4.09 – Monk et le cadeau empoisonné
Les rues de San Francisco sont décorées pour Noel. Un individu prépare une bouteille de porto, l’enveloppe dans un paquet cadeau. Plus tard, le paquet cadeau, destiné au Capitaine Stottlemeyer est déposé à l’accueil du Commissariat par un inconnu.
Stottlemeyer : Terry ! Arrête, ce n’est pas droit. Le côté gauche est bien trop bas.
Terry : C’est bien comme ça !
Stottlemeyer : Non, ce n’est pas bon. Adrien Monk sera là.
Terry : Oh non. D’accord.
Alice : Capitaine, j’ai un message pour vous. Votre femme a appelé, sa mère est malade, elle ne pourra pas venir ce soir.
Stottlemeyer : Sa mère est … Quel dommage.
Alice : Voila la liste du service de la semaine prochaine. Vous devez la signer.
Stottlemeyer : Merci Alice. Vivement notre petite soirée.
Alice : Vous avez sans doute raison. Ça dure jusqu’à quelle heure en général ?
Stottlemeyer : L’an dernier, avec Karen, nous avons du partir vers deux heures trente du matin. Et Terry, le lieutenant Chasen était encore debout sur une table en bermuda en train de chanter « Aide moi Wanda » en espagnol.
Terry : Ce n’est pas vrai ce que vous dites, je ne parle pas espagnol.
Stottlemeyer : Oh si ! Vous êtes très fort !
Alice : Ah, et ceci est arrivé pour vous. Quelqu’un l’a déposé sur le bureau de l’accueil.
Stottlemeyer : « Capitaine Leland Stottlemeyer. Un grand merci de la boutique de pièces détachées – Garage Eastwood ». Vous savez ce que c’est Alice ? C’est un pot-de-vin. Une personne veut influencer la Force Publique et je crois que ça va marcher.
Le Lieutenant Disher est installé dans le bureau du Capitaine avec sa guitare.
Disher : Je voulais vous l’accorder. C’est une jolie guitare.
Stottlemeyer : C’est celle de Karen.
Disher : Vous allez jouer ce soir ?
Stottlemeyer : On verra, suivant comme ça se passe.
Disher : Je peux passer chez moi chercher ma guitare et on fera un bœuf. J’avais un groupe quand j‘étais au lycée. Le Randy Disher Project.
Stottlemeyer : C’est un joli nom, comment vous l’avez trouvé ?
Disher : Hé bien, mon nom est Randy Disher, et j’ai rajouté « Project ».
Stottlemeyer : Vous savez, Randy, je ne fais pas de bœuf. Je suis traditionnel, c’est tout.
Disher : C’est génial aussi, comme ça, je peux faire les chœurs.
Stottlemeyer : D’accord.
Disher : Qu’est-ce qu’on vous a offert ?
Stottlemeyer : C’est de la part du carrossier qui est au bout de la rue. Ha, bon sang, c’est du porto. Je déteste ça.
Disher : Moi j’adore le porto.
Stottlemeyer : Je vais la rapporter à la maison pour Karen.
Disher : Elle aime le porto ? ça a un gout assez original. Moi, j’aime bien mais peu de gens aiment ça.
Stottlemeyer : Randy, je la rapporte à la maison.
Chez Nathalie, Monk et Julie décorent le sapin. L’arbre a été séparé en deux et chacun place les décorations de son côté.
Nathalie : Monsieur Monk ! Il est vingt heures trente !
Monk : On part quand vous voulez.
Julie : Qu’est-ce que ça donne de votre côté ?
Monk : Pour l’instant, mon côté est parfait. Qu’est-ce qu’il y a ?
Julie : Est-ce que c’est beau ?
Monk : Qu’est-ce qui est beau ?
Julie : La neige.
Monk : Tu n’as jamais vu de neige ? Oui, c’est très beau. Il n’y a pas deux flocons identiques. Mais malgré ça, c’est magnifique.
Nathalie : Allez, Monsieur Monk, il faut partir. Où sont vos cadeaux ?
Monk : Je les ai mis dans l’entrée.
Nathalie : Chérie, ça ne t’ennuie pas que Monsieur Monk soit avec nous ?
Julie : Non, je suis d’accord Maman. Et puis Noel c’est fait pour ça non ? Aider le plus de monde possible.
Nathalie : Oui. C’est pour qui ?
Monk : Celui-ci c’est de la part de Trudy. Il est pour moi.
Nathalie : De Trudy ?
Monk : Oui. Je l’ai trouvé chez nous après son décès. Alors à chaque Noel je le mets au pied du sapin.
Julie : Vous ne l’avez jamais ouvert ?
Monk : Ha non !
Julie : Celui là, c’est quoi ?
Monk : Il est pour le Capitaine Stottlemeyer. J’ai pioché son nom.
