4.10 – Monk fait la mode
Dans un magasin de prêt à porter, Nathalie aide Monk à choisir des chemises.
Nathalie : Celle la, regardez !
Monk : Ha non.
Vendeur : Vous avez trouvé quelque chose qui vous intéresse ?
Monk : Dennis est-il là ? C’est lui qui s’occupe de moi d’habitude.
Vendeur : Malheureusement, Dennis a démissionné.
Monk : Démissionné ?
Vendeur : Oui, apparemment, il a craqué à cause d’un client régulier qui le rendait fou.
Nathalie: On se demande bien quel genre de client pourrait faire ça !
Vendeur : Je peux vous aider ?
Monk : Dennis a démissionné !
Nathalie : Oui, nous aimerions trouver une chemise identique à celle là.
Vendeur : Vous voulez la même chemise ?
Monk : Identique, oui ? Même couleur, même motif. Col quarante centimètres, manches, quatre vingt trois.
Vendeur : D’accord, mais vous possédez déjà ce modèle, alors peut être pourriez vous préférer autre chose ?
Monk : En fait, non !
Vendeur : Hum. Mais pourquoi changer ? Très bien. Oui, voilà. Col quarante, manche quatre vingt trois.
Monk : Ha non, celle-ci a été contrôlée par l’inspectrice numéro six, ce n’est pas celle que je préfère. Est-ce que vous en avez une qui a été contrôlée par l’inspectrice numéro huit ?
Vendeur : (il rit) C’est une plaisanterie ? hum, non, c’est sérieux. Comme on dit, le client est roi. [Reste à savoir le roi de quoi ?] Numéro cinq, numéro deux, voilà ! Tenez, contrôlée par le huit.
Monk : Ha ! excellent !
Vendeur : Il y a vraiment une différence ?
Monk : Vous voulez rire. Regardez ça, c’est une artiste. J’admire vraiment son travail depuis des années. Toutes ces chemises, depuis la moindre épingle jusqu’au moindre bouton, tout est parfait … Il y a un défaut là
Nathalie : Où ça ?
Monk : Il y a un défaut juste là. Regardez, il y a un problème sur la manche, elle est de travers.
Nathalie : Elle a peut être eu une mauvaise journée.
Monk : Non, non, c’est impossible, pas elle ! Je la connais, je sais comment elle travaille. Elle ne se laisse pas facilement distraire.
Nathalie : Monsieur Monk, est-ce que ça va ?
Monk : Nathalie, il se passe quelque chose. Il se passe quelque chose de grave avec l’inspectrice numéro huit … Dennis !
Nathalie : Ce n’est rien.
Monk : Dennis !
A la fabrique de chemises, Maria Ortiz, inspectrice 8, regarde tristement un article de journal qui annonce une perpétuité pour le tueur de mannequins, Pablo Ortiz.
Sur les lieux d’un meurtre. Le Capitaine Stottlemeyer s’approche d’une jeune femme en pleurs. A l’écart, Monk discute avec Nathalie.
Stottlemeyer : Madame Hammond, on va tout revoir du début. Prenez une chaise. Donc, vous êtes revenue à la maison et vous avez trouvé votre mari étendu par terre il y a une heure. On l’avait poignardé.
Mme Hammond : Oui.
Monk : Ce n’est pas drôle. Cela n’a rien d’amusant.
Stottlemeyer : Je comprends votre chagrin.
Monk : L’inspectrice numéro huit est quelqu’un d’important pour moi. Parce que même quand tout va de travers, je sais que je peux compter sur elle.
Nathalie : Monsieur Monk, vous êtes en train de me parler d’une personne que vous n’avez jamais croisée, qui travaille dans une usine, quelque part, à examiner des chemises.
Monk : Elle est comme une âme sœur pour moi.
Nathalie : Vous ne savez même pas si c’est un homme ou une femme.
Monk : Je l’adore et je crois qu’elle a des ennuis.
Nathalie : Peut être qu’elle est partie à la retraite, peut être qu’elle a laissé sa place à un autre ?
Monk : Non, non, non. Ce n’est pas possible. Elle ne peut pas prendre sa retraite, elle aime ce qu’elle fait. Regardez cette chemise. Prenez l’inspecteur numéro cinq, lui, pourrait prendre sa retraite. Parce qu’il n’en a plus rien à faire, depuis des années.
Disher : Monk !
Monk : Quoi ?
Disher : On doit bientôt faire emmener le corps. Voulez-vous y jeter un coup d’œil ?
Monk : Oui, j’arrive ! Il ne me reste que cinq chemises. Imaginez que je me renverse quelque chose dessus ? Que je me fasse une tache, que j’en déchire une. Ce serait …
Stottlemeyer : Alors, qu’est-ce qu’il se passe ?
Disher : Il fait un blocage sur ses chemises.
Nathalie : Mettez deux chemises à la machine, fermez le sas, et si jamais elles se plaisent, … hum ?
Stottlemeyer : Alors, Monk ?
Monk : Quoi ?
Stottlemeyer : Qu’est-ce que vous en dites ?
Monk : De quoi ?
Stottlemeyer : Du type qui est allongé dans la cuisine !
Monk : Ha oui, pardon, j’étais en train de penser à autre chose.
Nathalie : Il s’inquiète pour la femme qui lui inspecte ses chemises.
Monk : J’ai fait trois boutiques de prêt à porter. Vous n’imaginez pas l’horreur, la coupe était … Là les couleurs étaient …
Nathalie : Allez y Capitaine, mettez nous au courant.
Stottlemeyer : D’accord. Ce sont tous les deux des musiciens classiques. Ils se sont mariés il y a environ six mois.
Monk : Ça ne lui ressemble pas.
