2.09 – Monk et le douzième homme
Deux employés discutent depuis leur cabine sur une route à péage.
Zimmi : Alors le vendeur me dit d’essayer des semelles en caoutchouc carbone. Qu’est-ce que tu veux que je fasse de ça moi ? Je travaille dans une cabine de péage.
Pulaski : Il voulait toucher sa commission.
Zimm : Exactement ! Plus ils en vendent et plus ils se font la cerise. A la maison, Janet achète toutes ses chaussures par correspondance. Bonne journée ! Ça ça m’épate, comment on peut acheter des pompes par correspondance ? Moi il faut que je les essaie avant que je marche trois bornes.
Pulaski : Bonjour Monsieur. Deux dollars sur dix.
Un chauffeur : C’est vous Pulaski ?
Pulaski : Oui ?
Chauffeur : Frank Pulaski ?
Pulaski : Oui, c’est moi, on se connait ?
Chauffeur : Rendez moi ma monnaie.
Hé ! Qu’est-ce que ça veut dire ?
A ce moment, le chauffeur attrape son bras et ferme une menotte attachée à une corde qui entraine Pulaski lorsque le chauffeur démarre en trombe, devant Zimm impuissant et horrifié.
Zimm : Que se passe t’il ? Hé ! Oh mon Dieu !
Monk et Sharona sont au pressing. Sharona lit le journal.
Sharona : Mon Dieu, regarde ce qui est en page 10 ! Je suis en photo avec Kenny à la soirée où il m’a invitée !
Monk : Madame Ling ? Bonjour ! Il est dix heures !
Sharona : Adrien, regarde, tu vois cette cravate ? C’est moi qui lui ai choisie. Il m’a dit qu’il me faisait totalement confiance. Je me verrais bien avec un type qui s’intéresse sincèrement à ce que je pense.
Monk : Madame Ling ? Il est dix heures ! Bonjour !
Sharona : Adrien, écoute ça une seconde, tu veux ? « L’adjoint au maire, Kenny Shale, accompagné d’une inconnue – c’est-à-dire moi – a été vu vendredi soir, au Gala pour l’enfance défavorisée. Selon de nombreux observateurs, Monsieur Shale serait le candidat le mieux placé pour les élections municipales de l’an prochain. » Tu sais ce que ça veut dire ?
Monk : Quoi ?
Sharona : Je sors peut être avec le prochain maire de San Francisco.
Monk : Tu ne lui trouvais rien d’extraordinaire.
Sharona : J’ai changé d’avis, ça peut arriver. Oh mon Dieu, il faut que j’en achète d’autres exemplaires.
Mrs. Ling : Monsieur Monk, je vous ai déjà dit plusieurs fois de ne pas appuyer sur la sonnette. Je vous en prie !
Monk : Il est dix heures, Madame Ling. C’est écrit mardi, dix heures sur le ticket.
Mrs. Ling : C’est approximatif, Monsieur Monk, ça veut dire environ dix heures. Pas dix heures, dix heures, espèce de maboul. Qu’est ce qui ne va pas dans votre tête ? Bon, donnez moi ce ticket. Oh Monsieur Monk, je vous ai déjà dit, pas de photocopie. Où est le ticket original ?
Monk : Il est chez moi, à l’abri dans une pochette en carton.
Mrs. Ling : Mas une pochette pourquoi faire ? C’est un ticket de teinturier. Ne sonnez plus, je vous en prie ! Ne le laissez pas photocopier !
Sharona : Je ne suis pas tout le temps derrière lui.
Mrs. Ling : Bon, voila. Quatre chemises, d’accord ? Vingt quatre dollars.
Monk : Pourquoi est-ce que je paie plus cher ?
Mrs. Ling : Parce que vous me donnez beaucoup de travail, avec vous, je dois laver deux fois et je perds du temps à écouter des bêtises pendant une demi-heure. OK, c’est très bien, merci beaucoup. Allez, bye bye !
Sharona : Merci Madame Ling.
Monk : Attendez.
Sharona : Qu’est-ce qu’il y a encore ?
Monk : Regarde, c’est tout froissé.
Sharona : Non, c’est le cellophane.
Mrs. Ling : C’est pas froissé. C’est du cellophane, espèce de maboul.
Sharona : Je t’en prie.
Monk : Mais, qu’est-ce que c’est ?
Mrs. Ling : Ça c’est rien du tout. Allez, bye, au revoir !
Sharona : On y va.
Monk : Ce n’est pas mon bouton.
Mrs. Ling : Votre bouton est décousu et j’ai trouvé un nouveau bouton. Identique, tout pareil, il n’y a pas de différence.
Sharona : J’avoue que je n’en vois pas.
Monk : Le bouton est bien le même mais le point est totalement différent. Regardez. Sur tous les autres, le point est entrecroisé mais regardez là, il est parallèle.
Mrs. Ling : C’est comme ça que je couds. Je fais des points parallèles. C’est ça, c’est ma signature.
Monk : Oui, mais ce n’est plus pareil. Comment est-ce que je vais faire dans la rue avec ça ?
Sharona : (au téléphone) D’accord, on arrive tout de suite. Hé, on a du travail.