Nathalie : Tout le monde pioche un nom dans un chapeau et on est le Père Noel secret de celui ou celle dont on a pioché le nom.
Julie : Vous avez pris quoi ?
Monk : Tout ce que je peux dire, c’est qu’il va l’adorer. Ce sera surement une belle soirée et pour une fois je ne l’appréhende pas trop.
C’est ça, l’esprit de Noel. Tu verrouilles la porte. Bonne soirée. Ne m’attends pas.
La fête bat son plein au Commissariat. Randy arbore un pull rouge décoré de mtifs verts.
Nathalie : Salut ! Joli pull.
Disher : C’est un cadeau de ma tante Kay de Boston. C’est elle qui l’a tricoté vous savez. D’ailleurs, ça lui a pris des mois. Je suis son neveu préféré.
Nathalie : Je veux bien vous croire, Randy. Je reviens tout de suite.
A ce moment, un des détectives se place à côté de Randy. Il porte exactement le même pull rouge aux décorations de Noel.
Nathalie : Vous êtes cousins ?
Disher : Où est-ce que tu as eu ça toi ?
Détective : Au centre commercial, pour quinze billets.
Disher : Ma tante a du aller au centre commercial, elle a du le voir et elle est rentrée à la maison, elle a tricoté le même. C’est son pull qui a inspiré le mien.
Nathalie : On voit qu’elle a retiré l’étiquette sur le col. C’est la pensée qui compte.
Monk : Bonsoir Alice.
Alice : Bonsoir Adrien, joyeux Noel. On ne vous voit pas beaucoup ces derniers temps.
Monk : Vous savez, je ne sors pas beaucoup en période de fêtes, c’est si déprimant parce que je suis seul. Ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre, vous n’êtes pas mariée n’est-ce pas ? Vous n’avez personne.
Alice : C’est exact.
Monk : C’est très difficile, en particulier pour les personnes de notre âge.
Le Capitaine chante un chant de Noel en s’accompagnant de sa guitare. Randy joint sa voix à la sienne.
Disher : Bravo, c’était génial.
Alice : Bien, je demande l’attention de tout le monde. Il est presque minuit alors il est temps pour nos Pères Noel secrets d’aller chercher leurs cadeaux et de les offrir à leurs destinataires.
Monk : Capitaine.
Stottlemeyer : Oui.
Monk : Je vous souhaite un joyeux Noel.
Stottlemeyer : Oh vous avez tiré mon nom !
Monk : C’est un purificateur d’air. Pour votre maison.
Stottlemeyer : Vous voulez dire que ma maison sent mauvais ?
Monk : Non, non, pas votre maison. C’est-à-dire que parfois il arrive que … que les maisons comme la vôtre aient une … une odeur … qui soit disons … vous savez, une odeur aigre, ou alors une odeur nauséabonde … une odeur … qui dérange ... ; Mais rassurez vous, ce n’est pas chez vous.
Stottlemeyer : Je vous remercie. Merci, Monk.
Monk : Joyeux Noel Capitaine.
Stottlemeyer : Oui, joyeux Noel à vous. Vous achetez des occasions sur internet ?µ
Monk : Jamais, non.
Stottlemeyer : Bien.
Alice : Je suis votre père Noel secret.
Monk : Oh, Alice. Merci. Je vous souhaite un joyeux Noel. C’est une carte humoristique.
Alice : Oui.
Monk : Ça se voit, parce qu’il y a des points d’exclamation. Eh bien, qu’est-ce que c’est ? Oh mon Dieu, Alice !
Stottlemeyer : Une balayette !
Monk : J’adore ce cadeau. Je suis très content.
Alice : Est-ce que tout va bien ?
Stottlemeyer : Vous savez où est passé le cadeau que j’avais acheté pour Terry ?
Alice : Non, qu’est-ce que c’était ?
Stottlemeyer : Une petite tondeuse à cheveux. Le paquet est grand comme ça, c’est moi-même qui l’a emballée.
Alice : Vous avez regardé dans votre mallette ?
Stottlemeyer : Oui, bien sur.
Alice : Offrez lui un des gadgets qui sont sur votre bureau.
Stottlemeyer : Il est venu dans ce bureau des milliers de fois, il verra bien que c’est du recyclage.
Alice : Eh bien alors, voyons, pourquoi pas …
Stottlemeyer : Il aime le porto ?
Alice : Je crois savoir que oui.
Le Capitaine offre la bouteille à Terry.
Stottlemeyer : Vous aimez le porto ?
Terry : Oui, j’adore !
Stottlemeyer : C’est génial. Joyeux Noel
Terry : Merci Capitaine. Bonnes fêtes de Noel.
Terry ouvre la bouteille et la goute. Il tombe inanimé sur le sol
Nathalie : Terry ?
