207 : Monk face au tueur endormi
La police questionne un jeune homme dans la rue.
Stottlemeyer : Dwayne, évite de me mettre en colère.
Dwayne : Je vous dis que je ne l’ai pas vu depuis un moment.
Stottlemeyer : Ecoute, c’est ton cousin et c’est ton meilleur pote.
Dwayne : Je ne sais pas où il est.
Stottlemeyer : J’ai vraiment l’air aussi crétin que ça ?
Dwayne : Oui et la chanson avec.
Disher : Là, tu fais une énorme boulette. Il vaut mieux pas que tu ne le mettes pas en colère. Ça m’est arrivé une fois, je te le déconseille.
Une voiture freine brusquement et percute plusieurs fois la voiture de la police. Le capitaine et Disher se précipitent dans la voiture pour le poursuivre.
Conducteur : Hé, les deux pervenches ! Faudrait vous réveiller !
Stottlemeyer : Toi tu ne bouges pas de là.
Disher : J’ai un aveu à vous faire.
Stottlemeyer : (au micro) appel à toutes les unités. Nous prenons un chauffard en chasse. Il a pris Union street en direction de l’est.
Disher : C’est ma première poursuite en voiture. J’ai attendu ce moment là toute ma vie.
A ce moment là, un camion vient percuter la voiture qu’ils s’apprêtaient à poursuivre..
Stottlemeyer : Fin de la poursuite. Ça vous a plu ?
Monk est en consultation chez le docteur Kroger.
Monk : Et pourquoi pas un batteur de jeu de cartes automatique ? C’est écrit « amusant à tout age ». Je sais qu’il aime particulièrement s’amuser, il me l’a dit une fois.
Dr Kroger : Adrien, je crois comprendre que cet événement vous angoisse. N’oubliez pas une chose primordiale, Benji vous adore, quelque soit le cadeau que vous choisirez de lui offrir, Benji sera ravi.
Monk : Il n’a pas aimé le pyjama que j’avais pris l’an dernier. Je l’ai vu sur son visage, il était vraiment dépité. Je déteste ce regard, je ne veux plus jamais le revoir.
Dr Kroger : Adrien, pourquoi vous ne demandez pas à Sharona ce qui lui ferait plaisir ?
Monk : Elle dit que je dois le choisir par moi-même pour que le cadeau vienne vraiment de moi.
Dr Kroger : Bon, hé bien je suis navré, mais la séance arrive à son terme.
Monk : D’accord. Alors à jeudi prochain.
Dr Kroger : Ah non, non. Vous avez du oublier, je pars au Costa Rica.
Monk : Au Costa Rica ?
Dr Kroger : Oui, pour trois semaines. Ce sont mes vacances.
Monk : Je ne suis jamais allé au Costa Rica.
Dr Kroger : Non, Adrien, vous ne venez pas, ce sont des vacances. Mais si vous voulez, je peux vous adresser à un collègue pour cette période. Cela dit, rien ne vous y oblige.
Monk : Pourquoi vous ne me l’avez pas dit ?
Dr Kroger : Je l’ai fait. Je vous l’ai répété chaque semaine depuis un mois, mais il semble que vous ayez refoulé l’info.
Monk : Est-ce que c’est possible ça ?
Dr Kroger : Apparemment.
Monk : Vous devez avoir raison, j’ai surement refoulé l’info. Ce n’est pas grave, nous en reparlerons jeudi.
Une jeune femme, Amanda Babbage, récupère son courrier son courrier dont un petit colis avant de rentrer chez elle. Elle est au téléphone.
Amanda : Je t’assure, Carrie, mon frère m’a dit des choses proprement monstrueuses. C’est une horreur. Mon père devait être sous l’emprise de l’alcool, quand il a réécrit son testament. Si c’est lui qui l’a réécrit. De toute façon, c’est clair, si le juge décide de donner raison à Ricky, on fera appel. Les livres Bay Bridge ? Je ne me souviens pas avoir commandé ça … Enfin bref, ça fait deux ans que ça dure cette histoire. Je serai morte avant d’avoir reçu le moindre sou. Bon Carrie, je te laisse, ça fait six semaines qu’on a emménagé et j’ai encore des cartons à déballer. Salut !
Elle ouvre le colis qui explose. La police est appelée sur les lieux, Monk et Sharona arrivent.
Monk : Sigmund Freud n’a jamais pris de vacances.
Sharona : Mais Sigmund Freud ne t’a jamais rencontré.
Monk : J’ai absolument besoin de parler à quelqu’un.
Sharona : Il sera très bientôt de retour. Ne t’inquiète pas. Tout le monde a besoin d’un peu de repos de temps en temps. Sauf moi, apparemment. Et si tu allais voir un autre psy pendant ces trois semaines ?
Monk : Non, non, non. J’ai mis huit mois à amadouer ce nouveau thérapeute. La plupart des autres craquaient avant. Deux ont même pris leur retraite anticipée.
Sharona : Tu as trouvé un cadeau pour Benji ?
Monk : Non.
Sharona : Alors active toi, il ne reste plus beaucoup de temps, c’est demain son anniversaire.
Monk : Je ne sais pas si je pourrai venir.
Sharona : Tu as intérêt à venir, tu l’as promis. Il tient vraiment à ce que tu sois là.
Monk : Pourquoi ?
Sharona : Parce qu’il n’a rien dans le crane. En tout cas son père a intérêt à lui envoyer quelque chose. Bonjour Lieutenant.
Disher : Sharona, Monk.
Sharona : C’est une nouvelle cravate ?
Disher : Oui, un cadeau de ma petite amie.
Sharona : J’avoue qu’elle a du gout.
Disher : Merci.
Sharona : Pour les cravates, pas les hommes.
Disher : Ai-je flairé une pointe de jalousie ?
Sharona : Ce serait la première fois que vous flaireriez quelque chose.
Stottlemeyer : Adrien Monk, vieux brigand, comment vous vous portez ?