Stottlemeyer : La femme faisait ses gammes au violoncelle dans son studio de répétition en ville. En rentrant à la maison à quinze heures trente, elle a trouvé son mari allongé sur le sol de la cuisine, le corps lardé de trois coups de couteau.
Monk : Hé bien, elle a menti, elle ne répétait pas. On ne peut pas jouer du violoncelle en portant une robe longue. Vous savez ce que je vais faire ? Je vais me débrouiller pour retrouver l’inspectrice numéro huit. L’usine de chemises se trouve à Rockaway. C’est à deux heures de route, non ?
Disher : Il a raison.
Stottlemeyer : Emmenez la au commissariat. Monk ! Merci.
Monk : Pour quoi ?
Stottlemeyer : Pour avoir résolu l’affaire.
Monk : Ho, ce n’est rien, ça. Si elle a des problèmes, je pourrais peut être l’aider.
Monk et Nathalie sont arrivés à l’usine.
Monk : Tenez, regardez, là ! C’est le numéro quatre, une calamité. A côté de lui, l’inspecteur numéro dix passerait presque pour le numéro six. Bonjour ! C’est la six. La voilà. C’est elle, la numéro huit.
Nathalie : Et alors ? Vous comptez l’inviter, ou quoi ?
Monk : Non, je suis seulement un peu nerveux.
Nathalie : Ça va aller, allez la voir. Allez !
Monk : Veuillez m’excuser. Numéro huit ? bonjour. Je m’appelle Adrien Monk et voici Nathalie Teeger.
Maria : Adrien Monk ? Celui là ?
Monk : Ho, vous l’avez conservée ? C’est la seule lettre de fan que j’ai jamais écrite.
Maria : Je m’appelle Maria Ortiz.
Monk : Maria, c’est un grand honneur et un plaisir immense. C’est une joie de pouvoir mettre un nom sur l’étiquette dans la poche. Vous donnez votre approbation à celle-ci ? Regardez, il y a une petite tache.
Maria s’effondre et jette la chemise dans la poubelle. Elle leur montre l’article de journal.
Monk : Je le savais ! J’étais absolument sur que vous n’alliez pas bien.
Nathalie : Maria, Monsieur Monk se faisait beaucoup de soucis pour vous.
Maria : Ce n’est pas moi, il s’agit de mon fils, Pablo.
Nathalie : Ha oui, je me souviens de cette affaire. Le top model, Clea Vance.
Maria : Les journaux se trompent, tout le monde se trompe. Pablo est un bon petit. Il est innocent.
Monk : Oui, ce doit être très dur. Vous vous sentiriez peut être mieux en vous concentrant sur votre travail. Vous devriez vous remettre à contrôler vos chemises. Je vais être clair, Maria. Je n’ai plus que cinq chemises à ma disposition.
Nathalie : Monsieur Monk, vous pourriez l’aider peut être ? Oui, Maria, Monsieur Monk est un détective connu et il travaille avec la police.
Maria : Vous êtes venus me voir pour aider mon fils ?
Monk : Non, en réalité, ma … comment vous dire ça, ma … ma priorité est plutôt de m’assurer que vous focalisiez à nouveau toute votre attention sur le contrôle des chemises.
Maria : Monsieur Monk, je n’arrête pas de prier pour que quelqu’un comme vous puisse m’aider. Pablo est innocent. Lorsque vous irez lui parler, vous serez d’accord.
Monk : Lorsque j’irai lui parler ? Non, non. Je n’ai jamais dit que j’acceptais.
Maria s’assoit en pleurant tandis que Monk envoie toutes les chemises dans la poubelle.
Nathalie : Monsieur Monk ! Ho, ça doit être vraiment affreux pour vous
Plus tard, à la prison.
Monk : Je ne sais pas ce qu’on fait ici. Pourquoi vous m’avez entrainé dans toute cette histoire ?
Nathalie : Parce que c’est quelque chose de juste.
Monk : Vous avez lu le dossier ? Il y a des témoins dans tous les sens, des tas de preuves d’ADN. Nathalie, il l’a tué, il n’y a pas le moindre doute.
Nathalie : Ça ne coute rien de le rencontrer.
Monk : Si je retourne voir Maria pour lui expliquer que son fils est bel et bien coupable, elle sera totalement anéantie, ce sera encore pire parce qu’il ne me reste plus que cinq chemises.
Pablo Ortiz : Monsieur Monk. Madame Teeger ? J’ai discuté avec ma mère. Elle m’a dit que vous alliez passer.
Nathalie : Oui.
Pablo : Où avez-vous connu ma mère ?
Monk : Je suis un fan de ce qu’elle fait à son travail pour l’usine.
Pablo : Un fan ?
Nathalie : Votre mère nous a demandé d’enquêter sur l’affaire. Nous voudrions avoir votre version.
Pablo : Ce n’est pas moi qui ai tué Clea Vance. La voila, ma version. Je ne l’ai jamais rencontrée, je ne l’ai jamais vue de ma vie. Il y avait un défilé de mode dans un hotel. Je suis livreur, c’est mon métier. J’ai livré des vêtements et je suis rentré chez moi. Et le lendemain, on venait m’arrêter. Je ne comprends rien à toute cette histoire. Je vis un vrai cauchemar.
Monk : On a retrouvé votre ADN sur la victime. Votre sang, vos cheveux. Comment vous expliquez cela ?
Pablo : Je n’en sais rien. Il y a une erreur, je ne sais pas, une espèce de malentendu …
Monk : La colocataire de Clea Vance a affirmé que celle-ci avait peur de vous. Elle dit que vous la harceliez. Regardez. C’est écrit là. « Pablo Ortiz était obsédé par Clea ». Regardez là, c’est écrit.
Pablo : Oui, je vois.