Disher : Terry ! Terry ! Hé, mon vieux !
Stottlemeyer : Appelez une ambulance !
Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Le Capitaine regarde la bouteille de porto encore dans la main de Terry.
Plus tard, Monk examine le corps de Terry, prêt à être emmené à la morgue.
Stottlemeyer : Qu’est-ce qu’il a dit ?
Disher : Ce n’est qu’un examen préliminaire.
Stottlemeyer : Randy, qu’est-ce qu’il a dit ?
Disher : Empoisonné. Avec une sorte de strychnine. Simple et efficace. N’importe qui aurait pu le faire.
Stottlemeyer : Il n’a pas pu le sentir en buvant ?
Monk : Le porto a un gout plutôt fort n’est ce pas ?
Nathalie : Oui, c’est très fort.
Monk : Il ne pouvait pas le détecter.
Disher : Capitaine, ils ont besoin du corps.
Stottlemeyer : Oui, emmenez le. Ce poison m’était destiné.
Disher : Oui, vous pouvez remercier le ciel.
Stottlemeyer : On voulait m’empoisonner, moi. Et c’est ça, je vais remercier le ciel.
Nathalie : Capitaine ! Je suis sincèrement désolée. Il n’avait que trente huit ans, n’est-ce pas ? Il était marié ?
Détective Robbins : Non, je crois qu’ils étaient séparés.
Stottlemeyer : Non ! ils s’étaient remis ensemble, j’ai parlé à Jenny. Ils ont deux petites filles. Des jumelles.
Monk : C’est la carte de vœux qui accompagnait la bouteille. Personne n’a vu qui l’a déposée ?
Alice : Elle était sur le comptoir de l’accueil. N’importe qui a pu la déposer là. Je suis vraiment désolée, c’est moi qui ai eu l’idée de remplacer le cadeau du père Noel secret.
Nathalie : Non, Alice, vous n’êtes responsable de rien.
Robbins : Je viens de réveiller John Desilva, le propriétaire de la carrosserie. Il dit qu’l n’a jamais envoyé de bouteille de porto. Il se dit prêt à passer au détecteur de mensonge mais je suis sur que c’est une impasse.
Nathalie : Celui qui a fait livrer ça savait que vous étiez en affaire avec Desilva, ça réduit les recherches.
Robbins : Non, (il montre l’encadré de la carrosserie sur l’annuaire) « Fournisseur officiel de pièces détachées pour la police de San Francisco ». C’est visible sur toutes leurs pubs.
Disher : D’accord. J’ai autre chose. J’ai établi une liste de cinq suspects possibles. Des gens qui pourraient vous en vouloir, des types que vous avez arrêtés.
Stottlemeyer : Je dis que c’est Frank Prager.
Disher : Oui, Monsieur, Frank est sur la liste, c’est le numéro un.
Nathalie : Qui est Prager ?
Disher : Il y a un an de cela, le Capitaine a tué un voleur de banque du nom de Mike Prager. Frank est son frère. Il y a quelques mois, il a tenté de réduire les scores.
Stottlemeyer : Oui. Il a essayé de me tuer sur un parking en ville. Il a tiré cinq balles de suite et il n’a pas réussi à m’avoir.
Nathalie : Et il est parti ?
Stottlemeyer : Il a disparu.
Robbins : Il vous a encore manqué cette fois.
Disher : Très bien. Chacun va choisir un nom.
Stottlemeyer : Lieutenant, vous perdez votre temps. Croyez moi, je peux vous garantir que c’est Frank Prager.
Disher : Bien. J’ai une idée. Je propose qu’on se sépare en deux équipes. La votre s’occupe de Frank Prager et la mienne du reste de la liste. Voyons …
Stottlemeyer : Qu’est-ce que vous faites ?
Disher : Je choisis mon équipe. Je vais prendre … Je prends Monk.
Stottlemeyer : Non. JE prends Monk.
Disher : D’accord, d’accord. Je prends Nathalie.
Nathalie : Je ne peux pas, Julie m’attend à la maison.
Disher : D’accord, d’accord. Alors je vais prendre …
Stottlemeyer : Vous prenez Robbins. On se retrouve ici à midi.
Bon, je vais prendre Robbins. Allez, en route.
Stottlemeyer et Mponk arrivent sur le parking.
Stottlemeyer : Quatre mois en arrière, c’était un mardi soir, je suis sorti de ce bar … à deux heures du matin, ils avaient pris mes clés de voiture, j’allais rentrer chez moi à pied. J’étais seul, passablement éméché. Ce lampadaire était allumé parce que je voyais très bien. Et lui, il m’attendait à peu près là. Il y avait une grosse camionnette noire garée ici, il m’attendait caché derrière. Il avait du passer la soirée ici. Il est sorti de derrière le véhicule. Je me trouvais à peu près là où vous êtes maintenant et j’ai su tout de suite qui il était. C’était Frank Prager et il voulait ma mort. Je pouvais le lire dans ses yeux. Il a braqué un Glock 17 à hauteur de ma tête et il a tiré cinq coups de feu. Et ensuite … ensuite il a disparu jusqu’à hier soir.