Sharona : Vieux brigand ? Où est passé le capitaine Stattlemeyer ?
Monk : De quoi s’agit il ?
Stottlemeyer : Un colis piégé. Un joli pain de plastique relié à une charge de magnésium.
Disher : Le tout fonction en deux temps. Tout d’abord, un détonateur relié à l’enveloppe et un capteur de mouvements. Dès qu’on bouge le paquet ouvert, boum !
Stottlemeyer : Pas très compliqué.
Disher : Oui, un système simple et efficace.
Monk : Qui est la victime ?
Stottlemeyer : Amanda Babbage, 35 ans. Elle vivait seule dans cette maison.
Monk : C’est très coquet.
Stottlemeyer : Mais moins joli qu’il y a environ deux heures.
Monk : Les Fédéraux sont là ?
Stottlemeyer : Oui, il y en a des brassées dans tous les coins. Des enquêteurs et des experts qui ne manquent jamais l’occasion de vous rappeler que l’investigation leur a été confiée. Monk, j’apprécierais beaucoup que vous entriez dans cette maison pour y jeter un œil, histoire de leur dégonfler un peu le melon. Ça ne nuirait surement pas à nos carrières.
Sharona : Excusez moi ! Votre attention s’il vous plait ! Est-ce que vous pourriez faire un peu moins de bruit ? Il y en a qui réfléchissent. Vas y Adrien .
Agent Grooms : C’est qui cet illuminé ? Mister MaGoo ?
Stottlemeyer : Non, c’est Adrien Monk, un consultant avec qui on travaille.
Agent Grooms : Hé bien, qu’il aille consulter ailleurs.
Stottlemeyer : Écoutez, Agent Grooms, vous m’avez dit au début que vous souhaitiez qu’on collabore ensemble, alors laissez nous travailler à notre façon, d’accord ?
Stottlemeyer : Qu’est-ce qu’il y a ?
Monk : Le nœud, je n’en avais encore jamais vu d’aussi bien fait que ça, et vous ?
Stottlemeyer : Non, jamais, effectivement.
Monk : « Rue » ?
Stottlemeyer : Oui, c’est un bout de l’adresse.
Monk : Oui, mais nous sommes sur MacAlister avenue, pas dans une rue.
Stottlemeyer : Alors, l’adresse de l’expéditeur.
Monk : L’adresse de l’expéditeur est ici. La bombe a été expédiée à une autre adresse. « Prière de faire suivre ».
Disher : Une étiquette de changement de domicile.
Stottlemeyer : Est-ce qu’elle venait d’emménager ici ?
Agent Grooms : Elle a acheté la maison il y a deux mois en effet. Merci.
Stottlemeyer : Content d’avoir pu aider.
Disher : On l’aurait découvert de toute façon.
Stottlemeyer : Bien sur.
Agent Grooms : Ah le voila, lui. Le frère d’Amanda, Ricky. La succession n’est toujours pas réglée depuis la mort de leur père.
Stottlemeyer : Adrien, Amanda et ses deux frères se disputent l’héritage avec un bel acharnement. Beaucoup d’argent et beaucoup trop d’avocats. Vous voulez que je m’en occupe ?
Agent Grooms : Non, merci. Je pense qu’on pourra s’en sortir.
Stottlemeyer : D’accord, alors je vais prendre des notes en vous regardant. J’ai tellement envie d’apprendre !
Ricky : C’est la maison de ma sœur ! Donnez moi votre matricule, mon vieux ! C’est ma sœur qui est la dedans, je suis de la famille, d’accord ? ça imprime sous la casquette ?
Agent Grooms : ça va ; je m’en charge. Richard Babbage ?
Ricky : C’est vous le chef ici ? Dieu soit loué parce qu’avec ce guignol à deux balles on ne serait pas allé bien loin.
Agent Grooms : Agent Grooms, je suis de l’ATF. Je sais que le moment n’est pas vraiment idéal, mais j’ai des questions à vous poser. Quand avez-vous vu votre sœur ?
Ricky : Je ne sais plus trop. On a fait un barbecue ici il y a deux semaines. On s’est disputés. Je lui ai dit des trucs … Je n’arrive pas encore à y croire ? Comment …
Monk est sorti examiner la voiture de Ricky.
Monk : Pardonnez moi, il s’agit de votre planche de surf ?
Ricky : Exact.
Monk : Vous l’avez mise là vous-même ?
Ricky : Oui, je ne voulais pas abimer les sièges arrières avec la planche. C’est qui celui là?
Agent Grooms : Oh, personne. Capitaine ? J’aimerais parler avec monsieur Babbage. Alors restez avec votre MaGoo à vous et surveillez la voiture.
Stottlemeyer : Ça va être palpitant.
Monk : Qui c’est ce MaGoo ?
Stottlemeyer : C’est vous ! Mister MaGoo, vous vous souvenez ?
Monk : C’est assez désobligeant.
Stottlemeyer : Oui, j’oserais même dire que c’est péjoratif. Et pour l’enquête ?
Monk : Ricky n’est pas le tueur, il savait que sa sœur vivait ici, il était au barbecue qu’elle a donné il y a quinze jours.
Stottlemeyer : Et le colis était adressé à son ancienne adresse.
Monk : Oui et il dit avoir lui-même attaché cette planche sur le toit du véhicule. Regardez les nœuds. Ils sont moches, grossiers, sans forme. Le nœud que l’on a trouvé à l’intérieur sur la bombe, était un chef d’œuvre.
Stottlemeyer : Donc, les fédéraux …
Monk : … sont partis sur une piste erronée. Vous dites qu’il y a un autre frère ?
Stottlemeyer : Oui, Brian. Mais c’est une impasse.
Disher : C’est même une voie sans issue.
Sharona : Comment ça ?
Disher : Le type est dans le coma.