Monk : Vous mentez, Pablo, ce n’est pas ce qui est écrit. Vous ne savez pas lire en vérité. Je me trompe ?
Pablo : Non, monsieur. Je suis né et j’ai grandi au Mexique avec mon père. Je suis arrivé dans ce pays il y a seulement trois ans et je parle très bien la langue mais je ne sais toujours pas la lire.
Plus tard. Monk étudie le dossier de Pablo. Il montre un plan à Nathalie.
Nathalie : Qu’est-ce qu’il y a ?
Monk : Regardez, c’est une issue de secours.
Nathalie : Oui, et alors ?
Monk : L’assassin ne l’a pas empruntée. Si on examine de près le plan d’étage, le type a dû traverser la porte deux fois pour entrer et resortir. Il y avait plein de monde, c’était extrêmement risqué. Quelqu’un aurait pu le surprendre.
Nathalie : Mais s’il avait pris l’issue de secours, l’alarme aurait sonné.
Monk : Exactement. Donc, celui qui a tué cette femme a lu l’écriteau.
Nathalie : Et Pablo ne sait pas lire. Vous croyez qu’il est innocent ? Je suis sure que oui.
Plus tard, au Commissariat. Stottlemeyer, Disher, Monk et Nathalie questionnent Gordo, de la police scientifique.
Gordo : La top model ? Oui, je m’en souviens, c’est moi qui ai fait les analyses. Vous avez eu du nouveau ?
Stottlemeyer : Non, Monk a rencontré la mère du tueur.
Disher : Une examinatrice de chemises.
Nathalie : Elle jure que son fils est innocent.
Gordo : Oui, je sais, c’est ce qui est le plus difficile dans ce boulot, les pleurs des mères. C’est surement un des trucs qui va le moins me manquer.
Stottlemeyer : Où est-ce que vous allez ?
Gordo : Je prends ma retraite. On fait une petite fête pour moi vendredi, si ça vous tente …
Disher : Super ! Comptez sur moi :
Stottlemeyer : Vous partez à la retraite ? Vous avez quel age ?
Gordo : Quarante six ans.
Stottlemeyer : Vous avez gagné au loto ?
Gordo : Non, j’ai mis des billes dans l’immobilier. Vous faites quoi de vos économies ?
Stottlemeyer : Euh … je mange. Il faut que je cause à mon comptable.
Nathalie : Vous avez un comptable ?
Stottlemeyer : Non, il faut que je m’en prenne un et après il faudra que je lui cause.
Monk : Je ne sais pas mais il y a quelque chose dans ce cliché qui me chiffonne.
Stottlemeyer : Quoi ?
Monk : Je ne sais pas.
Nathalie : Et ça, ce sont ses chaussures ?
Gordo : Exact. Regardez un peu ça. Le sang, les cheveux, les fibres, tout appartient à Pablo Ortiz. C’est le jack pot.
Stottlemeyer : Je ne vois aucune faille la dedans, moi et vous ?
Gordo : Non, on a chopé le bon, l’humain peut mentir. Les gens mentent tout le temps mais l’ADN, ça, ça ment jamais.
Monk : Je pense que ça n’est pas forcément l’assassin.
Nathalie : Regardez. Il y a une issue de secours là.
Stottlemeyer : Oui, vous m’avez déjà raconté cette histoire.
Monk : Oui, je sais mais …
Stottlemeyer : Ecoutez je resterai volontiers tailler le bout de gras avec vous mais j’ai encore quatre enquêtes sur le feu. Mais je vous en prie, faites vous plaisir. Merci, Gordo.
Disher : A vendredi pour la fête.
Monk : Tenez, j’ai la déposition de la dénommée Natasia Zorell. Elle partageait l’appartement de la victime. Attaquons par elle.
Disher : Vous voulez dire que vous comptez aller voir Natasia Zorell ?
Stottlemeyer : Le top model ?
Monk : C’est elle, là ?
Disher : J’ai terminé ma journée, je ferais peut être mieux de vous accompagner.
Stottlemeyer : Oui moi aussi, je vais venir avec vous, dans l’intérêt de …
Nathalie : La justice ?
Stottlemeyer : Oui, la justice.
Ils arrivent au studio où une séance photo par Julian Hodge est en cours.
Hodge : … En gros plan.
Nathalie : Pourquoi elles font toutes une tête de six pieds de long ? Comment peut on être aussi belle et aussi triste ?
Disher : Peut-être parce qu’on n’est jamais sur que les gens ne nous aiment que pour notre physique.
Hodge : Qu’est-ce que c’est que cette horreur ? Non, non, non, ce n’est pas du tout ce que j’avais demandé. Regarde. Le col doit être évasé de cette façon. Tu vois ?
Assistant : Julian, on vient juste de repeindre les murs.
Hodge : C’est un animal, elle est en chaleur. D’accord, c’est compris ? Vous, qu’en dites vous ?
Stottlemeyer : Euh … j’aime assez.
Hodge : Vous aimez assez ? Qu’est-ce que vous voulez que ça me fasse ? Soit vous adorez soit vous détestez. Tout ce qu’il y a au milieu manque d’intérêt. Lingette, lingette, lingette !
Monk : Vous avez vu ?
Hodge : Vous ! la chemise bleue ! Vous venez passer une audition ?
Disher : Moi ? Non.
Hodge : Vous pourriez pourtant y songer. J’aime comment vous vous tenez.
Monk : Bonjour !
Hodge : Si vous êtes venue me dépouiller il fallait amener une arme.
Nathalie : Je vous demande pardon ?
Hodge : Ce chemisier, c’est une copie ratée d’un modèle que j’ai dessiné.
Nathalie : Ha ! c’est vrai ? Je l’ignorais.