Monk : Il se tenait à quatre mètres de vous avec le lampadaire allumé derrière lui, ce n’est pas difficile de vous avoir. Vous m’avez dit qu’il était vétéran d’une Unité de Commando ?
Stottlemeyer : Oui, mais peut être qu’il était aussi bourré que moi. C’est peut être un miracle.
Monk : C’est possible, oui. Ils ont laissé les trous d’impact tels quels sur le mur.
Stottlemeyer : C’est peut être bon pour les affaires dans ce quartier. Peut être que ça rajoute un côté mystique.
Monk : Le dessin formé par les impacts n’est pas du tout au hasard. Deux, un, deux. Il avait un Glock 17. Il aurait pu tirer 20 balles sans recharger, il n’en a tiré que cinq. Deux, un, deux.
Stottlemeyer : Monk, c’est sans importance, il a laissé tomber les armes et aujourd’hui, il utilise de la strychnine.
Monk : Il opère différemment ?
Stottlemeyer : il était dans les Unités Spéciales, rappelez vous. Ces gars connaissent des centaines de façons de tuer. Ecoutez, Prager veut me voir mort. C’est moi le flic qui a descendu son frère.
Monk : Il est marié, n’est-ce pas ? et il a une fille.
Stottlemeyer : Oui, une jolie petite fille de sept ans.
Monk : Il est toujours en contact avec elles ?
Stottlemeyer : On a planqué devant chez lui pendant plusieurs semaines, il n’est jamais venu et n’a jamais téléphoné.
Monk : Eh bien, on va aller voir, il sera peut être chez lui pour Noel.
Stottlemeyer : Attendez, Monk, je n’ai pas le droit d’aller chez lui. Sa femme a porté plainte contre moi. Elle a dit que je la harcelais.
Monk : Pourquoi elle a dit ça ?
Stottlemeyer : C’est probablement parce que je la harcelais. Vous ! Elle ne vous a jamais vu.
La voiture de Nathalie est en stationnement devant la maison des Prager.
Nathalie : Ça va durer encore longtemps ?
Monk : Nathalie, c’est une planque, on ne sait jamais combien de temps ça va durer. C’est ce qui rend les planques encore plus amusantes.
Nathalie : Et si on jouait aux vingt questions ?
Monk : Si vous voulez.
Nathalie : Très bien. C’est vous qui commencez. Vous devez penser à une personne, n’importe qui, vivante ou morte.
Monk : D’accord, ça y est.
Nathalie : Est-ce que c’est Trudy ?
Monk : Quelle Trudy ?
Nathalie : Trudy, Monk, votre femme ?
Monk : Oui, c’est elle. Merci. C’était amusant.
Nathalie : Alors, Monsieur Monk, vous voulez quoi pour Noel ?
Monk : Un miracle.
Nathalie : Oui. Ça me serait bien utile aussi. Julie déteste vivre ici parce que … on ne voit jamais la neige. Elle prie pour que cette année, on ait enfin un Noel blanc.
Monk : Il n’a pas neigé à San Francisco depuis neuf ans. La dernière fois qu’il a neigé, c’était le jour de la mort de Trudy.
Nathalie : C’est pas vrai, je n’en peux plus ! On va aller frapper à la porte.
Monk : Et on va aller leur dire quoi ?
Madame Prager ouvre la porte. Monk et Nathalie chante un chant de Noel.
Nathalie et Monk : Douce nuit, Sainte nuit, dans les cieux …
Monk : La bougie coule là …
Nathalie : Continuez.
Nathalie et Monk : … Cet enfant, sur la paille endormi …
Nathalie : Joyeux Noel à vous.
Charlotte Prager : En général, les chœurs de Noel chantent tous en groupe, non ?
Monk : Exact. Euh…
Nathalie : Oui. … Nous avons … un groupe …
Monk : Oui … un groupe … Nous avions … Mais tout à l’heure, on les a perdus.
Charlotte : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Monk : Des différends au niveau de la créativité …
Nathalie : Ils n’étaient pas très à l’aise avec les chantes religieux …
Monk : Oui … Il fallait …
Nathalie : Il fallait qu’on fasse quelque chose …
Monk : C’est-à-dire qu’ils voulaient le faire façon Las Vegas.
Nathalie : Oui, et nous …
Monk : Mais on leur souhaite bonne chance.
Nathalie : Est-ce que je peux utiliser vos toilettes ?