Stottlemeyer : On était là quand c’est arrivé. Il y a quatre mois environ, il s’est fait écrabouiller par un camion au volant de sa voiture. Il ne s’est jamais réveillé. Juste avant, il nous avait provoqués, Randy et moi et il était parti sur les chapeaux de roue.
Disher : Ma première poursuite en voiture !
Stottlemeyer : Ça ne compte pas, le gars n’avait même pas fait cent mètres. Vous n’avez pas passé une vitesse.
Disher : Si, ça compte.
Stottlemeyer : Ce n’est pas ça une poursuite.
Disher : On a couru jusqu’à la voiture.
Monk : Ça remonte à quatre mois environ ? Donc, il ignorait totalement que sa sœur avait déménagé.
Disher : Moi, je dis que ça compte.
Monk : J’aimerais voir cet homme.
A l’hopital, au chevet de Brian Babbage.
Disher : Il parait que les gars dans le coma arrivent à entendre tout ce qu’on raconte.
Monk : Pourquoi le poursuiviez vous ?
Stottlemeyer : Parce qu’il prenait la fuite. S’il se réveille, on n’oubliera pas de le lui demander.
Sharona : Qu’est-ce que tu fais ?
Monk : Je vérifie qu’il dort. Oh, mon stylo ! ça y est, je crois que je le sens. Mon Dieu, mais ça fuit ou quoi ?
L’infirmière : Qu’est-ce que vous fabriquez ? Retirez votre main de là.
Monk : J’ai … J’ai fait tomber quelque chose. Ça y est je l’ai.
L’infirmière : Je suis l’infirmière de monsieur Babbage, seriez vous de la famille ? Enfin, même pour la famille, c’est inexcusable.
Stottlemeyer : Nous appartenons à la police, chère madame. Nous sommes ici pour une enquête.
L’infirmière : C’est à propos de sa sœur ? J’ai appris ça à la radio.
Monk : Madame Stempel, peut-on envisager que monsieur Babbage ait pu quitter sa chambre ?
L’infirmière : Pas sans être transporté. Il est dans un coma profond de stade trois. Il ne réagit quasiment pas aux tests de sensibilité.
Monk : Il a reçu beaucoup de visites ?
L’infirmière : Une seule. Son frère est venu lui remettre une assignation à comparaitre. Vous imaginez un peu ça ? C’est pire que la famille Adams.
Monk : Il s’agit bien de ses chaussures là ? Vous n’y avez pas touché ?
L’infirmière : On les lui a retirées aux urgences. Vous désirez autre chose ? Je dois lui changer ses draps.
Stottlemeyer : Non, madame, nous vous laissons.
L’infirmière : J’espère que vous partez tous ?
Stottlemeyer : Oui. Merci madame.
Monk : Merci.
Sharona : Une infirmière et une chambre particulières, il sait comment être tranquille, ce type.
Monk : C’est l’assassin.
Stottlemeyer : Qui est l’assassin ? Cet homme ? Mais voyons, Monk, c’est un légume. Même pas d’ailleurs, s’il pouvait choisir il serait très content d’être un légume.
Monk : Écoutez, Capitaine, sa sœur a déménagé il y a maintenant deux mois de ça. C’est la seule personne sur la terre, qui ait un mobile et qui ignorait ce détail. Autre chose, une chose importante. Regardez ce nœud. Il est parfait. De ma vie, je n’ai vu qu’une fois un nœud aussi bien fait que ça, sur la bombe. C’est l’assassin.
Stottlemeyer : Je veux bien vous croire, mais il est dans le coma depuis le mois de mai.
Monk : Oui, je sais.
Disher : Le colis a été envoyé il y a trois jours, il y a le tampon de la poste.
Monk : J’ignore comment il a fait, mais c’est lui.
Au commissariat.
Agent Grooms : Je veux bien qu’on ne s’entende pas trop entre frère et sœur, mais là, c’est ridicule. Vous trainez plus souvent que moi dans les tribunaux.
Ricky : Mon père changeait de testament trois fois par semaine. On cherche seulement à savoir qui a droit à quoi. C’est la famille. C’est compliqué.
Stottlemeyer : Excellent cigare.
Ricky : Un Cohiba Robustos. Vous en voulez un ? J’ai un copain qui vit à Key West qui m’envoie une boite chaque fin de mois.
Stottlemeyer : Non, merci.
Agent Grooms : Vous n’avez jamais travaillé de votre vie, hein, Ricky ?
Ricky : Pas vrai, j’ai essayé une fois. J’ai détesté. Je n’y suis pour rien, moi, si j’ai de la chance.
Agent Grooms : Je crains que votre chance n’ait tourné Ricky. Vous êtes foutu.
Ricky : Désolé, je n’ai rien fait.
Agent Grooms : Un tiers du gateau, ce n’était pas suffisant, il vous fallait le tout.
Ricky : Hé, moi j’étais prêt à discuter, demandez à mon avocat. C’est mon frère Brian que tout ça énervait le plus.
Agent Grooms : Évidemment, tout est la faute du frère qui se trouve dans le coma.
Stottlemeyer : Ricky, moi aussi j’ai une sœur. On se dispute tout le temps. Il y a des fois où j’ai vraiment envie de la tuer. Ça ne vous est jamais arrivé ?
Ricky : Je n’en sais rien. Je ne connais pas du tout votre sœur.
Agent Grooms : Capitaine, vous n’auriez pas envie d’un petit café ? Je voudrais parler seul à Ricky.
Stottlemeyer : Je viens de me faire virer de ma propre salle d’interrogatoire.
Disher : Vous voulez un café ?
Stottlemeyer : Non, Randy, c e que je veux c’est que ce sale crétin arrogant me demande pardon à genoux.
Monk : Nous savons qui l’a fait et nous savons pourquoi. Nous ignorons simplement comment.
Stottlemeyer : Monk, encore une fois, il est dans le coma.
Monk : C’est l’assassin.
Stottlemeyer : Dans quelques secondes, l‘agent Grooms fera irruption dans ce bureau avec l’intention de me demander mon avis et j’aimerais disposer d’arguments un peu plus solides.