Monk : Sincèrement, je me demande si je ne vais pas emmener mon linge ailleurs.
Mrs. Ling : Oh oui, pitié, allez y, allez y ! Quittez moi, d’accord ? Bye ! bye !
Monk : Non, détendez vous, Madame Ling, je plaisante, voyons, je vous assure, vous êtes le meilleur teinturier de toute la ville. Je ne veux pas aller ailleurs.
Sharona : Arrête avec ça. ça devient pénible.
Monk et Sharona rejoignent la police sur place au péage.
Monk : Des menottes ?
Stottlemeyer : Accrochées à un poignet, elles mêmes attachées à vingt mètres de corde.
Monk : Oh, Seigneur !
Stottlemeyer : Puis la voiture a démarré et a fui à plus de cent kilomètres heure. Je viens de voir le corps ou plutôt ce qu’il en reste. Même le légiste n’avait jamais vu ça de sa vie. Et ça continue de tomber.
Monk : Que voulez vous dire ?
Stottlemeyer : Que c’est notre neuvième cadavre. Neuf meurtres bizarres en l’espace de deux semaines. Chaque fois que mon bipper sonne, j’ai le cœur qui s’arrête de battre.
Monk : Y a-t-il un lien entre eux ?
Stottlemeyer : Non, pas la queue d’un. On a quatre hommes, cinq femmes, tous des ages différents. Des milieux différents, des latinos, des blancs, des noirs.
Monk : Les modes opératoires ?
Stottlemeyer : Tous différents. Deux assassinats par balles, et deux armes distinctes. Un piéton renversé, une noyade, une électrocution, j’ai l’impression que c’est comme si on avait la pleine lune tous les soirs.
Monk : Et vous êtes certain que ces affaires n’ont absolument rien en commun, Capitaine ?
Stottlemeyer : Si, elles ont un truc en commun, dans tous les cas, on patauge allègrement. C’est sans espoir d’y voir plus clair.
Disher : Je vous ai vue en photo avec votre nouveau copain.
Sharona : Ce n’est pas mon copain.
Disher : Je comptais voter pour lui, mais là du coup, je doute un peu, forcément. Je veux dire, il est sorti avec vous, qui sait de quoi d’autre il est capable. Peut être de déclencher une guerre, on ne sait pas.
Sharona : Je ne manquerai pas de le lui répéter.
Disher : Non, non, je plaisantais.
Sharona : Alors je dirai que vous plaisantiez.
Disher : Non, ne lui dites pas ça. Ne lui dites rien.
Policier : Vous voulez un petit café ?
Disher : Oui, merci. Ce n’est pas de refus.
Policier : Désolé, c’est pour Sharona.
Sharona : Oh, c’est gentil.
Policier : C’est normal. Saluez Kenny de ma part.
Sharona : Entendu.
Zimm : Il a essayé de rester debout le plus longtemps possible. Et puis il est tombé et il s’est fait trainer. Le pauvre, j’entends encore ses hurlements de panique et puis ça aurait pu être moi. Ça aurait du être moi.
Monk : Comment ça ?
Zimm : Ma caisse était libre. Frankie avait une queue de trois voitures.
Monk : Vous voulez dire que vous, vous étiez libre mais que le meurtrier a choisi de faire la queue au péage de Monsieur Pulaski ?
Zimm : Oui, c’est ça.
Monk : Pourquoi est-ce qu’il aurait fait ça si ce n’est …
Stottlemeyer : Parce qu’il en avait précisément après lui. Vous n’avez pas vu le conducteur, ni reconnu le modèle de la voiture ?
Zimm : Je suis vraiment désolé. C’était une voiture comme les autres.
Monk : Capitaine, qu’est-ce que ça veut dire ?
Stottlemeyer : L’assassin a payé avec ce billet. Ça devait être parti depuis longtemps au labo. Lieutenant ? Hé, Messieurs, qu’est-ce que c’est que ça ? Un bal de promo ou quoi ? Ecartez vous, laissez la respirer un peu. Venez par là vous, il faut qu’on discute.
Sharona : A tout à l’heure !
Stottlemeyer : J’ai cru comprendre que vous fréquentiez Kenny Shale.
Sharona : Oh, pour l’instant, il n’y a rien de sérieux.
Stottlemeyer : Bien au contraire. Laissez moi vous dire une chose. Sharona, votre vie est sur le point de changer. Toutes les personnes que vous connaissez vont venir vous tourner autour. Vous ne saurez plus à qui faire confiance. Monk ne viendra pas vous aider sur ce coup la. Il est remarquable mais c’est Monk. Il vit sur la planète Monk. Je sais ce que vous vivez. J’ai été aussi sous les projecteurs. Et … attendez une seconde. Je veux que vous preniez ceci.
Sharona : Qu’est-ce que c’est ?
Stottlemeyer : Mon numéro de portable. N’hésitez surtout pas à m’appeler à toute heure du jour et de la nuit, si vous avez besoin d’aide. Je ne voudrais pas que vous souffriez à cause de tout ça.
Sharona : C’est très gentil. Merci beaucoup.