Charlotte : Bien sur, entrez, je vous en prie. Allez y, c’est par ici.
Monk s’approche de la petite fille qui dessine.
Monk : Tu es Dori ?
Dori : Comment vous savez ?
Monk : Eh bien, c’est ton papa qui me l’a dit.
Dori : Vous connaissez mon papa ?
Monk : En quelque sorte, oui. Et tu vois, je le cherche, dis moi, est-ce que tu sais où il est ?
Dori : Chut ! C’est un secret.
Monk : C’est un secret, d’accord. Je ne le dirai à personne.
Charlotte : Qu’est-ce que vous faites ?
Monk : Je … J’étais …
Charlotte : Vous êtes de la police ?
Monk : D’accord, écoutez, voila …
Charlotte : Va dans ta chambre. Je veux que vous partiez, sortez de ma maison. Vous ne trouvez pas que vous en avez assez fait à cette famille ?
Charlotte pousse Nathalie dehors et leur claque la porte au nez.
Monk : Oh, ben ça s’est bien passé.
Plus tard, Monk et Nathalie suivent Charlotte et Dori dans un centre commercial. Monk est bousculé par la foule.
Nathalie : Attendez, est-ce qu’on a un plan ?
Monk : Non, mais il faut que je parle avec cette enfant. Ne serait-ce qu’une seule minute. Elle sait quelque chose, croyez moi. Je vous le dis. Mais qui sont toutes ces personnes ? J’ai l’impression qu’ils ont tous oublié le véritable but de Noel.
Nathalie : Ah oui, et qu’est-ce que c’est ?
Monk : De me laisser tranquille.
Nathalie : J’adore tout ce qui se rapporte à Noel. La foule, les achats et les décorations.
Monk : Le fait que ce soit aussi horrible ne vous dérange pas ?
Monk surveille Charlotte et Dori qui attendent pour une photo avec le Père Noel, qui n’est pas encore arrivé. Nathalie reconnait le manager du centre commercial.
Nathalie : Non, c’est pas vrai, je n’arrive pas à le croire. Il est encore là !
Monk : Qui est encore là ?
Nathalie : Monsieur Preston. J’ai travaillé ici autrefois.
Monk : Attendez une minute. Combien de métiers avez-vous exercé ?
Nathalie : J’ai fait ça en sortant de la Fac, c’était un emploi d’été. J’ai été embauchée au bureau d’information, mais ça n’a duré que trois semaines.
Monk : Que s’est il passé ?
Nathalie : Monsieur Preston m’aimait bien, beaucoup. Enfin, un peu trop.
Monk : Je n’ai jamais eu ce problème.
Nathalie : « Le Père Noel revient dans vingt minutes ». Ne bougez pas, je reviens.
Monk : Où est-ce que vous allez ?
Nathalie : Je vais voir Monsieur Preston. Il me doit un petit service.
Monk : Quel genre de service ?
Nathalie revient, déguisée en elfe, Monk a revêtu l’habit et la barbe du Père Noel. Il s’installe dans le fauteuil sur l’estrade.
Nathalie : Qui attend pour voir le Père Noel ?
Les enfants : Moi … Moi !
Nathalie : Vous avez de la chance, parce que devinez qui vient d’atterrir chez nous en provenance directe du Pôle Nord ?
Les enfants : Le Père Noel ! Bonjour Père Noel ! Comment ça va ?
Nathalie : Chuuuut ! Tout le monde écoute bien, d’accord ? L’atelier du Père Noel a instauré de nouvelles règles cette année. Avant d’aller vous asseoir sur les genoux de votre Père Noel, vous devez utiliser les lingettes magiques de cette boite et vous nettoyer les mains. Oui, c’est drôle. Et on ne touche pas le visage du Père Noel. Et essayez de ne pas trop lui souffler dans la figure. N’oubliez pas, le Père Noel n’est pas toujours joyeux, il est même très triste parfois. D’accord ? Qui y va en premier ?
Monk : Non, non, tu restes où tu es, tu as été un gentil garçon ?
Nathalie : Qu’est-ce qu’il fait ? Monsieur Monk, prenez le sur vos genoux, vous êtes le Père Noel.
Monk : Non, non, non.
Nathalie : Je vous dis qu’il doit s’asseoir sur vos genoux. Allez, hop !
Monk : Non, non, non, non. Tu es trop près là. Très bien, sur les genoux mais pas plus haut. Non, il gesticule. Le Père Noel n’aime pas ça.
Une petite fille : Je t’aime, Père Noel
Monk : Qu’est-ce qu’elle veut ?
La Maman : Elle veut un baiser.
Monk : Non, non, non, désolé. C’est pas bon, allez descends, c’est fini.
Une petite fille : Je veux donner ma liste de cadeaux.
Monk : Non, tu descends, tu me l’enverras par la poste, allez, c’est fini. Va-t’en.
