j’avais du assassiner une personne c’est exactement comme ça que je m’y serais pris, avec des produits d’entretien.
Nathalie : Ecoutez monsieur Monk, ça ne peut pas être vous, alors calmez vous. Vous n’utilisez pas ces marques, ce sont des produits bas de gamme. Vous n’en avez jamais acheté.
Monk : Oui, c’est vrai. C’est très très vrai. Danko !
Nathalie : Quoi ?
Monk : Xavier Danko. L’autre patient, on l’a aperçu au supermarché, rappelez vous. Il achetait des produits ménagers, exactement la même marque que ceux la. Harold a dit qu’il avait quitté le groupe de thérapie du docteur Bell un mois environ que Barbara se fasse tuer. Danko a du révéler quelque chose d’incriminant en thérapie, quelque chose d’important qui vaille la peine de tuer.
Nathalie s’effondre.
Monk : Nathalie ! Qu’est-ce que vous avez fait ? Allez venez, vous avez besoin d’air frais, venez. Par la, allez !
Il la tire et l’assoit, inanimée, devant une fenêtre. Un bruit attire son attention. Il se saisit d’un bras mécanique et d’une prothèse de jambe. Il se fait assommer par derrière.
Monk : Chut ! J’entends quelqu’un. Je vais aller voir, vous ne bougez pas de là.
Lorsqu’il revient à lui, il est dans le noir complet. Il découvre Harold allongé près de lui, dans le coffre d’une voiture qui roule.
Monk : Oh mon dieu, je suis enterré vivant ! Au secours ! Laissez moi sortir !
Harold : Arrête, ça ne sert à rien, ça fait plus d’une heure que je crie et que je cogne. Et je suis toujours persuadé que c’est toi.
Monk : Au secours !
Harold : A l’aide ! On est là !
Monk : Laissez nous sortir !
Ils continuent à crier et à taper sur la carrosserie de la voiture qui continue sa route. Harold a une lampe de poche.
Harold : S’il te plait, arrête un peu de me toucher.
Monk : Mais c’est toi qui me touche !
Harold : Ce n’est pas moi, c’est toi ! Moi je ne te touche pas. Alors reste de ton côté du coffre.
Monk : Qu’est-ce que tu racontes ? Je n’ai pas de côté, d’accord ?
Harold : Tu peux quand même t’éloigner de quatre ou cinq millimètres. Voila, ça c’est ton coté. D’accord ? Et la, c’est mon côté. Il commence à partir de la roue de secours jusqu’aux cables pour la batterie. Reste de ton coté et tout se passera bien.
Monk : Hé bien moi, j’ai le coté avec le tapis de sol.
Harold : Le mien est moins bruyant.
Monk : N'importe quoi, vraiment.
Harold : Le pot d’échappement est de ton coté, donc le mien est moins bruyant.
Monk : Oh, mais essaie de grandir un peu.
Harold : Toi, grandis un peu !
Monk : Non, je n’ai pas envie.
Nathalie revenue à elle appelle la police.
Nathalie : Le capitaine Stottlemeyer s’il vous plait.
Harold : Il faut que je sorte tout de suite, je n’en peux plus ! Le plafond est en train de se rapprocher de moi. Il va bientôt nous écraser !
Monk : Harold ! Harold !
Harold : J’ai l’impression d’avoir été enterré vivant !
Monk : Harold ! Harold ! Est-ce que tu veux bien arrêter, tu m’empêches de paniquer ! Alors calme toi par pitié ! Au fait, je te croyais guéri, tu as oublié ta technique ? La visualisation de la porte et de la clé ? Et tout le reste ?
Harold : Ca ne marche pas. Ca n’a jamais marché. J’essayais seulement d’impressionner le docteur Bell. Pourquoi est-ce que je suis comme ça ? Pourquoi … Je m’inquiète toujours de ce que les gens peuvent penser. Qu’est-ce qui cloche chez moi ?
Monk : Rien ne cloche chez toi. Et si tu veux savoir, en toute honnêteté, je t’admire très souvent.
Harold : Arrête, s’il te plait.
Monk : Non, je le pense vraiment. Je t’assure. Tous les deux, il faut bien dire qu’on est quasiment identiques, on a les mêmes genres de problèmes, les mêmes soucis, mais toi, tu es dans la vie réelle, c’est vrai, tu vis dans le monde, tu vis entouré d’une famille, tu as des amis, tu as un emploi, tu arrives à surmonter tout ça.
Harold : C’est gentil de ta part de me dire ça.
Monk : Mais non, regarde moi. Harold, regarde moi ! Je crois qu’on considère la situation sous le mauvais angle. Ce coffre, dans lequel on est, ces parois, ils ne sont pas en train de nous écraser.
Harold : Ah bon ?
Monk : Non. Non, au contraire, ils nous protègent de l’extérieur.
Harold : Comment ça ils nous protègent ?
Monk : Oui, ils empêchent les mauvaises choses d’entrer, ici.
Harold : C’est pas bête ce que tu racontes là.
Monk : Oui, on est protégés des microbes, des serpents et des harmonicas.
Harold : De la nature, de ma mère et de son nouveau petit copain.
Monk : Et de Xavier Danko.