Stottlemeyer : De rien, de rien. Dites … j’ai une idée, on pourrait peut être essayer de s’organiser un repas, Karen et moi, Kenny et vous. J’ai toujours apprécié Kenny, c’est quelqu’un de bien. On peut compter sur lui.
Sharona : Vous l’avez traité d’hypocrite.
Stottlemeyer : J’ai fait ça moi ?
Sharona : Oui, je vous jure, il y a trois semaines.
Stottlemeyer : Non, non, je n’ai pas dit hypocrite, j’ai dit que c’était … mmm … pfff … oui c’est vrai, je l’ai traité d’hypocrite, je me souviens, sauf que pour moi ce n’est pas une insulte. C’est un terme de la rue utilisé par les afro-américains, c’est une marque d’affection. Si vous préférez. Oh, salut Jerry ! ça va, vieil hypocrite ? Bonjour à ta femme ! Oui, j’appelle tout le monde comme ça.
Monk : Capitaine ! Venez voir !
Stottlemeyer : C’est sans conséquence. Vous permettez ?
Monk : Sa caisse était quasiment vide à peu de choses près, il venait de prendre son service n’est-ce pas ?
Zimm : Oui, c’est exact.
Monk : Donc, l’assassin a du attendre quelque part que Pulaski arrive pour prendre son service.
Zimm : Oui, c’est vrai, ça me revient maintenant, le type est resté garé près de la cabine la bas pendant au moins vingt bonnes minutes.
Stottlemeyer : Il était donc en train d’attendre. Qu’est-ce que vous en dites, Sharona ?
Sharona : Moi ?
Stottlemeyer : Oui. Vous.
Monk est en consultation chez son thérapeute, le docteur Kroger.
Monk : Elle fréquente Kenny Shale, qui va briguer la mairie.
Dr Kroger : Oui, je connais, j’ai lu quelques articles sur lui.
Monk : Je ne suis pas sur qu’elle l’apprécie vraiment, je crois surtout qu’elle aime l’attention que ça lui apporte. Tout le monde au commissariat, est autour d’elle en train de la flatter, on rit de toutes ses blagues, on lui apporte des tas de cafés.
Dr Kroger : Vous devriez peut être vous en réjouir pour elle.
Monk : Je peux vous dire une chose ?
Dr Kroger : Oui, c’est un peu pour ça qu’on est là.
Monk : Ces derniers jours, je me suis surpris à penser que si Kenny Shale était élu et que Sharona se trouvait encore avec lui, peut être, pourrait-elle …
Dr Kroger : Vous aider à récupérer votre travail au sein des services de police de la ville ?
Monk : Je suis aussi minable que les autres.
Dr Kroger : Non, Adrien, non. Il n’y a aucun mal à vouloir se montrer ambitieux. Ça veut seulement dire que vous êtes humain.
Monk : Oh, humain. Il y a bien longtemps que personne ne m’avait plus appelé ainsi.
Dr Kroger : Un souci avec votre chemise ?
Monk : Du tout.
Dr Kroger : Pourquoi est-ce que vous la tenez ainsi alors ?
Monk : J’ai mis la mauvaise chemise.
Dr Kroger : Est-ce qu’il y a une tache ? Parce que je vous assure que je ne vois rien du tout.
Monk : Il s’agit du bouton. Madame Ling me l’a remplacé mais le point de couture est différent.
Dr Kroger : Le point de couture ?
Monk : Il n’est pas entrecroisé, il est parallèle. Ne faites pas semblant de ne pas le voir.
Une jeune femme est assassinée dans une salle obscure de cinéma.
Inconnu : Arlene ? Arlene Carney ?
Arlene : Oui ?
Inconnu : Ça va, Arley ?
Arlene : Qui me …
Plus tard, la police, Monk et Sharona sont sur les lieux. Ils interrogent un stagiaire.
Stagiaire : La cliente assassinée …a pris un ticket …
Monk : Vous a-t-il semblé qu’elle attendait une autre personne ?
Stagiaire : Non monsieur.
Stottlemeyer : Est-ce qu’elle avait peur ?
Stagiaire : Non monsieur.
Monk : Je sais ! Il est tombé et la teinturière l’a recousu de travers.
Stagiaire : Pardon ?
Monk : Vous étiez en train de regarder mon bouton !
Stagiaire : Non, monsieur.
Monk : Poursuivez.
Evered : On ne nous a pas présentés, Chuck Evered.
Stottlemeyer : Le gérant du cinéma.
Monk : Adrien Monk. Sharona ! Sharona, une lingette !
Stottlemeyer : Ah, va falloir attendre. La star du moment est occupée.
Sharona : Vous savez, hier, Kenny m’a emmenée à la mairie et nous avons diné dans le salon privé.
Disher : Wouaw ! c’est vrai ?
Sharona : Je vous inviterai peut être un jour, Kenny pourrait avoir besoin d’un gorille.
Sharona : (au téléphone) Allo ? Salut Kenny.
Disher : Bon, les gars, s’il vous plait, baissez d’un ton. Sa Sainteté discute avec Monsieur Kenny Shale.
Sharona : (au téléphone) Non, ce n’est rien …
Stottlemeyer : Ne faites pas attention, mon garçon. On vous écoute.