Hodge : Evidemment, mais ce n’est pas le véritable crime. Le véritable crime, c’est comment vous le portez.
Assistante : Julian, à propos du défilé prévu à Milan, vous vouliez des visages nouveaux. Voici quelques filles.
Hodge : Excellent. Non, désolé.
Nathalie : C’est lui l’assassin.
Monk : Nathalie, il n’est même pas suspect.
Nathalie : C’est dommage.
Hodge : Suivante ! tourne toi. Non, désolé. Une autre fois. Oui, tu es parfaite. Tu t’appelles ?
Sarah : Sarah.
Hodge : Sarah. Il manque très probablement un ange au paradis à l’heure qu’il est.
Monk : Excusez moi. Je suis navré.
Hodge : Quoi ?
Monk : Eh bien, ce n’est qu’un détail mais je trouve qu’elle a un sourcil plus haut que l’autre.
Hodge : Lequel ?
Monk : Celui de gauche. Regardez le gauche est plus haut.
Hodge : Ce sourcil là est plus bas que celui-ci. Oh. Une autre fois peut être, chérie, d’accord ?
Monk : Merci d’être passée. On vous rappellera.
Hodge : Mais je peux savoir qui vous êtes ?
Monk : Adrien Monk. J’épaule la police de San Francisco.
Stottlemeyer : Oui, nous souhaiterions voir Natasia Zorell.
Hodge : Elle travaille. Rendez moi service. Evitez de l’arrêter avant mon défilé.
Disher : Non, elle n’a rien fait. Nous faisons des recherches sur le meurtre de Clea Vance.
Hodge : Mais pourquoi ? C’est de l’histoire ancienne. Je croyais que l’assassin se trouvait en prison. C’est à croire que vous ne lisez pas les journaux dans la police.
Stottlemeyer : Vous la connaissiez ?
Hodge : Je connais tous les models de Californie et celles qui veulent le devenir. Pour ce qui est de Clea, c’était une erreur de casting. Elle est arrivée complètement déglinguée à mon dernier défilé. Elle a bien failli tout foutre par terre. Ecoutez ça mes chéries, que ça vous serve de leçon. Eller a gâché mon dernier défilé et deux heures plus tard elle se faisait tuer par le livreur. Et c’est la pure vérité.
Monk : Nous aimerions quand même parler à Natasia.
Hodge : Elle est à la plage. Nous photographions notre nouveau catalogue. Je dois d’ailleurs la rejoindre dans peu de temps. Si ça vous tente, vous n’avez qu’à me suivre. Très bien, les chéries. Allez.
Nathalie : Bon, je vous rejoins, je dois passer prendre Julie et me changer.
Ils arrivent sur le lieu du shooting à la plage. De son côté, Nathalie arrive en voiture avec Julie. Nathalie s’est changé et passé une robe noire seyante. Elle s’approche de Disher qui a pris une pose.
Photographe : C’est bon, continue chérie, vas y, vends le moi. C’est bien, encore. Bien ! continue.
Nathalie : Ma chérie, je reviens tout de suite. D’accord ? Tu ne bouges pas de là.
Nathalie : Qu’est-ce que vous faites ?
Disher : Quoi ? Je ne fais rien, c’est comme ça que je me tiens, c’est tout. Qu’est-ce que c’est que ça ?
Nathalie : Mes fringues, c’est comme ça que je m’habille, c’est tout.
Disher : C’est comme ça que je me tiens.
Nathalie : C’est comme ça que je m’habille.
Hodge : Excuse moi. Tu peux éteindre ça ? ça me gêne.
Technicien : Mais vous fumez, vous.
Hodge : Sauf que ma fumée ne me dérange pas. Merci. Très bien, vous allez pouvoir la voir mais faites vite. Je ne la paie quand même pas mille dollars de l’heure pour qu’elle discute. Merci. Accordez-lui une minute.
Photographe : D’accord. Dix minutes de pause. Changement de robe.
Hodge : Bonjour ma chérie, comment ça va ? Tu es ravissante. Ces gens font partie des services de police. Ils sont venus pour parler de Clea Vance.
Natasia : Pourquoi ?
Monk : Rien de très concret. On bataille surement contre des moulins à vent.
Natasia : Des moulins à vent ?
Hodge : C’est une référence littéraire, ma chérie. C’est tiré d’un bouquin.
Natasia : On pourra discuter pendant que je me change. Vous me rejoignez ? Un seul si cela ne vous fait rien.
Disher : Bon d’accord. On choisit par ordre alphabétique.
Monk : Hooo Adrien !
Disher : Non, non, le nom de famille. Alors, est-ce qu’on a A ? non, B ? non. C ? non. D ? Disher.
Stottlemeyer : Non, allez y Monk, c’est votre affaire.
Disher : Disher passe avant Monk il me semble ! Non ?
Hodge : Qu’est-ce qu’il vous arrive, vous ? Vous portez le deuil de votre vie ?
Monk : Vous étiez la colocataire de Clea, c’est ça ?
Natasia : J’étais sa meilleure amie.
Monk : Oui, je vois. Vous avez quelque chose sur l’épaule.
Natasia : Oh, c’est un grain de beauté. C’est mon emblème.
Monk : Est-ce que vous connaissiez Pablo Ortiz ?
Natasia : Non, je ne peux pas dire ça. Mais je sais que Clea avait très peur de lui. Il la harcelait.
Monk : Oui, enfin, rien ne confirme ce que vous dites. Ni appel téléphonique, ni grain de beauté … ni aucun témoin oculaire, ni …
Natasia : Vous insinuez que j’ai tout inventé ? Pourquoi j’aurais fait ça ?
Monk : Je n’en ai aucune idée.
Natasia : Je sais ce que j’ai vu. Il lui apportait des fleurs, il la suivait tout le temps. J’ai dit tout ça à la police il y a déjà un an.