Disher : Capitaine, j’ai une idée. Peut être qu’il avait un complice.
Stottlemeyer : Oui, quelqu’un d’autre a pu poster le paquet, c’est cohérent.
Sharona : Moi aussi, j’ai eu cette idée. Vas y, dis leur.
Monk : Il n’y a aucun complice. Pourquoi Brian Babbage en aurait il un ? Il ignorait qu’il tomberait dans le coma.
Sharona : Ce n’est pas le genre d’événement qu’on peut prévoir.
Monk : Et puis, de toute façon, s’il y avait eu un complice, pourquoi celui-ci se serait embêté à faire ça ? Celui qui l’avait engagé se trouvait dans le coma.
Stottlemeyer : Si je vous suis, Brian a fabriqué la bombe et ensuite, Brian a posté la bombe par ses propres moyens ?
Monk : Oui.
Stottlemeyer : Pendant qu’il était dans le coma.
Reconnaissez Capitaine, qu’on ne fait pas mieux comme alibi. C’est inattaquable.
Stottlemeyer : Monk, j’ai du croiser dans les quinze mille criminels sur l’ensemble de ma carrière et figurez vous qu’ils avaient une chose en commun : ils étaient tous conscients !
Monk : Il y a des exceptions à tout.
Stottlemeyer : Votre psychiatre rentre bientôt ?
Agent Grooms : Capitaine ! Désolé pour tout à l’heure. Je bosse mieux en solo.
Stottlemeyer : D’accord. Et qu’est-ce que ça a donné ?
Agent Grooms : Il plie mais il ne rompt pas. Je l’aurai. Je m’en vais rédiger mon rapport. Selon moi, ce type est le suspect numéro un. Vous consignerez ça ? On aura plus facilement une inculpation si on est sur la même longueur d’onde.
Stottlemeyer : Je pense que le coupable est le deuxième frère.
Agent Grooms : Il n’y a qu’un seul autre frère à ma connaissance et il est dans le coma.
Stottlemeyer : Je parle de celui la. Je crois qu’on devrait se concentrer sur lui.
Agent Grooms : Vous savez que c’est un légume.
Stottlemeyer : Oui.
Agent Grooms : Pour vous ça ne le raye pas de la liste des suspects ? Dites moi, juste par curiosité, comment est-ce qu’il aurait fait ?
Stottlemeyer : Nous creusons encore la question.
Agent Grooms : Je vois. Bon, je vous souhaite bonne chance Capitaine. Tenez moi informé.
L’appartement de Sharona est envahi d’enfants turbulents, c’est l’anniversaire de Benji. Monk est assis par terre, dans un coin de la cuisine.
Sharona : Benji, où est Adrien ?
Benji : Il n’est pas la, je ne l’ai pas vu.
Sharona : Attention ! Hé, les gars, pas dans la cuisine. D’accord ?
Monk : Ils sont partis ?
Sharona : Non, qu’est-ce que tu fabriques ?
Monk : Je joue à un jeu.
Sharona : Quel jeu ?
Monk : Ça s’appelle : « sont ils partis ? » Ils sont partis ?
Sharona : Non.
Monk : Alors la partie n’est pas terminée.
Plus tard, à la distribution des cadeaux, Monk doit deviner ce que contient chaque paquet.
Monk : C’est un puzzle.
Benji : Qu’est-ce que c’est ça ? La vache ! Combien de pièces il fait ?
Monk : Environ sept cents pièces.
Benji : Il est génial, je vous l’avais dit !
Les enfants : Oui, le délire …
Sharona : Benji, monsieur Monk n’est pas un jouet.
Benji : Mais si !
Monk : Passons au suivant. Celui la, je sais ce que c’est, parce qu’en fait, c’est le mien ! C’est un kit pour nettoyer des cailloux. Toutes sortes de cailloux. Joyeux anniversaire.
Sharona : Et qu’est-ce qu’on dit ?
Benji : Merci, monsieur Monk.
Monk : J’en avais un quand j’avais ton age. C’était, comment dire … vraiment super. Si on y jouait tout de suite ? J’ai vu de super cailloux devant la maison. Allons en ramasser.
Benji : Non, ça va aller, la. Plus tard, peut être.
Monk : Encore ce regard !
Sharona : Rien à voir.
On sonne à la porte, Sharona va ouvrir.
Sharona : Trevor, qu’est-ce que tu fais là ?
Trevor : On est bien le 14 août il me semble.
Benji : C’est qui maman ?
Sharona : Ton père.
Monk est retourné à l’hopital voir Brian.
Monk : Il s’appelle Trevor. Trevor Howe. Il est réapparu après six ans, sans avoir donné de nouvelles. A l’anniversaire de Benji, comme ça, sans avoir prévenu avant. Benji l’adore, bien entendu. Je tiens vraiment à vous remercier de me laisser parler comme ça, devant vous. Voyez vous, mon psychiatre est absent. C’est gentil de m’avoir glissé dans votre emploi du temps. Enfin bref, pour ce qui concerne ce Trevor, Sharona est ravie de le revoir et je me demande bien pourquoi, il a été si méchant avec elle. Il lui mentait sans cesse, il buvait, il jouait aux cartes. Je n’imaginais pas qu’elle pourrait se sentir à ce point seule et abandonnée. Elle est prête à lui pardonner, elle veut croire à ses balivernes. Serais je jaloux ? C’est ça ? Ou bien peut être ai-je peur qu’il ne finisse par me l’enlever. Qu’en dites vous ? Ou alors, peut être que je me sens mal à cause de l’anniversaire de Benji. Il a détesté mon cadeau. C’était clair. Quelle idée, mon Dieu, un nettoyeur de cailloux. Pourquoi ne lui ai-je pas offert un cadeau un peu plus normal ? Je me sens fatigué d’être différent. C’est épuisant tout ça. Je suis exténué. Mais vous semblez encore plus épuisé que moi. Vous ne connaissez pas votre chance. Vous dormez. Vous dormez tranquillement, sans vous soucier de rien. Suivez bien mon conseil. Savourez ce moment.