Stagiaire : Alors, elle est entrée dans la salle et une minute après environ, un homme est arrivé.
Monk : Décrivez le moi.
Stagiaire : Je n’ai pas vraiment vu son visage.
Evered : Il tenait un mouchoir devant sa bouche, comme s’il était enrhumé.
Stagiaire : Il a acheté un billet pour le même film et je lui ai demandé s’il voulait le combo spécial, c’est un gros seau de pop-corn et une boisson taille moyenne valeur réelle neuf dollars pour sept cinquante seulement. Mais il a dit non. Ensuite il est entré et il l’a tuée. Mais je ne savais pas qu’il avait l’intention de faire ça.
Monk : Et il a payé avec ceci ?
Stagiaire : Oui, monsieur.
Stottlemeyer : Bien, nous avons encore besoin de vous au Poste pour faire un portrait robot. Jerry ? L’Officier Johnson va vous accompagner.
Monk : Capitaine.
Stottlemeyer : Quoi ?
Monk : Vous avez un tueur en série sur les bras.
Stottlemeyer : Ecoutez, Monk, cette femme a été étranglée. Elle ne connaissait aucune des autres victimes. Je n’ai pas l’intention de crier « au loup ! » à moins d’être sur à 100 % de mon coup.
Monk : L’assassin de cette femme est à coup sur le même que celui qui a tué Frank Pulaski au poste de péage.
Stottlemeyer : Beaucoup de gens paient avec des billets de dix dollars.
Monk : Ce billet est tout neuf.
Stottlemeyer : Il y a beaucoup de billets tout neuf qui circulent dans cet Etat.
Monk : Les deux numéros d’identification se suivent.
Stottlemeyer : Quoi, vous vous rappelez les numéros du …
Monk : Oh, j’ai seulement pris le temps de les regarder. Le billet donné au péage se terminait par 6092B et celui-ci par 6093B.
Stottlemeyer : C’est un tueur en série.
Plus tard, au commissariat.
Disher : Capitaine ! Capitaine, Washington nous a envoyé un profil psychologique préliminaire.
Stottlemeyer : Laissez moi deviner. L’assassin a probablement entre trente et quarante ans. Il s’agit d’un individu de race blanche, il ne travaille pas, il a certainement une expérience dans le domaine militaire et il déteste profondément sa mère.
Disher : Comment vous le savez ?
Stottlemeyer : Ces rapports-la disent toujours la même chose, c’est du papier gaspillé pour rien. Du nouveau pour les billets de dix dollars ?
Disher : Ils viennent d’une banque de San Mateo, la Wells Fargo. Impossible à pister.
Stottlemeyer : Ç’eut été étonnant. S’il vous plait ! Votre attention ! On n’arrivera pas à coincer ce type en bossant chacun dans son coin. Alors par pitié, partagez vos informations. Nous allons plonger dans des eaux troubles, nous allons … C’est quoi ça ? Qu’est-ce que vous faites la ?
Disher : Je fais de la place pour les futures victimes.
Stottlemeyer : Décrochez moi ce truc. Dépéchez vous ! Il n’y aura pas d’autre victime. Nous empêcherons ce pourri d’aller plus loin que dix.
Detective Kevin : Vous êtes super jolie aujourd’hui.
Sharona : Merci. C’est très gentil.
Kevin : Sharona ! Attendez, vous allez avoir froid.
Sharona : Oh, merci Kevin.
Monk : Sharona ! Viens voir !
Livreur : Sharona Fleming ?
Sharona : Oui, c’est moi.
Livreur : Ces fleurs vous sont offertes par Kenny Shale
Sharona : Oh mon Dieu ! Elles sont magnifiques. Merci.
Kevin : Ne bougez pas, je vous apporte tout de suite un vase.
Sharona : D’accord.
Monk : Sharona ! Tu m’entends ? Hé ! Sharona, viens ! Lieutenant ? Capitaine ! Je peux vous montrer quelque chose ? Venez voir. Lieutenant ! Regardez. Regardez cette photo. Celle-ci et enfin, celle la.
Stottlemeyer : Oui, les calendriers.
Monk : Exactement, ces trois victimes ont le même calendrier sur leur mur.
Stottlemeyer : Oui, nous l’avons déjà noté hier. Venez Monk, moi aussi j’ai un truc à vous montrer. J’en reçois un exemplaire chaque début d’année. Ils doivent en imprimer un million par an.
Disher : En réalité, ça tourne autour de vingt cinq mille. J’ai appelé cette compagnie d’assurances hier. Il n’y a qu’un cabinet, c’est une petite société familiale dirigée par Monsieur Henri Smalls.
Monk : Ça ne peut pas être une coïncidence. Capitaine, trois des victimes, peut être même plus possédaient le même calendrier chez elles. Il faut se renseigner sur cet homme.
Stottlemeyer : Nous l’avons déjà fait. Lieutenant ?
Disher : Henri Smalls, âgé de quarante sept ans. Absent de chez lui depuis deux semaines pour une convention d’assureurs à Baltimore. Il doit rentrer ce soir.
Stottlemeyer : Si ça ne s’appelle pas un alibi …
Monk : Oui d’accord. Mais on peut penser qu’il s’agit du dénominateur commun.