Harold : Et de Xavier Danko. Oui, tu as raison. Oui, ce coffre est notre ami.
Monk : Oui. Je fais une thérapie depuis plus de dix ans. Ce doit être la première fois que j’obtiens un résultat digne de ce nom. C’est fou mais cette histoire de thérapie de groupe m’a l’air de fonctionner.
Harold : Oui en effet.
Ils essaient d’ouvrir le coffre avec le cric. La voiture s’arrête enfin.
Monk : Si le docteur Bell nous voyait …
Harold : Il n’en reviendrait pas.
Monk : Je crois qu’il s’éloigne.
Harold : On reprend alors ?
Monk : Ca marche, c’était une excellente idée.
Le coffre s’ouvre enfin. Ils sortent en s’aidant. Ils s’époussètent l’un l’autre.
Monk : Viens.
Harold : D’accord.
Monk : C’est gentil, je te remercie Harold.
Harold : Tout le plaisir est pour moi. Oh non, c’est la maison de Neven.
Monk : Comment tu le sais ?
Harold : L’été dernier, il a donné une réception.
Monk : Et tu as été invité ?
Harold : Ce n’est pas ce que j’ai dit.
Monk : Bon très bien, il faut trouver un téléphone et appeler la police.
Harold : Ce sera trop long, ça n’ira pas. Il faut quatre minutes et vingt secondes à une patrouille de police pour venir jusqu’ici. Ne cherche pas à comprtendre. Fais attention, il est armé.
Ils prennent des outils dans le coffre et se dirigent vers la maison du docteur Bell.
Harold : Ecoute Adrien, s’il m’arrivait quoi que ce soit …
Monk : Il ne t’arrivera rien, je veille sur toi.
Harold : Tu es prêt ?
Monk : Au travail.
Ils enfoncent la porte d’entrée et entrent en hurlant. Le docteur Bell est installé dans son salon avec Danko.
Dr Bell : Ah, vous voilà tous les deux. Je m’apprêtais à aller vous chercher, la police sera bientôt là.
Danko : (il pleure) Je suis vraiment désolé.
Dr Bell : Xavier me racontait comment il avait tué Tiffany Bolt.
Monk : La jeune femme qu’il suivait ?
Dr Bell : Oui, tout à fait. Il avait mis la voiture avec le corps dans le lac artificiel et après il s’est inquiété
Monk : Mais oui, évidemment, à cause de la sécheresse.
Dr Bell : Exact, le niveau des réserves était en train de baisser dangereusement, il avait peur qu’on finisse par découvrir le corps.
Danko : (il pleure) Mais qu’est-ce que j’ai fait ?
Monk : Il avait parlé de son obsession devant toutes les personnes du groupe. Vous étiez donc les seuls à pouvoir faire le lien entre lui et la mort de cette pauvre fille.
Dr Bell : Oui, il devait nous tuer avant que le cadavre soit trouvé.
Harold : En fait, docteur, nous avons des choses à vous raconter.
Monk : Ah oui, c’est vrai.
Ils s’installent dans les fauteuils du salon.
Monk : Voila, Harold et moi étions enfermés dans le coffre mais nous avons fait face. Nous avons effectué un progrès majeur pour tout dire et je crois qu’on peut définitivement rayer la claustrophobie de nos pathologies communes.
Danko : Docteur Bell, est-ce que vous croyez en Dieu ?
Harold : Hé, excusez moi. Mon ami était en train de dire quelque chose. On ne vous a pas coupé la parole, nous ! Continue.
Monk : Alors je disais, ce que nous avons réalisé, c’est qu’en fait le coffre nous protégeait des microbes.
Harold : De la nature,
Monk : Des serpents.
Harold : Des marionnettes.
Monk : Du tonnerre.
Harold : Des citrouilles.
Monk : Du lait, bien sur.
Dr Bell : Voila. Il est dix heures. Je crois que l’on peut commencer.
Monk : Où sont les autres ?
Dr Bell : Hé bien, comme vous le savez, trois de nos membres ont malheureusement disparu.
Monk : Mais il manque Harold ?
Dr Bell : Harold a fait une chose extraordinaire, il a trouvé un autre psy.
Monk : Je ne comprends pas.
Dr Bell : Il voulait que vous puissiez bénéficier de séances privées avec moi. Vous avez de la chance, Adrien, c’est une bénédiction un ami pareil.
Monk : Harold ?
Dr Bell : Oui. Et pour ce qui est de votre mutuelle, ces séances sont comptabilisées en thérapie de groupe, sauf que vous êtes un groupe d’une seule personne. Et si on commençait ? Tout d’abord je vous félicite d’avoir vaincu votre claustrophobie.
Monk : Plus rien.
Dr Bell : Je suis fier de vous. Bon, quelle est la suite ?
Monk : Ha d’accord. La mort.
Dr Bell : La mort ? Ca va demander du temps.
Monk : Oui, vous pouvez venir là ?
Dr Bell : Bien sur.
Monk : Ca me plait beaucoup. On aurait du essayer la thérapie de groupe depuis longtemps. C’est un bon groupe.
Ils rient tous les deux.
Rédigé par mamynicky