Monk et Sharona se rendent chez Brian
Sharona : Wouaw ! Quelle belle maison ! Brian gagne bien sa vie.
Monk : Alors, c’en est où avec Trevor ?
Sharona : Ça va, il a bien fait le ménage dans sa vie.
Monk : C’est ce que tu crois.
Sharona : Quoi, tu n’as pas confiance ? Cela dit, tu ne fais confiance à personne.
Monk : C’est assez juste. J’ai rarement tort d’ailleurs.
Sharona : Je te promets qu’il est différent maintenant. Il a trouvé un travail, il a arrêté de boire et puis les gens peuvent changer. Pas toi, mais les autres, oui.
Monk : Bien. Tant mieux.
Sharona : Tu ne pourrais pas être heureux pour moi ?
Monk : Mais je suis heureux pour toi. Tel que tu me vois, je déborde d’une joie intense. D’ailleurs j’ai dit à Brian que Benji semblait lui aussi aux anges.
Sharona : Brian qui ?
Monk : Brian ! Babbage.
Sharona : Le type à l’hopital ?
Monk : Oui.
Sharona : Il est sorti du coma ?
Monk : Non.
Sharona : Mais tu viens de dire que tu lui as parlé ?
Monk : Il sait écouter les gens.
Ils sonnent, la porte s’ouvre.
Sharona : Bonjour, je m’appelle Sharona Fleming et voici Adrien Monk. Nous aidons la police dans l’enquête …
Maria : Il ne s’est pas réveillé au moins ?
Sharona : Non.
Maria : Dieu soit loué. Entrez
Monk : Vous permettez que l’on visite un peu ?
Maria : Faites ce que vous voulez, moi je ne suis que la domestique.
Monk : Qu’est-ce que c’est que tous ces objets étranges ?
Il prend un magazine, ouvert.
Monk : On dirait qu’il cherchait un avocat.
Sharona : Pourquoi c’est surprenant ? Il a attaqué toute sa famille.
Monk : Non, un avocat de droit pénal. Regarde le nom qu’il a entouré : Scott Butterworth.
Sharona : Ça me dit quelque chose.
Monk : Suspendu deux fois, une réputation calamiteuse. Brian Babbage avait les moyens de s’offrir un bon avocat. Pourquoi quelqu’un s’amuserait t’il à engager un mauvais avocat ?
Sharona : Mais c’est du sang !
Monk : Non. C’est du ketchup.
Ils entrent dans un dressing. Des bouteilles de ketchup sont suspendues au plafond, une est tombée et s’est brisée.
Monk : Voila quelque chose que l’on ne voit pas tous les jours.
Monk : Pardonnez moi, nous avons noté qu’il y avait des bouteilles de ketchup.
Maria : Oui, oui, je sais.
Sharona : Pourquoi il faisait ça ?
Maria : Je n’ai jamais osé lui demander. Monsieur Babbage avait horreur des questions.
Elle est en train d’ouvrir un colis dont le nœud attire l’attention de Monk.
Monk : Qu’est-ce que vous faites ?
Maria : J’ouvre le courrier de monsieur, faut payer les factures.
Sharona : Oh, mon Dieu !
Monk : N’ouvrez pas ça !
Il lui arrache le colis des mains et le jette dans la cuvette des toilettes dont il ferme la porte. Juste avant que le colis explose. Monk est projeté plus loin. Les secours et la police sont sur les lieux. Monk est encore choqué et ses oreilles sifflent.
Stottlemeyer : Bien ! ils ont réussi à retrouver des bouts de colis. Il a été posté depuis Pacific Heights il y a juste deux jours.
Disher : Lieu d’expédition différent mais même type d’explosif.
Monk : (il crie) Non, ces toilettes ne sont plus utilisables pour l’instant.
Sharona : (en haussant le ton) Ce n’est pas la peine de crier aussi fort !
Monk : (toujours en criant) Pourquoi est-ce que tu murmures ?
Sharona : Trauma auditif résiduel résultant de l’explosion, ça disparaitra dans quelques heures.
Stottlemeyer : Monk ? Vous m’entendez ? A votre avis, qui a pu faire ça ?
Monk : Brian Babbage !
Stottlemeyer : Non, la bombe était destinée à Brian Babbage, quelqu’un a tenté de le tuer.
Monk : Il a envoyé une bombe à sa propre adresse pour que personne ne le soupçonne du crime ! Est-ce que vous avez vu les bouteilles de ketchup ?
Stottlemeyer : Oui, j’ai vu.
Monk : Plutôt curieux hein ?
Disher : Capitaine, FBI à l’horizon.
Stottlemeyer : Monk, trouvez moi autre chose, n’importe quoi, n’importe quelle théorie à part celle du comateux. Vous me diriez que c’est Kermit la grenouille qui a envoyé ces paquets, que ce serait quand même plus crédible.
Monk : Kermit la grenouille ? Pourquoi Kermit la grenouille se serait elle amusée à envoyer des bombes par courrier ? Et puis, ne serait-ce pas une marionnette ?
Sharona : C’était un exemple au hasard, pour faire une image.
Monk : Ou bien peut être est-ce un exemple au hasard pour faire une image ?
Agent Grooms : Capitaine ! Le juge veut relâcher Ricky Babbage. J’espère que ceci vous fait changer d’opinion. Vous vous fichez de moi ? Vous restez sur votre idée de la Belle au bois dormant ? C’est ça ?
Stottlemeyer : Nous pensons que Brian Babbage est impliqué même si nous ignorons encore comment.
Agent Grooms : Et par nous, vous pensez à vous et votre consultanty ?
Stottlemeyer : Je suis presque sur que Kermit est bien une marionnette !
Agent Grooms : Ce fut une belle carrière, Capitaine, bonne retraite !