Stottlemeyer : On pourrait effectivement le penser. Mais je ne peux aucunement en faire une de mes priorités. J’ai deux mille pistes à explorer et au moins la moitié est plus solide que ça. Je vérifierai ça à l’occasion, c’est promis.
Monk : Il rentre de voyage ce soir !
Stottlemeyer : J’ai dit à l’occasion !
Sharona : J’ai raté quelque chose ?
Monk : Oh des broutilles. On s’efforce simplement d’arrêter un tueur en série avant qu’il ne frappe à nouveau. Tu vois, il n’y a rien d’extraordinaire. Ecoute, on va être obligés de passer la soirée à surveiller la maison d’un suspect.
Sharona : Comment, ce soir ?
Monk : Oui.
Sharona : Je ne peux pas. C’est le seul soir de la semaine où Kenny est libre. Adrien, je t’ai prévenu il y a trois jours de ça que j’avais besoin de ma soirée.
Monk : Sharona, ce type rentre de voyage ce soir, il faut que j’aille lui parler.
Sharona : Et alors, qu’est-ce qui t’en empêche ? Tu n’as pas besoin de moi.
Monk : Comment ça je n’ai pas besoin de toi ? Comment tu peux dire ça après trois ans à mon service ?
Sharona : Tu n’as qu’à engager une extra.
Monk : Une quoi ?
Sharona : Une intérimaire. Payée à l’heure. Elle fera tout ce que tu lui demanderas.
Monk : Je ne peux pas emmener une intérimaire en surveillance !
Sharona : Tout ce que je sais, je n’annulerai pas mon rendez vous de ce soir
Monk : Ni moi, ma surveillance.
Le soir, Monk est à l’avant de sa voiture. Sharona est à l’arrière avec Kenny.
Monk : Oui, c’est bien là, numéro 782. Il sera là dans quelques minutes.
Kenny : Hé bien voila. J’aurai mis trois rencards pour t’attirer jusqu’aux sièges arrières.
Sharona : Kenny, ce serait bien que tu te calmes ; on est là dans le cadre d’une enquête de police, tu te rappelles ?
Kenny : Oh je suis désolé. Je suis excité comme une puce. C’est ma première surveillance.
Sharona : Tiens regarde, j’ai apporté des beignets.
Kenny : D’accord, moi j’ai apporté le vin. J’ai une bouteille de trente ans d’age. Il est grand temps d’écourter ses souffrances. Des beignets arrosés de vin rouge. Je sens que ce sera le meilleur tête à tête de ma vie. Tiens, chérie. Adrien, merci encore de m’avoir invité.
Monk : Ne mettez pas de désordre derrière.
Sharona : C’est ma voiture !
Monk : C’est vrai. Mais ne mettez pas de désordre quand même.
Kenny : (au téléphone) Allo ? Oui Monsieur. Jeudi, ce sera parfait. D’accord, à jeudi alors. Oui Monsieur, à mes côtés. Je n’y manquerai pas. Merci. Au revoir. Le gouverneur te salue.
Sharona : C’était le gouverneur ? Il t’a dit de me saluer ?
Kenny : Oui, tout à fait.
Sharona : Tu as entendu ça Adrien ?
Monk : Est-ce qu’il vous a parlé de moi ? On s’est connus dans sa campagne.
Kenny : Non, il n’a rien dit.
Monk : Oh, je lui ai sauvé la vie. Et puis je l’ai fait réélire, c’est tout. Kennyn, est-ce que Sharona vous a parlé des nombreuses enquêtes sur lesquelles j’ai travaillé ? Vous savez, je pourrais apporter beaucoup plus que ça si j’étais officiellement réintégré …
Kenny : C’est délicieux. Fais moi confiance.
Sharona : Kenny je t’avais dit que je n’en voulais pas. Je n’apprécie pas vraiment. Mais qu’est-ce que tu f ais Adrien ?
Monk : Le compteur marque 99999, je veux le passer à zéro.
Kenny : Pourquoi ?
Monk : Pour qu’il soit pile à zéro.
Kenny : Ça peut marcher comme ça ? Le compteur ne tourne vraiment qu’en marche avant.
Monk : Mais non, regardez. Ça tourne, tenez, vous voyez ?
Sharona : Non, ça ne bouge pas.
Monk : Si ça bouge, bien sur que ça bouge, regarde ! Oh, mon Dieu, non ! Attention derrière vous !
Pendant qu’ils surveillaient le compteur, un taxi a déposé Henri Smalls. Une ombre se précipite sur lui et le poignarde. Monk sort précipitamment de la voiture et court vers Smalls, étendu sur le trottoir.
Monk : Laissez le ! Monsieur Smalls !
Sharona : Adrien ! Qu’est-ce que tu fais ?
Monk : Je n’en sais rien.
Il lutte un instant avec l’ombre qui s’enfuit après l’avoir poussé. Plus tard, au commissariat.
Stottlemeyer : Dix plus une, onze. Onze victimes. Prévenez vos femmes, ce soir, vous ne rentrez pas. Je veux savoir combien de victimes connaissaient Monsieur Henry Smalls. Je veux que vous retourniez fouiller chaque maison et chaque scène de crime. On se retrouve ici demain matin à neuf heures. Au travail ! Exécution ! Est-ce que ça va ?