Monk : Oui, j’ai lu votre déposition.
Natasia : Alors, relisez la.
Monk : D’accord.
Natasia : Qu’est-ce que vous faites ?
Monk : Si vous en mettiez un de l’autre côté, je crois que vous seriez parfaite. Votre carrière serait …
Natasia : Vous avez d’autres questions ?
Monk : Euh … non.
Natasia : Tant mieux, je dois reprendre la séance.
Stottlemeyer : Qu’est-ce que ça dit ?
Disher : Elle est toute excitée, hein ?
Monk : Oui, effectivement, je crois que je l’ai un petit peu énervée. Mais d’ici quelques minutes, elle sera calmée.
Photographe : Tu es superbe, ma chérie, magnifique. Installe toi, on reprend.
Nathalie : Julie ?
Julie : Je m’ennuie dans la voiture. Je peux rester avec toi ? Je te jure que je ne dirai rien. Maman, ce monsieur me regarde. Qu’est-ce qu’il fait ?
Nathalie : Je n’en sais rien. Monsieur Hodge ?
Hodge : De qui s’agit-il, qui es-tu ?
Nathalie : C’est ma fille, Julie. Je te présente Monsieur Hodge.
Hodge : Montre moi comment tu marches.
Julie : Pourquoi ?
Hodge : Parce que la foudre pourrait être sur le point de frapper et ta vie de radicalement se transformer. Alors fais ce que je te dis et marche. Voila, c’est bien, tourne toi, lève la tête, souris. Reviens. Excellent. Je veux que tu défiles pour moi. Et je veux que tu défiles pour moi dès jeudi soir. Tu sais que tu pourrais être une grande star ? Que tu pourrais accomplir de grandes choses.
Julie : Mon Dieu !
Nathalie : Non, elle n’a que treize ans. C’est ridicule.
Hodge : J’ai déjà eu des modèles plus jeunes que ça. Treize ans ? C’est même déjà un peu trop tard.
Nathalie : Je vous remercie mais c’est sans façon.
Hodge : De toute façon, ce ne sont pas vos ognons. C’est une affaire entre moi et la mère biologique de mademoiselle.
Nathalie : Je suis la mère biologique de mademoiselle !
Hodge : Ha !
Julie : Maman !
Nathalie : Non !
Le soir, chez Nathalie.
Nathalie : Mon cœur ! ça va refroidir ! Dépêche toi de venir ! … Tu t’es maquillée ? Je t’avais dit pas avant d’avoir dix huit ans.
Julie : Mais maman, il sera trop tard à dix huit ans. J’ai vraiment envie de défiler.
Nathalie : Je te signale que beaucoup de mannequins ont de gros problèmes. D’accord ? de drogue et aussi d’anorexie.
Julie : C’est juste un défilé. Et si tu as raison et que je déteste, j’arrêterai. Mais j’aurai au moins essayé. C’est toi qui me répètes d’essayer plein de trucs.
Nathalie : Oublie le mannequinat. Essaie plutôt avocate.
Julie : Ça veut dire oui ?
Nathalie : Je te préviens, je ne te lâcherai pas d’une seule semelle.
Julie : Je vais défiler pour Julian Hodge. Ce n’est pas géant ça ?
Nathalie : Ce n’est pas le premier mot qui me viendrait à l’esprit, non.
Chez Natasia, on frappe à la porte. C’est Hodge.
Natasia : Julian ?
Hodge : Bonsoir ma chérie.
Natasia : Bonsoir.
Hodge : Surprise ?
Natasia : Pas après cette journée. Je me doutais que tu flipperais. Ils savent quelque chose ?
Hodge : Je n’ai pas l’impression. Non.
Natasia : Tu ne fumes pas ?
Hodge : Non, non, non. Les cigarettes ça laisse une odeur persistante derrière soi. Je ne veux pas qu’ils sachent que je suis venu.
Natasia : Qui ?
Hodge : Les policiers.
Natasia : Ho mais je ne leur ai absolument rien dit.
Hodge : Mais tu finiras par le faire, au bout du compte.
Natasia : Mais …
Hodge : Chut, chut … ça n’est pas ta faute, ma chérie, tu es tout simplement trop jolie. Une beauté comme la tienne, un visage comme le tien … chut, chut, chut … tu serais incapable de supporter la pression.
Le lendemain, à l’usine, Maria prie en regardant l’article de journal. En même temps la police rejoint le legiste, Gordo, chez Natasia, morte.
Stottlemeyer : Alors, qu’est-ce que ça dit, Gordo ?
Gordo : Ça sent le suicide, ça ressemble à un suicide ; du coup, je vais miser une pièce sur un suicide. Elle a avalé deux flacons contenant une trentaine de somnifères chacun.
Stottlemeyer : Elle avait une ordonnance ?
Gordo : Il y a peu de chances.
Stottlemeyer : On vérifiera auprès de son médecin. Prenez ça en note.
Disher : Je m’en souviendrai, c’est bon.
Stottlemeyer : Où est votre calepin ?
Disher : Je ne l’ai pas pris. C’est un costume italien. Ça déstructurerait la ligne. Vous en faites pas, c’est retenu.
Nathalie : Je peux me mettre là ?
Gordo : Elle a du déprimer après vous avoir vus hier, les mauvais souvenirs sont remontés à la surface.
Monk : Je n’en suis pas sur, non. Vous avez retrouvé des empreintes sur le verre ?
Gordo : Oui, les siennes.
Monk : Mais regardez, Natasia s’était mis du rouge à lèvres. Il n’y a aucune trace sur le verre. Quelqu’un a pris soin de bien le nettoyer juste avant de le placer dans sa main.