Un petit garçon : Tout ce que je veux pour Noël, c’est un kit de polissage de pierres.
Monk se reconnait, il s’intéresse au petit garçon.
Monk : Un kit pour polir les pierres ? Toi, tu es le préféré du Père Noel.
Monk : Comment tu t’appelles ?
Une petite fille : Trudy ! Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Est-ce que ça va ?
Monk : C’est parce que ma femme s’appelait Trudy aussi. Elle a été tuée par une voiture piégée. La bombe était placée sous le siège du passager. Et puis toute la voiture a explosé. Elle a été tuée sur le coup.
Monk pleure, Trudy le prend dans ses bras et lui caresse les joues.
Monk : Allez, c’est fini, sauve-toi. Sauve-toi. Et toi comment tu t’appelles ?
Dorrie : Dorrie.
Monk : Dorrie, c’est un bien joli prénom. Je te parie que je sais déjà ce que tu veux pour Noel. Tu veux que ton papa rentre à la maison. Et j’ai très envie de t’aider mais j’ai un problème, c’est que je n’arrive pas à le trouver. Est-ce que tu sais où il est toi ?
Dorrie : Il est dans une église.
Monk : Ton papa habite dans une église ?
Dorrie : Oui, dans une église avec trois dames devant.
Monk : Avec trois dames devant.
Dorrie se tourne pour faire un sourire à sa mère et aperçoit son père qui la regarde de loin. Elle s’élance vers lui mais il s’enfuit.
Dorrie : Papa !
Monk : C’est lui ! C’est Prager ! Nathalie !
Charlotte : Frank, la police !
Monk et Nathalie courent derrière lui mais Prager les sème. La police a retrouvé l’église signalée par Dorrie, Trois statues d’ange sont sur le parvis. L’église est encerclée par le SWAT.
Disher : Monk avait raison, il est là.
Stottlemeyer : Trois dames devant l’église, c’est ce qu’on cherchait.
Disher : Oui, Monsieur. Il vit ici depuis le mois de septembre, dans une pièce au sous sol. Il est connu sous le nom de Brad Elliot.
Stottlemeyer : Je me fiche de savoir sous quel nom il est connu. On va aller le chercher. Couvrez l’arrière. Dites aux tireurs qu’on y va à mon signal.
Disher : Attendez, attendez ! Il y a une nonne à l’intérieur. Elle refuse de sortir.
Stottlemeyer : Une nonne ?
Disher : Elle a l’air gentille, vous savez, elle a une tenue de religieuse.
Stottlemeyer : Qu’est-ce qu’elle veut, Randy ?
Disher : Elle dit qu’elle veut juste vous parler. Elle a peur que vous le passiez à tabac.
Stottlemeyer : Elle a dit … Très bien, très bien. Dites aux hommes de rester à couvert.
Disher : Restez couverts.
Stottlemeyer : En arrière, en arrière ! Restez en position. Reculez, restez en position.
Heather : Je suis la sœur Heather.
Stottlemeyer : Enchanté, ma sœur. Vous savez pourquoi je suis là ?
Heather : Oui. Il est à l’intérieur, il est dans le sanctuaire. Il est mort de peur, vous savez. Vous pensez qu’il a tenté de vous tuer ?
Stottlemeyer : Oui, Madame. C’est ce que je pense.
Heather : Eh bien, apparemment, vous avez l’air convaincu qu’il a tenté de vous tuer.
Stottlemeyer : Vous êtes vachement … Euh, oui, je le suis.
Heather : Je veux seulement m’assurer que Brad ne sera pas maltraité.
Stottlemeyer : Brad n’est pas son vrai nom.
Heather : Vous avez raison. Je ne connais pas son vrai nom mais je connais l’homme. Il travaille pour nos œuvres sociales. C’est un homme généreux, il nourrit les affamés et les sans-abri tous les soirs. Et quand ils sont trop fatigués pour venir, il leur apporte leur repas.
Stottlemeyer : Il a peut être un sentiment de culpabilité.
Heather : Avoir un sentiment quel qu’il soit, c’est rare de nos jours. Que voulez-vous, Capitaine ?
Stottlemeyer : Je veux la justice.
Heather : Il a peur que vous vouliez plus que ça. Il a peur que vous et les autres policiers vouliez …
Stottlemeyer : Nous venger ? Non.
Heather : Mon père m’a appris une leçon importante un jour. Il n’y a pas de vengeance plus entière que le pardon.
Stottlemeyer : Votre père.
Heather : C’est votre père aussi.
Stottlemeyer : D’accord. Ecoutez, je vous promets qu’aucun mal ne lui sera fait.
Heather : Entendu.
Au commissariat, Monk et Stottlemeyer interrogent Prager. Disher et Nathalie qui lit le journal tenu par Prager sont derrière la glace sans tain.