Monk : Oui.
Stottlemeyer : Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Vous vous êtes blessé aux deux mains ?
Sharona : Non, uniquement à la gauche.
Stottlemeyer : Pourquoi il a des bandages aux deux mains ? Pardon ! La symétrie ! Où est donc notre futur maire ?
Sharona : Il est rentré. Ça l’a un peu secoué tout ça.
Stottlemeyer : Je veux bien vous croire.
Disher : Il s’est défilé. C’est à ça qu’on reconnait un grand chef.
Stottlemeyer : Vous reconnaitriez le tueur ?
Monk : Je ne sais pas certain. Il portait une cagoule.
Stottlemeyer : En tout cas, vous aviez raison pour Henry Smalls.
Monk : Oui, sauf que dans mon esprit j’en faisais plutôt un suspect, pas la prochaine victime.
Stottlemeyer : Cela dit, vous nous avez permis de faire un pas important. Maintenant on a une piste solide. Merci. Ha, Monk ! Mais qu’est-ce que ça veut dire tout ça ?
Monk : D’accord. Un plombier hispanique, un policier à la retraite de race blanche, un professeur de maths afro-américain, qu’est-ce que tous ces gens ont en commun ?
Stottlemeyer : Absolument rien.
Monk : Voila, Capitaine, tout à fait. Ils n’ont rien en commun. Ages différents, emplois différents, certains étaient riches d’autres pauvres. Au final, un groupe de gens très dissemblables et ils sont même trop différents.
Sharona : Trop différents ?
Monk : D’un point de vue statistiques. Il faudrait réellement un mal de chien pour réunir des gens aussi contrastés et puis regardez ça. Les punaises bleues indiquent où vivaient les victimes.
Stottlemeyer : Oui, les bleues.
Monk : Les meurtres ont tous été commis dans la région de la baie, mais toutes les victimes, elles, vivaient à Marin County. La statistique est curieuse.
Stottlemeyer : Continuez, continuez.
Monk : Des gens tout à fait dissemblables, tous inscrits sur les listes électorales. Vous savez où on trouve un groupe de gens …
Stottlemeyer : Oui, moi je sais, dans un jury.
Disher : Une seconde, une seconde … Il a raison, ils ont fait partie du même jury il y a sept ans.
Stottlemeyer : Un jury ! Dans mes bras !
Plus tard.
Stottlemeyer : En tout, onze victimes. Qu’est-ce que ces personnes avaient en commun ? Le fait d’avoir toutes fait partie du même jury il y a sept ans de ça à Marin County. C’était un procès en dommages corporels. Un ouvrier, nommé Ian Agnew, est tombé du toit d’une maison particulière et est arrivé sur un bout de métal qui dépassait du sol. Il a attaqué les propriétaires Stewart et Lisa Babcock, pour négligence. Un bout de fer est apparemment resté planté dans son crane.
Sharona : Il a un bout de métal dans le crane ?
Stottlemeyer : Oui, un morceau de tuyau long d’un centimètre huit en métal galvanisé. Il n’a pas pu être enlevé par les médecins.
Monk : Il a un bout de métal dans la tête ?
Stottlemeyer : Il a touché sept cent mille dollars de dommages et intérêts payés par l’assurance des propriétaires. Un procès tout à fait banal.
Monk : Sauf que six ans plus tard, les jurés meurent assassinés l’un après l’autre.
Kenny : Pardon, Capitaine, qu’est-il advenu du douzième juré ?
Stottlemeyer : Excellente question, Kenny. Vous savez que vous feriez un excellent enquêteur ? Le douzième et seul juré survivant à ce jour est un certain Cassidy, Wallace J. Cassidy. Nous sommes en train de le chercher.
Sharona : Il s’est passé des choses inhabituelles au procès ?
Stottlemeyer : Pas d’après les archives du tribunal. Les débats ont duré en tout une journée et demi, les jurés sont allés sur les lieux de l’accident, et donc ont été tenus de dormir au motel pendant une nuit et ils ont rendu leur verdict, rien d’anormal.
Disher : Capitaine, vous êtes prêt à entendre ça ?
Stottlemeyer : Vous auriez déjà pu dire la moitié d’une phrase, Lieutenant !
Disher : Le douzième juré est localisé dans un casino à Wallenpaupack. C’est un gros joueur. Il a souvent des dettes. C’est l’assassin.
Stottlemeyer : Quoi ? Il a avoué ?
Disher : Non, il ne dit rien. Il demande à voir un avocat.
Stottlemeyer : Mais vous pensez que c’est lui ?
Disher : Il a tenté de fuir quand on l’a appréhendé. Il s’est même bien débattu. Vous êtes prêts à entendre la suite ?
Stottlemeyer : Oui, Randy, nous sommes prêts ! arrêtez de poser à chaque fois cette question !
Disher : Nous revenons à peine de chez lui. Il y avait une surprise dans le freezer. Un doigt d’origine humaine.
Stottlemeyer : Tiens donc. Ça va plaire au Parquet, ça, ils adorent les histoires de membres humains dans les freezer.