Chez Sharona, Trevor essaie de renouer avec son fils, en jouant sur la console.
Trevor : Tu ne te souviens pas du tout de moi ?
Benji : Je me rappelle qu’on a fait du camping.
Trevor : C’est vrai. Tu avais quatre ans et on est allés à Wisconsin Dells. Tu es tombé d’un gros rocher. Tu sais, tu nous as fichu une sacrée trouille ? Je parie que tu as une cicatrice, pas vrai ? Où elle est ? La voila ! Tu peux en être fier. C’était une gamelle de première classe. J’ai dû te porter trois bornes.
Benji : Maman dit que c’est elle qui m’a porté.
Trevor : Disons qu’on s’est relayés. Au fait, tu as reçu mon appareil photo ?
Benji : Oui. Maman dit que tu n’envoyais jamais de chèque.
Trevor : Oui, enfin, l’important c’est que je sois la maintenant. Pas vrai ?
Benji : Oui.
Trevor : Ta mère t’a dit que j’avais un job ? Je gère un fast food. Tu aimes les hamburgers ?
Super ! Je vais t’apporter des hamburgers gratuits. Au fait, j’allais oublier un truc important. Je connais quelqu’un qui va recevoir un paquet d’arriérés d’argent de poche.
Benji : Il y a au moins cent dollars ! Merci !
Trevor : Benji, écoute, j’ai fait l’idiot. Mais ça ne va plus se reproduire. D’accord ?
Benji : D’accord.
Trevor : Génial. Je ne sais plus où j’en suis. Je suis lequel ?
Benji : Le rouge.
Trevor : Le rouge ? C’est bon, je maitrise. Hop, tu m’as battu.
Benji : Ça ne fait rien. En tout, tu as trois vies.
Trevor : C’est vrai ? Dis moi, tu continues sans moi, je dois parler à ta mère.
Trevor : Tu as entendu ? Il parait que j’ai trois vies.
Sharona : Ce ne sera pas de trop, tu en as déjà gaspillé deux. Tu veux une bière ?
Trevor : Tu essaies de me tenter ? Deux mois aux alcooliques anonymes.
Sharona : Depuis deux mois ?
Trevor : C’est un début. Sharona, si j’avais vraiment trois vies, j’en passerai une à m’excuser devant toi.
Sharona : Et Benji.
Trevor : Oui, et Benji. Ecoute, tu sais que lundi prochain je commence dans mon nouveau travail. Et j’aimerais vraiment qu’en rentrant du boulot, chaque soir, je vous retrouve Benji et toi.
Sharona : Tu veux qu’on aille avec toi ?
Trevor : C’est joli, le New Jersey. Attends, ne dis pas non tout de suite. D’accord ? Essaie d’y réfléchir.
Sharona : Je ne sais pas. Je ne peux pas m’en aller comme ça. Il y a mon travail, il y a Adrien.
Trevor : C’est un grand garçon.
Sharona : Il faut vraiment que tu ne le connaisses pas pour dire un truc pareil. Je te promets. Tu peux me faire confiance.
A l’hopital, Monk continue à se confier à Brian.
Monk : Elle dit qu’elle va y réfléchir mais je sais qu’elle va accepter. Pourquoi serait elle différente des autres. Tout le monde m’abandonne. Trudy, le docteur Kroger et maintenant Sharona. On dirait que c’est devenu un sport national. Un commentaire ? Une question ?
Il se lève pour remettre un verre en place et refermer un tiroir. Une montre attire son attention.
Monk : C’est votre montre ? Vous avez deux minutes d’avance. Non, non, ne vous inquiétez pas, je vais arranger ça. Tiens, qu’est-ce que c’est ? De la colle ? Qu’est-ce que vous avez collé ?
Il fait tomber un pot de fleurs posé sur une table. La terre se répand dans la chambre.
Monk : S’il vous plait, il y a quelqu’un ? s’il vous plait ?
Il prend un aspirateur dans le local du service d'entretien. Il débranche Brian pour mettre l’aspirateur sur la prise. Les appareils auxquels Brian était branché s’éteignent. Le moniteur sonne. Monk s’en aperçoit et rebranche Brian.
Monk : Allez, Brian, allez, revenez, Brian. Je vous en prie, revenez ! Faites un effort ! Allez ! Oui ça vient.
Il lui fait un massage cardiaque. Le moniteur revient à la normale. L’infirmière le regarde de la porte.
Monk : C’est bon, je veux dire, enfin, … c’est fini. Il va bien mieux maintenant.
Plus tard, il retrouve Sharona. Ils ont rendez vous avec Ricky devant chez lui.
Sharona : Adrien, je te promets de venir te voir très souvent.
Monk : Quand est-ce que tu pars ?
Sharona : Vendredi.
Monk : Vendredi ? Vendredi prochain ? Sur un coup de tête et tu me laisses comme ça dans le pétrin.
Sharona : Tu n’es pas dans le pétrin.
Monk : Je suis en plein pétrin ! Il suffit de regarder, du pétrin, il y en a partout autour.
Sharona : Ma sœur gardera toujours un œil sur toi. Tu sais parfaitement que j’ai raison d’agir comme ça. Si je t’avais prévenu trop longtemps à l’avance, tu serais devenu cinglé. Tu sais que j’ai raison. Bon sang, Adrien, je suis vraiment navrée. Ecoute, je ne fais pas ça pour moi mais pour Benji. Il a besoin de son père et je reviendrai si ça ne marche pas.
Monk : Et si ça marche ? Et si tu étais heureuse ?
Sharona : Quel mal il y aurait ? Tu n’avais jamais envisagé qu’un jour je pourrais m’en aller ?
Monk : Non. Je crois que j’avais peur de ça.