Monk : Frank, il y a une clinique qui se trouve à coté de l’église. Ils ont des médicaments et des produits chimiques … Est-ce que vous aviez accès à leur pharmacie ?
Frank : En fait, je n’ai jamais eu la clé de quoi que ce soit. Mais ça aurait été très facile d’y entrer. Je n’ai voulu empoisonner personne. Je ne suis pas du tout un meurtrier.
Stottlemeyer : C’est ça, tu as oublié notre dernière rencontre sur le parking, il y a quatre mois n’est-ce pas ?
Frank : Je n’ai pas essayé de vous tuer.
Stottlemeyer : Attends, tu n’es pas sérieux, là ?
Frank : D’accord, peut être que j’y ai pensé. Quand je vous ai vu, je n’ai pas pu. Je ne voulais pas devenir comme mon frère. A la dernière minute, j’ai décidé de vous faire passer un ménage.
Stottlemeyer : Quel message ?
Monk : Ha mon Dieu. Capitaine, les trous dans le mur … ils avaient la forme d’un M comme Mikael.
Frank : En effet, c’était un M. Vous auriez pu le deviner.
Stottlemeyer : Comment aurais-je pu deviner que tu avais voulu dessiner la lettre M ? Ce gars là est le meilleur enquêteur que je connaisse et il n’a pas deviné qu’il s’agissait de la lettre M ! Tu n’aurais pas pu te servir d’une bombe de peinture comme tout le monde ? Pour l’amour du ciel ! Un message !
Frank : Je voulais seulement que vous réfléchissiez un peu à ce que vous avez fait. Mikael était un brave gamin, il s’est juste laissé embobiner.
Stottlemeyer : Attends, tu crois que je ne pense jamais à ton petit frère ? Je ne cesse de penser à lui chaque jour de ma misérable vie. C’était ou lui ou moi. Et aujourd’hui, ça me bouffe encore. Je n’ai pas besoin d’un M sur un mur pour me rappeler un souvenir comme celui là. Aucun flic n’a besoin de ça.
Le Capitaine appelle des policiers.
Stottlemeyer : Allez, sortez le d’ici.
Nathalie : Capitaine, vous devriez lire ça. C’est un extrait du journal qu’il tenait pendant qu’il était dans cette église. Il regrette amèrement ce qu’il a fait. Lisez cette partie, elle m’a fait pleurer.
Disher : Il ne peut pas le voir.
Stottlemeyer : Non, je sais Nathalie, écoutez, ce n’est pas notre tueur.
Monk : Très bien, continuons. Lieutenant, vous disiez qu’il y avait quatre autres suspects qui pouvaient avoir un mobile.
Disher : En fait ils sont tous hors du coup. L’un d’eux est mort, l’autre est hospitalisé et les deux autres sont retournés en prison.
Stottlemeyer : Très bien, alors ce n’est pas Frank Prager, ce n’est personne sur votre liste, alors qui m’a envoyé cette bouteille de porto ?
Disher : Et est-ce qu’il va essayer à nouveau ? Je veux dire de vous tuer.
Stottlemeyer : J’avais bien compris Lieutenant.
Chez Nathalie, Julie joue avec les décorations de Noel. Nathalie distribue les cadeaux.
Julie : Allez Maman.
Nathalie : Quoi ?
Julie : Regarde, c’est beau, non ? Il vous en faut un à vous aussi.
Nathalie : C’est très joli. Ça c’est la part de Monsieur Monk.
Julie : Vous n’étiez pas obligé de m’offrir un cadeau. Merci quand même.
Monk : Non, il ne faut pas le déchi …
Julie : Une trousse de secours !
Monk : C’est le cadeau à la mode cette année. Tu sais, c’est le nec plus ultra des trousses de secours. Je veux parler de plus d’une trentaine de mètres de gaze, cinq pommades différentes et en plus, il y a un garrot. Alors, tu vois, ce garrot …
Nathalie : Bien ! on verra tous les détails plus tard. Ça, c’est un cadeau de notre part à toutes les deux. Doucement, c’est fragile.
Monk : Oh, non ! oh !
Il sort un petit aquarium du sac, dans lequel il y a un poisson rouge.
Monk : C’est vivant, c’est une chose vivante. Est-ce que ça va mourir ?
Nathalie : Eh bien, moi je dirai pas avant très très longtemps.
Monk : Oui, mais ça va mourir un jour ou l’autre.
Nathalie : C’est un ami.
Monk : Un ami qui va mourir.
Nathalie : Un ami qui vous tiendra un peu compagnie.
Monk : C’est un ami mortel. Regardez. Il nage de façon saccadée. Il tourne sur la gauche et il repart en nageant sur la droite. Il zigzague tout le temps. On peut le dresser ?