Monk : Mais aucune des victimes n’avait de doigt en moins.
Stottlemeyer : Disons qu’il a tué une autre personne de plus. C’est un trait de caractère des psychotiques.
Monk : Pourquoi aurait il attendu six années avant de tues tous les autres membres de ce jury ?
Kenny : Je l’ignore et je m’en fiche. Mes félicitations, Capitaine. Je ne manquerai pas de vous citer devant la presse.
Stottlemeyer : Oh, attendez, Kenny, je devrais peut être vous accompagner, on va peut être vous poser des questions et si je peux me permettre, je connais le dossier.
Kenny : Oui, vous avez raison, je dirai quelques mots et je vous présenterai.
Stottlemeyer : Allons y
Sharona : Kenny !
Kenny : Oui, ma puce.
Sharona : Attends. Voila.
Kenny : Merci chérie.
Disher : Oh, capitaine !
Stottlemeyer : (ironique) merci, chéri !
Kenny : On y va ?
Stottlemeyer : Oui.
Monk : Attendez Capitaine. Ne précipitons pas les choses, d’accord ? Je pourrais essayer d’identifier cet homme. Ça vaudrait le coup d’être tenté. Il vaudrait mieux être sur de votre fait, non ?
Cinq personnes sont présentées à l’identification.
Monk : Numéro cinq, resserrez vous un peu sur la droite. Encore un petit peu. Merci. Numéro un, il y a une peluche accrochée à votre poche. Numéro deux, pouvez vous aider numéro un ?
Sharona : Adrien, est-ce que tu reconnais l’homme d’hier soir ?
Monk : Numéro trois, changez de place avec numéro deux.
Stottlemeyer : Numéro trois, restez où vous êtes.
Stottlemeyer : (à Monk) Vous voyez le type oui ou non ? Ecoutez moi bien ? Tout ceci est très important. Regardez mes doigts. Pour vous – mes doigts – et c’est très important pour tout le monde. Alors vous seriez aimable de porter toute votre attention sur le numéro … quatre.µ
Monk : Numéro quatre, faites un pas en avant. Redressez votre numéro. Ce n’est pas l’assassin.
Stottlemeyer : Ce n’est pas l’assassin ?
Monk : Des ongles trop longs. Le type avec qui je me suis battu hier soir n’avait pas d’ongles. Je crois qu’il doit les ronger.
Stottlemeyer : Monk, ce gars là est le seul membre qui soit encore vivant parmi tous les jurés.
Disher : On a trouvé un doigt dans son freezer.
Monk : Ce n’est pas l’assassin ! Je veux en savoir plus à propos de ce procès. Je voudrais pouvoir discuter avec l’employé, celui qui est tombé du toit.
Kenny : Capitaine, la presse pose de plus en plus de questions. Nous n’arriverons pas à garder le secret.
Stottlemeyer : Ecoutez, Monk, je vous autorise à aller interroger ce type. D’accord ? Mais vous devez faire vite parce que je dois rendre l’affaire publique ce soir. Foncez !
Chez le maçon.
Monk : Merci à vous de nous recevoir.
Agnew : Ça ne me dérange pas. Je reçois peu de visites. Qu’est-ce que je peux pour vous ?
Monk : Monsieur Agnew, nous nous interrogeons à propos de votre accident.
Agnew : Bien sur, asseyez vous – a – a – a …
Sharona : Ian, j’ai une formation médicale. Je peux faire quelque chose ?
Agnew : Non, je vous remercie. Ça ne dure jamais très longtemps. C’est le bout de métal. J’ai un morceau de tuyau dans mon crane. Je reçois peu de visites. Bien sur, assey … assey … assey … assey … assey … assey …
Monk : Monsieur … A propos de votre accident.
Agnew : Oh oui, l’accident. Pour être honnête, je me rappelle de très peu de chose. En fait, on montait une cabine à coté de la piscine pour les Babcock et j’étais en train de travailler sur le toit et il y avait une tuile qui bougeait. Tout ce dont je me souviens après c’est de m’être éveillé équipé d’une cheminée. Je décroche. Allo ? Allo ? C’est un mauvais numéro. J’en reçois constamment. Il est bon ce café ? Méchant chien ! … Et après ça je n’ai plus retravaillé.
Monk : Comment aviez vous eu ce travail ?
Agnew : C’est Madame Babcock qui m’a embauché, seulement quand j’ai débarqué pour faire les travaux, elle n’était plus la, ils s’étaient séparés, elle était partie, je n’ai jamais su toute l’histoire. Je n’ai eu quasiment affaire qu’avec son époux, Stew. Je décroche. Allo ? Allo ? Je viens de faire changer mon numéro et pourtant ça continue d’appeler quand même ! Je reçois peu de visites.
Sharona : Vous êtes allé au procès ?
Agnew : J’ai témoigné.
Sharona : Vous avez copiné avec les membres du jury ?
Agnew : Non, madame, j’aurais bien voulu. Au moins pouvoir leur dire merci de leur générosité. Je reçois peu de visites. Daisy, Daisy, dis moi toute la vérité. Méchant le chien ! Vous savez ce qui me manque le plus ? Ma tête d’avant ce petit bout de métal. Il faut que je décroche. Allo ? Allo ? Comment avez-vous eu ce numéro ?