Ricky : Monsieur Monk, Sharona, je suis en retard, pardon. Je me suis arrêté en route pour voir une amie puis j’ai aussi du m’arrêter pour voir sa sœur. Mon avocat m’a dit que vous étiez pour beaucoup dans ma libération, alors je tiens à vous remercier. Qu’est-ce qu’il s’est passé à l’hopital ? il parait que vous avez débranché le frangin ?
Monk : Je suis vraiment désolé. Il s’agit d’un accident.
Ricky : Il ne faut pas vous excuser. Son médecin vient juste de me téléphoner, il semblerait que vous lui ayez bien rendu service. Ça a comme qui dirait, relancé une fonction dans le moteur. Enfin bref, il respire tout seul pour la première fois depuis belle lurette et ça c’est grace à vous.
Monk : Si j’ai pu aider, j’en suis transporté.
Ricky : Rien ne vaut son petit chez soi. Faites comme chez vous, installez vous. Nom d’un chien, matez moi tout ce courrier.
Sharona : Surtout, n’ouvrez aucun colis. D’accord ?
Ricky : Oui merci, je ne suis pas si crétin. Factures, publicité, ne vous énervez pas, ça ne colle plus, il se détache toutes les quatre semaines.
Monk : Oh, mon Dieu ! Sharona, j’ai compris. Les colis piégés, je sais comment il les a envoyés. Mais qu’est-ce que vous fabriquez ?
Ricky : Relaxe, c’est ma boite de cigares. Ça vient d’un pote à Key West. Personne ne sait qu’il m’en envoie.
Monk : Votre frère est il au courant ?
Ricky : Oui. Brian le sait, je le lui avais dit.
Monk : C’est une bombe ! Ne l’ouvrez pas !
Ricky lance le colis qu’il était en train d’ouvrir, c’est Sharona qui le reçoit.
Sharona : Oh mon Dieu !
Monk : Surtout, ne bouge pas.
Monk s’éloigne lentement de Sharona et cherche dans la cuisine.
Monk : Ca va aller, ça va aller ! Surtout ne bouge pas, sinon le détecteur de mouvement s’enclenchera. Surtout, ne bouge pas. Ça va aller. Ça va aller, ça va aller.
Sharona : Arrête un peu de dire ça et fais quelque chose.
Monk : Ça va aller.
Ricky : (au téléphone) Bon, j’ai un type du déminage au bout du fil. Il y a une équipe en route.
Monk : Je ne vois aucune pince nulle part. Où y a-t-il une pince ?
Ricky : Sous votre nez, dans un pot en métal !
Sharona : Tu vas te dépêcher, je ne sais pas combien de temps je vais tenir.
Monk : Chuuut, chuuut !
Ricky : OK, le gars veut savoir combien de fils vous voyez ?
Monk : Quatre en tout. Tu veux toujours partir ?
Ricky : Quatre fils.
Monk : Tu ne t’amuseras jamais autant dans le New Jersey.
Ricky : Il dit de couper le fil qui relie le détonateur à ce qui sert de batterie.
Monk : Il y en a deux. Un bleu et un rouge.
Sharona : C’est quoi ça ?
Monk : Il y a une lumière verte.
Ricky : Il y a une lumière verte. Il dit que vous avez dix secondes. Coupez un des deux fils.
Monk : Oui, mais lequel ?
Ricky : N’importe lequel ! Aucune importance.
Monk : D’accord, le bleu. Non, non, le rouge. Non, le bleu !
Sharona : Mon Dieu ! le bleu, coupe le bleu ! Vas y !
Ricky : Cinq secondes !
Monk : Pourquoi le bleu ?
Sharona : Coupe le rouge alors.
Monk : Tu as dit le bleu !
Ricky : Trois secondes !
Sharona : Mais tu vas en couper un !
Monk : Je coupe les deux.
La lumière s’éteint et la sonnerie s’arrête. Ils soufflent.
Disher : Ça va ?
Sharona : C’était juste un petit colis piégé, rien de méchant.
Disher : Il parait que vous nous quittez pour le New Jersey ?
Sharona : Pourquoi, je vais vous manquer ?
Disher : Non. Enfin, peut être un petit peu.
Sharona : Rendez moi service. Appelez moi de temps en temps. Ça me rappellera pourquoi je suis partie.
Disher : Je n’y manquerai pas.
Monk : Tout le monde voit bien ?
Agent Grooms : Oui, enfin, tout ce qu’on voit c’est seulement une boite aux lettres. Qu’est-ce qu’on fait là ?
Monk : Tout d’abord, je tiens à remercier le représentant des services postaux, Tamil Swarma, de nous apporter son aide précieuse.
Tamil : Nous sommes ravis de pouvoir aider nos frères et nos sœurs de la communauté policière. Au fond, seuls nos uniformes nous séparent, c’est tout.
Monk : Brian Babbage avait décidé d’éliminer ses frère et sœur. Il a trouvé un moyen de poster ses bombes au mois de mai pour qu’elles ne soient livrées qu’au mois d’aout. Une idée vraiment brillante, je dois le dire.
Tamil : Oui, oui, en effet. Mais en agissant de la sorte, il a enfreint deux lois fédérales, sans compter de nombreux points des règlements des convoyages postaux. Poursuivez.
Monk : C’est en contemplant un petit morceau de papier peint se décollant d’un mur, que je me suis souvenu des bouteilles de ketchup dans la maison de Brian Babbage. Elles étaient collées au plafond. La colle était en fait la clé.
Agent Grooms : Il n’y a pas de colle sur les bombes.
Stottlemeyer : La colle ne servait pas aux bombes mais au mécanisme d’envoi des colis.
Tamil : Exactement !
Monk : Tout à fait. Il faisait une expérience. Un test physique. Les bouteilles de ketchup faisaient le même poids que les colis piégés. Il essayait de découvrir combien de temps elles resteraient accrochées avant de tomber.
Agent Grooms : Je ne comprends rien.
Monk : Tamil, il y a quatre mois de ça, Brian Babbage a parcouru la ville tard le soir. Il a plus ou moins forcé trois boites aux lettres du même modèle que ça.