Nathalie : On va l’entrainer à tourner dans le sens des aiguilles d’une montre.
Julie : Et je pourrai vous montrer comment nourrir … ha !
Elle fait tomber de la nourriture pour poisson sur le sol. Monk va chercher le cadeau d’Alice.
Monk : Attendez, attendez. Restez là.
Nathalie : Ce n’est rien.
Monk : Je vais nettoyer ça avec ma nouvelle balayette.
Nathalie : Ce n’est pas grave.
En prenant la balayette, Monk sort la carte d’Alice. Il réfléchit.
Plus tard, Stottlemeyer, Disher, Monk et Nathalie, se présentent chez Alice.
Alice : Capitaine !
Stottlemeyer : Joyeux Noel Alice. On peut entrer ?
Alice : Alors, que se passe-t-il ?
Stottlemeyer : C’est Monk qui pense avoir découvert qui a essayé de me tuer le soir de la fête de Noel.
Alice : Je croyais que c’était Prager.
Stottlemeyer : Non. Ce n’était pas Prager. En fait, ce n’était personne.
Monk : Non, personne n’a essayé de tuer le Capitaine, c’était une astuce pour nous envoyer sur une fausse piste. C’était Terry Chasen qui était visé. Oui, depuis le début.
Disher : Alice, nous savons que vous sortiez avec Terry. On a des relevés de téléphone et de carte de crédit. Vous étiez ensemble depuis six mois …
Alice : Non, sept. Ça faisait sept mois.
Stottlemeyer : Est-ce que c’est parce qu’il voulait retourner avec sa femme que vous l’avez tué ?
Monk : Alice, nous savons comment vous avez fait. C’est vous qui avez eu l’idée des cadeaux de Noel. C’était plus facile de vous assurer que le capitaine tirerait le nom de Terry.
Stottlemeyer : Je m’en souviens, j’ai été le dernier à choisir. Il ne restait plus qu’un seul nom.
Monk : Le jour de la fête, vous avez apporté une bouteille empoisonnée au poste et vous l’avez déposée à l’accueil. Elle était adressée au Capitaine Stottlemeyer.
Stottlemeyer : Vous saviez très bien que je ne buvais pas de porto.
Monk : A un moment donné, au cours de la soirée, vous êtes allée dans le bureau du Capitaine et vous avez volé le cadeau qu’il avait acheté pour Terry.
Nathalie : Comme le Capitaine ne le retrouvait pas vous lui avez suggéré de le remplacer par la bouteille empoisonnée.
Monk : Un peu comme un magicien qui fait un tour de passe-passe. Vous avez envoyé tout le monde dans la mauvaise direction. C’était très … très malin.
Alice : Excusez-moi.
Stottlemeyer : Alice. Alice … où est le poison ? Écoutez, si vous l’avez jeté, on retrouvera des traces. Vous savez ça.
Alice : Il est rangé au sous sol. Comment l’avez-vous su ?
Monk : Regardez, voici la carte et l’enveloppe qui accompagnaient la pelle et la balayette dont je me suis servi aujourd’hui. Au fait, c’est fantastique. Mais la carte est un petit peu trop grande, vous voyez ? Vous avez été obligée de la plier. Cette carte accompagnait la bouteille empoisonnée qui a tué Terry. Elle est trop petite. Vous avez mélangé les cartes.
Alice : J’ai mélangé mes cartes. Pourtant je suis organisée en général. Je ne pouvais pas … Je ne pouvais pas vivre sans lui.
Au commissariat, Frank Prager est emmené par un policier. Stottlemeyer lui enlève les menottes.
Stottlemeyer : Je m’en charge. Merci. J’ai parlé avec le procureur. Elle va te proposer un marché. Huit mois plus ce que tu as déjà purgé pour l’agression. Réfléchis bien. C’est à toi de décider quand tu voudras revenir.
Frank : Maintenant je vais où ?
Stottlemeyer : Tu es remis en liberté sur engagement personnel pour deux jours. C’est moi qui suis responsable de toi alors fais en sorte que je n’ai pas à le regretter. Rentre chez toi.
Chez Nathalie, Monk tient le cadeau de Trudy.
Nathalie : Vous n’êtes pas curieux ?
Monk : Non, j’aime bien ne pas savoir.
Julie : Maman ! c’est génial !
Nathalie : Julie ! mais qu’est-ce qu’il y a ?
Il neige, ils sortent devant la maison.
Nathalie : Ma chérie, c’est un Noel blanc ! C’est le Noel blanc que tu attendais.
Julie : Je vais chercher mon appareil photo.
Nathalie : Je vais chercher mon manteau. Joyeux Noel Monsieur Monk.
Monk reste seul, il écarte ses bras et laisse tomber la neige sur lui.
Rédigé par mamynicky