Stottlemeyer : D’accord. Nous enquêtons désormais sur un homicide. Bouclez moi cet appart’ et ne touchez plus à rien. Rocco ! pourriez-vous vous trouver un calepin et un stylo et allez interroger les voisins.
Nathalie : Qu’est-ce que vous en déduisez Capitaine ?
Stottlemeyer : J’en déduis que votre patron a fait peur à quelqu’un.
Monk : Reposez en paix.
Les répétitions du défilé chez Hodge vont bientôt commencer.
Voix : Répétition dans dix minutes.
Organisatrice : Tu n’as pas trop le trac ?
Julie : Ça va.
Organisatrice : Et tu fais demi-tour, comme ça.
Nathalie : Elle est vraiment magnifique, hein ? Un petit peu trop d’ailleurs. Des fois, j’aimerais bien qu’elle ait une énorme verrue juste là.
Monk : Ou plutôt là, ce serait mieux.
Hodge : Ecoutez moi, s’il vous plait. Vous pouvez vous approcher un instant s’il vous plait ? Merci. Posez tout ça, vous finirez plus tard, merci. J’aimerais simplement vous dire quelques mots. Nous avons passé une journée effroyable aujourd’hui. Comme vous le savez, hier soir, nous avons perdu une amie très chère. Et je sais, que tous autant que nous sommes, chacun de nous, nous aimions profondément Natasia. Sauf quand elle avait décidé de nous rendre tous dingues évidemment. Mais je sens sa présence ici, je sens son esprit, son âme. Vous les sentez aussi ? Et je suis certain qu’elle nous accompagnera demain soir pour le défilé. Alors essayons de lui faire honneur, d’accord ? Ensemble. C’est pour toi qu’on va le faire ma belle. Voila. Merci.
Pendant la répétition.
Hodge : Va dire à l’éclairagiste de changer ce projecteur. Note aussi de faire défiler Christie sans boucles d’oreille.
Nathalie : Regardez ! elle arrive.
Hodge : Je veux qu’on donne plus de volume aux cheveux d’Allison. Qu’elle fasse plus animal. Stop ! stop ! Julie ! Julie ! N’as-tu pas oublié une chose capitale ?
Julie : Quoi ?
Hodge : N’as-tu pas oublié que je deviens un vrai monstre quand il s’agit de mon art. Mais regarde toi ! Tu es cauchemardesque. C’est épouvantable. Regarde ça, mais regarde le col, regarde, il est tout de travers. Et ta robe ! Elle est complètement froissée. Ecoute, ma chérie …
Monk : Nathalie, vous avez le dossier d’enquête ?
Nathalie : Quoi ?
Monk : Le dossier d’enquête. Donnez le moi.
Hodge : … je n’accorde pas ma confiance à n’importe qui. Tu dois te montrer à la hauteur. …
Monk : Je savais que quelque chose clochait. Regardez, le corps est tout contorsionné mais le col et les boutons sont parfaitement droits. Après l’avoir tuée, il a remis ses vêtements en ordre. Il n’a pas pu s’en empêcher. C’est l’assassin.
Nathalie : Qui est l’assassin ?
Monk : Hodge.
Hodge : Tania ! puisque ces filles ne savant pas … je veux que tu t’en charges …
Nathalie : Julie ! il faut qu’on s’en aille.
Julie : Pourquoi ?
Nathalie : Je ne peux pas te le dire. Pas tout de suite.
Julie : Mais maman …
Nathalie : Ne discute pas, fais ce que je te dis et ramasse tes affaires.
Hodge : Hé ! minute ! ho ! Vous ! qu’est-ce qu’il se passe ?
Monk : Elle ramène Julie chez elle.
Hodge : Mais pourquoi est-ce qu’elle fait une chose pareille ?
Monk : Parce que je lui ai dit que vous aviez tué Clea Vance il y a tout juste un an. Et je parie que vous avez aussi assassiné Natasia Zorell hier soir. Qui d’autre que vous aurait pu, après avoir tué Clea Vance, remettre ses vêtements en ordre ?
Hodge : Pourquoi donc me serais je embêté à faire ça ?
Monk : C’est ce que moi, j’aurais fait.
Hodge : Comment ? C’est tout ? j’aurais mis ses vêtements en ordre ? Ce n’est pas une preuve ça, c’est tout juste, tout juste une intuition.
Monk : Oui, oui, ce n’est que ça. Pour l’instant.
Hodge : Vous, vous faites confiance à votre instinct ?
Monk : Oh, oui.
Hodge : Et c’est de ce même instinct infaillible que vous avez usé quand vous avez fait emplette de la veste que vous portez ? Ou quand vous avez pris la décision devant votre glace de boutonner cette chemise jusqu’au col ? Vous oubliez les preuves Monsieur Monk, vous oubliez cette petite chose qu’on appelle la génétique à moins que vous ne sachiez pas ce qu’est l’ADN ?
Monk : Si, si, je sais.
Hodge : Les fibres, le sang, les cheveux. Tout cela appartenait au livreur Pablo Ortiz, qui est en prison. Donc ça n’est pas moi. C’est tout simplement impossible.
C’est vrai, c’est impossible. Pourtant c’est vous
Monk a appelé Stottlemeyer et Disher et fait venir également Gordo.
Stottlemeyer : Gordo, merci d’être venu si vite.
Gordo : De rien. Que se passe t-il ?
Stottlemeyer : Ecoutez ça.
Monk : Voila. Il y a eu un défilé de mode dans la salle au dessus.
Gordo : Oui, l’année dernière.
Monk : C’est ça. L’un des top model, comme vous devez le savoir, était en état d’ivresse.
Clea Vance.