Tamil : Elles sont très faciles à fracturer. J’ai abordé le sujet avec mes supérieurs mais ils ne m’écoutent pas. Il ne faut jamais faire de vagues.
Monk : Tamil !
Tamil : Tout ce qui les intéresse, c’est leurs vingt ans de boite pour filer à la retraite.
Monk : Je vais prendre le relais. Brian a placé les bombes dans les trois containers mais il ne les a pas mises avec les autres lettres et paquets. Il les a collées à cet endroit là. Vous voyez, c’est caché des regards. Personne n’y jette jamais un œil. Pourquoi faire ? Quatre mois plus tard, la colle avait séché, la bombe est alors tombée et du coup, le lendemain, le postier a pu la récupérer avec le reste du courrier.
Stottlemeyer : Appelons ça un colis piégé à retardement.
Tamil : Les services postaux se sont involontairement transformés en messager du malheur. Qui l’eut cru ?
Monk : Oui, joliment dit, Tamil.
Sharona : Et lorsque les bombes ont été livrées, Brian possédait un alibi.
Agent Grooms : Il s’est mis tout seul dans le coma. C’est ça son alibi ? Ce serait vraiment le plan le plus crétin de tous les temps. Il est passé à ça de finir au cimetière.
Monk : Ça m’a troublé moi aussi. Mais j’ai réalisé après que son plan n’était pas celui la. Personne ne peut prévoir de tomber dans le coma.
Stottlemeyer : Son idée était de se faire arrêter. Il aurait été en prison au moment où les bombes étaient livrées et c’est pour ça qu’il a provoqué cette poursuite. Il savait que ça lui en couterait entre six et huit mois au bas mot.
Monk : Il a même pense à engager un mauvais avocat pour bien s’assurer qu’il serait condamné.
Stottlemeyer : Il a tout foiré en emplafonnant un camion.
Disher : Et une voiture et une deuxième voiture.
Monk : Brian Babbage s’est trouvé littéralement, par accident, le plus fabuleux des alibis depuis l’apparition du crime.
Agent Grooms : Oui mais où sont les preuves ?
Monk : Brian Babbage s’est réveillé ce matin. Je me suis arrangé pour que nous allions tous lui rendre une petite visite.
Tamil : Allons y, c’est parfait.
Monk : Pas vous.
A l’hopital.
Maria : Monsieur Babbage.
Brian : Maria !
Maria : Vous êtes réveillé. C’est un miracle. Je suis venue dès que j’ai su. Je suis navrée pour votre sœur et votre frère.
Brian : Merci Maria. Les médecins viennent de me prévenir. C’est … Je n’arrive pas à y croire.
Maria : Je ne resterai pas longtemps, monsieur. Je voulais juste vous saluer et vous remettre votre courrier.
Brian : Qu’est-ce que c’est que ça ?
Maria : Désolée, j’ai du ouvrir certaine ….
Brian : C’est une bombe ! Couchez vous ! couchez vous !
Cachés derrière un rideau, la police, Monk et Sharona ont tout entendu.
Monk : Je serais curieux de savoir pourquoi vous pensiez que ceci était une bombe, monsieur Babbage ?
Disher : Brian Babbage, je vous salue. Je vous arrête pour le meurtre de votre sœur Amanda.
Trevor entre chez Sharona.
Trevor : Sharona, Benji ? Le taxi est la. Depêchez vous, allez. On va rater l’avion. Sharona, laisse ça. Les déménageurs s’en occuperont demain. Mais où est Benji ?
Sharona : Je l’ai confié à ma sœur.
Trevor : Quoi ? Mais il faut qu’on y aille.
Sharona : On ne va nulle part.
Trevor : Mais de quoi tu parles ?
Sharona : J’ai trouvé les billets d’avion hier soir. Détroit ?
Trevor : Ecoute Sharona, non, attends, écoute moi.
Sharona : J’aurais pourtant du m’en douter.
Trevor : Je voulais qu’on aille … Je pensais qu’on pourrait faire juste un détour pour saluer mon oncle Jack, c’est tout.
Sharona : Tu ne veux pas voir ton oncle Jack. Tu veux surtout qu’il nous voie, Benji et moi. Il t’a retiré de son testament après notre rupture et tu veux recoller les morceaux.
Trevor : Ecoute, le taxi est dehors, le compteur tourne, alors on en discutera en chemin. Sharona, chérie, ce pognon est pour nous deux. C’est pour nous trois. Il est bourré de fric, pourquoi ne pas en tirer parti ?
Sharona : C’est tout ce que tu sais faire, Trevor. Tirer parti des gens. Et si tu appelais Benji pour lui expliquer que si tu es réapparu tout à coup dans sa vie, c’est uniquement pour ne pas être déshérité ? ça m’aurait étonnée.
Trevor : Tu penses à Benji ? Il a besoin d’un père.
Sharona : Oui, effectivement, il en a besoin. Quand tu seras prêt à en être un, tu nous feras signe.
Trevor : Attends.
Monk attend impatiemment devant la porte du docteur Kroger. Son taxi arrive enfin.
Dr Kroger : (dans le taxi) Voila, on y est. C’est la maison sur la gauche. (Il voit Monk) Ne vous arrêtez pas, roulez ! Continuez !
Taxi : Jusqu’où ?
Dr Kroger : Je vous dirai. Allez y ! Roulez, roulez !
Plus tard, Sharona vient le chercher.
Sharona : Salut. Je pensais bien te trouver là. Comment tu vas ?
Monk : Super, c’est le bonheur. Je vis un rêve. Où est Trevor ?
Sharona : Il est reparti.
Monk : Je suis désolé. Tu m’as manqué.
Sharona : Tu m’as manqué, toi aussi. Et le pire, c’est que c’est vrai. Je devrais peut être consulter un psy moi aussi.
Monk : Reste avec moi alors, le docteur Kroger ne devrait plus tarder.
Rédigé par mamynicky