Monk : Exactement. A un point tel, si l’on en croit Julian Hodge, qu’elle a pratiquement fait péricliter le défilé. Il était furieux après elle et je crois qu’il l’a suivie jusque dans ce sous sol, ils se sont disputés et il n’a pas pu se maitriser.
Stottlemeyer : Il l’a tuée. Il l’a battue à mort juste là.
Gordo : Julian Hodge ? Vous oubliez les preuves.
Monk : Il les a apportées. Il a piégé le pauvre Pablo Ortiz.
Gordo : Mais c’est possible ça ? Comment il a pu apporter ces preuves et effacer dans le même temps les traces de son passage.
Disher : Justement, jetez un coup d’œil la dessus.
Stottlemeyer : La pièce avait été nettoyée le jour précédent, on avait mis un papier tue mouches juste là.
Gordo : Comment on a pu rater ça ?
Monk : Nous l’avons retrouvé ce matin derrière ce radiateur. Il était surement tombé là au cours de la bagarre. Regardez bien, il y a quelques cheveux accrochés dessus.
Disher : Et ce ne sont pas ceux de Clea Vance, parce qu’elle avait les cheveux longs.
Monk : Ils ne peuvent appartenir qu’à Julian Hodge. Le véritable assassin. Voila la preuve que c’est lui.
Stottlemeyer : Vous pouvez analyser ça quand ?
Gordo : Je m’y mets tout de suite. Bon boulot.
Monk : Merci.
Chez Nathalie. Sans prévenir sa mère, Julie est partie pour se rendre au défilé de Julian Hodge.
Nathalie : Chérie, je crois que c’est cuit. Ha, un peu trop cuit peut être. Julie ? Chérie ?
Nathalie comprend et se rend au défilé avec Monk, qui triche et regarde la liste pendant que le portier s’occupe de refouler un importun.
Portier : Je n’ai pas de John Carlo sur ma liste. Combien de fois je dois vous le dire ? Vous n’êtes pas sur la liste. Bonsoir ! Merci ! Au revoir !
Monk : Je suis sur la liste, Puff Daddy. Accompagné, voici ma petite amie.
Portier : Puff Daddy, le rappeur ?
Monk : Non, pas ce Puff Daddy là, on nous confond toujours, pas vrai ?
Nathalie : Tout le temps, oui.
Monk : Laissez moi vous expliquer. Pat où commencer ? En fait, on est deux Puff Daddy.
Portier : Pourquoi vous changez pas de nom ?
Monk : Il n’y a aucune raison, pourquoi lui, il ne changerait pas de nom ? J’étais là le premier d’abord, je suis plus vieux que lui. Un jour, un avocat m’a dit que je pouvais l’attaquer si …
Nathalie : Ma fille est la dedans, je dois entrer.
Monk : Moi aussi.
Portier : Hé ! hé !
Ils réussissent à se faufiler. Le défilé a commencé.
Nathalie : Vous avez vu ma fille ? Est-ce que vous avez vu ma fille ? Julie ? treize ans, blonde. Assez grande.
Hodge : Magnifique. Ha ! la petite Julie. Elle se débrouille à merveille.
Nathalie : Julie !
Monk : Nathalie, ne touchez pas au buffet, je viens d’apercevoir quatre mannequins en train de vomir.
Nathalie : Julie !
Julie ne veut pas écouter, Nathalie défile derrière elle, puis l’entraine.
Hodge : C’est pas ma création ça ! Faites une annonce au micro.
Nathalie : Qu’est-ce qu’il t’a pris de quitter la maison comme ça ? Tu m’as fichu la trouille !
Julie : Maman, arrête !
Nathalie : Quand on a un problème, on doit en parler, d’accord ? Il faut faire confiance.
Julie : Arrête !
Hodge : Descendez de là !
Julie : Maman, tu me mets la honte devant tout le monde ! Tu m’interdis de le faire sans me dire pourquoi. Tu parles que tu me fais confiance !
Nathalie : J’ai mes raisons, d’accord ? Il y a des trucs pas clairs dans cette histoire. Des trucs dangereux, tu comprends ? Il faut que tu me croies ma chérie.
Julie : Je suis désolée.
Nathalie : Moi aussi chérie. Ce que j’ai eu peur ! Qu’est-ce que tu as dans la tête ?
Hodge : Les filles, assurons nous que les journalistes aient toujours un verre plein ce soir. A notre prochain défilé à Milan. Tchin tchin ! Que tout se passe bien. Félicitations à vous toutes. Vous étiez parfaites dans mes robes. Fabuleuses, je suis content. C’était un défilé magnifique. Hormis ce petit incident avec cette espèce de naine, la mère de la gamine. C’était ridicule, enfin, sans conséquence.
Stottlemeyer et Disher font leur entrée. Hodge les aperçoit, Nathalie s’avance.
Hodge : Ce champagne est exquis. Tu aurais du mettre les autres boucles d’oreilles. Je trouve qu’elles tombent un peu mieux. La sécurité laisse passer n’importe qui. Vous avez failli saboter mon défilé !
Nathalie : Et vous corrompre ma fille.
Stottlemeyer : Bonsoir Monsieur Hodge.
Hodge : Ho, bonsoir !
Stottlemeyer : Belle réception.
Hodge : Je vous remercie.
Stottlemeyer : Il y a quelqu’un que j’aimerais beaucoup vous présenter.
Monk : Il arrive !
Stottlemeyer : Venez.
Hodge : Ça ne peut pas attendre ?
Stottlemeyer : Non, non, venez. C’est assez important. Julian Hodge, je vous présente Howard Gordo. Howard est enquêteur pour la police scientifique.
Hodge : Ha, comment allez vous ?
Gordo : Bien, merci.
Stottlemeyer : Nous lui avons confié l’analyse des preuves que nous avons mises en évidence dans l’affaire Clea Vance.
Hodge : Comment ? De nouvelles preuves ?
Gordo : En effet. Quatre cheveux humains trouvés sur le lieu du crime.
Stottlemeyer : Faites voir ça ? Il s’agit de votre rapport ?
Gordo : Tout à fait, Capitaine.
Stottlemeyer : Et vous avez examiné ces échantillons de cheveux que nous avons retrouvés.
Gordo : Oui.
Stottlemeyer : Est-ce que vous avez pu attribuer ces échantillons à quelqu’un ?
Gordo : Oui Capitaine.
Stottlemeyer : Parfait. Alors dites nous à qui appartiennent ces cheveux.
Gordo : A Pablo Ortiz.
Hodge : Ortiz ? Ne s’agit il pas déjà du jeune homme emprisonné pour le meurtre ? Haha ! bien ! je crois, Messieurs, qu’on n’a plus besoin de moi ici. Permettez que j’aille rejoindre mes invités.
Stottlemeyer : Une seconde ! Restez là. Navré, Gordo, mais vous êtes en état d’arrestation. Pour complicité de meurtre et falsification de preuves.
Gordo : Pardon ?
Monk : Quelque chose me chiffonnait. Si vous étiez l’assassin, pourquoi toutes les preuves accusaient elles quelqu’un d’autre ? Il n’y avait pas dix mille réponses à ce mystère-là. Quelque chose devait clocher du coté des preuves.
Stottlemeyer : On a enquêté, Gordo, vous avez effectivement ramassé un tas d’argent cette année, mais pas grâce à l’immobilier.
Monk : Voila ce qu’il s’est passé. En effectuant vos analyses pour le meurtre de Clea Vance, vous vous êtes rendu compte que toutes les preuves désignaient Julian Hodge comme coupable. Et vous avez décidé de capitaliser la dessus. Vous lui avez alors fait une offre qu’il n’était pas en position de refuser. En échange d’une certaine somme, vous cachiez les preuves contre lui. Restait à régler un problème. Il vous fallait boucler l’enquête, il vous fallait un assassin. Hodge s’est alors rappelé que ce livreur, qui s’appelait Pablo Ortiz, un Mexicain, pauvre et pas vraiment futé, qui faisait un pigeon parfait. Hodge a convaincu Natasia de l’aider. Elle a contacté la police pour leur révéler qu’Ortiz harcelait sa défunte amie. La police a donc arrêté Pablo. On lui a prélevé des échantillons de sang et de cheveux qu’on vous a envoyées. La suite fut un jeu d’enfant. Il vous a suffi de manipuler quelques étiquettes. Pablo n’avait aucune chance. Vous n’avez pas la moindre preuve. On n’en a pas besoin, vous nous en avez apporté une il y a cinq minutes en nous affirmant que ces échantillons de cheveux appartenaient à Pablo Ortiz.
Hodge : Vous lui avez fait analyser de faux échantillons pour le piéger ?
Monk : Hé bien, oui.
Gordo : C’était ceux de qui ?
Monk : C’étaient les miens. Nathalie les a prélevés avec une pince à épiler, elle les a arrachés.
Nathalie : Comment je pouvais faire autrement ?
Monk : Vous pouviez les couper comme je l’avais dit.
Nathalie : Il fallait les follicules.
Monk : Nous n’avions pas besoin des follicules, puisque nous savions qu’il ne les analyserait pas, c’était tout notre plan.
Nathalie : Arrêtez de faire le bébé.
Monk : Vous me mettez dans l’embarras.
Stottlemeyer : S’il vous plait ! Taisez vous une seconde ! Qu’est-ce qu’on est venus faire ? Ha ça me revient. On est venus vous arrêter.
Disher : Vous connaissez la chanson, Gordo.
Hodge : Finalement c’est vrai ce que les gens racontent. Il faut toujours se méfier : l’habit ne fait Pas le moine.
Nathalie : Vous savez quoi ? Je suis sure que vous allez aimer vos nouvelles fringues, pour peu que vous supportiez l’orange. Le petit plus c’est le numéro que vous porterez ici, pour aller partout avec dans votre cellule, dans la cour de votre promenade…
Stottlemeyer et Disher emmènent Gordo et Hodge suivi de Nathalie. Monk sourit, satisfait, en entendant Nathalie.
Maria attend Pablo à sa sortie de prison. Plus loin Nathalie et Monk regardent Maria prendre son fils dans ses bras.
Maria : Ha ! mon Dieu !
Pablo : Maman !
Maria : Je suis tellement contente de te revoir. Viens par là.
Pablo : Merci Monsieur Monk.
Maria : On ne pourra jamais vous remercier. Je n’ai rien, je ne peux pas vous payer.
Monk : Puisque vous parlez de ça, il est à peine quatorze heures trente. En se pressant un peu, vous pourriez reprendre le travail vers quinze heures quinze. En l’espade de deux heures vous pourriez inspecter, je ne sais pas moi, quatre-vingt-dix peut être une centaine de chemises.
Maria : Mais j’ai pris ma journée au travail.
Monk : Ha non, non, non. Ça ne sert à rien, non, vous êtes l’inspectrice numéro huit, des tas de gens comptent énormément sur vous.
Nathalie : Ecoutez Monsieur Monk, je suis sure qu’ils ont beaucoup de temps à rattraper. Des gens à voir, des …
Monk : Mais ils auront pleinement le temps de faire tout ça. Ils auront tout le week end. A moins que vous ne vouliez travailler le samedi ? ça peut peut être le faire, le samedi ? ça vous embête ? Non, vraiment pas ? Et les heures sup’ ? Vous faites les heures sup’ ?
Heureuse, Maria entraine son fils.
Rédigé par mamynicky