Sharona : Tu es loin d’être le plus fou dans la pièce si on regarde bien.
Monk : Nous trouverons la sortie tout seuls.
Agnew : J’exige de savoir qui vous êtes !
Monk : Allez, allez !
Monk et Sharona vont interroger Stewart Babcock.
Mme Babcock : C’était bien avant que je ne prenne place dans le tableau. Je n’ai connu Stewart qu’après ce fameux procès. Vous voulez de la citronnade ?
Monk : Non, merci.
Mme Babcock : Stew, ces personnes voudraient te parler de l’ouvrier.
Babcock : Quel ouvrier ?
Mme Babcock : Celui qui avait porté plainte contre toi.
Babcock : Pourquoi, c’est de l’histoire ancienne.
Sharona : C’est de là qu’il est tombé ?
Babcock : Oui, c’est exact.
Monk : Monsieur Babcock, est-ce que vous étiez présent lorsque s’est produit cet accident ?
Babcock : Non, j’étais en vacances avec ma femme. Ma première femme. Le dragon hurleur.
Mme Babcock : Avez-vous assisté au procès ?
Babcock : Il n’y avait aucune raison de le faire. Ça regardait ma compagnie d’assurances, pas moi, pourquoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Je veux dire, c’est une affaire réglée depuis six ans déjà.
Monk : Ce n’est probablement rien.
Sharona : Arrête, s’il te plait. Tu entends ?
Monk : Nous enquêtons sur une affaire où la plupart des jurés sont impliqués.
Babcock : Les jurés ?
Sharona : Oui, est-ce que l’un d’entre eux a tenté de vous contacter ?
Babcock : Un juré ? Non. Pourquoi l’aurait-il fait ?
Monk a ramassé une feuille qui flottait dans la piscine.
Monk : Vous avez une poubelle ?
Mme Babcock : Vous n’avez qu’à la jeter quelque part.
Monk : Elle dégouline.
Mme Babcock : C’est une feuille.
Sharona : Et si tu la jetais simplement par terre ?
Monk : Dites moi où elle est quand même. Vous me remercierez plus tard.
Mme Babcock : Vous en trouverez une dans la cuisine.
Monk : Merci.
Ils entrent dans la cuisine.
Sharona : (au téléphone) Je me suis bien amusée l’autre soir, et toi ? Oui. Il faudra remettre ça. Pour l’instant je ne sais pas trop. Attends une seconde, tu veux ? (à Monk) Kenny voudrait savoir où en est l’enquête ?
Monk : Je cherche encore. En d’autres mots, le jury continue de délibérer.
Sharona : (au téléphone) Ecoute Kenny. Il est concentré sur autre chose, là. Je crois que le mieux est que je te rappelle un peu plus tard. Oh mon Dieu, c’est vrai ? tu as fait ça ? Merci. Tu es un ange, il n’y a pas d’autre mot. Je te rappelle plus tard. D’accord ? Salut. Adrien, tu sais ce qu’a fait Kenny ? Il a fait sauter tous mes PV. pour mauvais stationnement.
Monk : C’est un genre de Superman. C’est très étrange.
Sharona : Quoi ?
Monk : Lisa Babcock a dit tout à l’heure qu’elle avait rencontré son mari une fois le procès terminé. Mais regarde. Cette photo là a été prise il y a plus de six ans de ça ?
Sharona : Comment tu le sais ?
Monk : Je reconnais parfaitement le restaurant. C’est le O’Malleys, sur Richmond Avenue. On n’a plus le droit de fumer à l’intérieur depuis 1995. Et je l’ai vu se ronger les ongles.
Sharona : Qui, Babcock ?
Monk : Tout à l’heure, dans la piscine.
Sharona : Qu’est-ce que ça veut dire ?
Monk : Que c’est un couple de menteurs.
Sharona : Ou peut être pire que ça ?
Monk : Peut être bien pire que ça.
Kenny a organisé une conférence de presse au commissariat.
Stottlemeyer : Kenny, venez. Qu’est-ce que vous fabriquez ? Je n’ai pas donné le feu vert.
Kenny : Je me le suis donné. Capitaine, la population de San Francisco a peur. Elle a le droit de savoir que nous avons un suspect de première importance.
Stottlemeyer : Une enquête de police n’est pas une campagne électorale. Monk n’a pas identifié l’individu.
Kenny : Ce sont les ongles de l’individu qu’il n’a pas identifié Capitaine. Ce qui est tout à fait différent. Nos concitoyens doivent savoir que la police a fait une découverte majeure pour l’enquête.
Stottlemeyer : Nous n’avons pas fait …
Disher : Capitaine ! On vient de découvrir cette photo chez Wallace Cassidy.
Stottlemeyer : De qui s’agit il ?
Disher : Je n’en sais rien mais à coup sur, c’est une femme.
Stottlemeyer : On dirait qu’elle est congelée.
Disher : Oui, écoutez, Capitaine, la femme en photo, plus le doigt dans le freezer, plus le délit de fuite, plus le fait qu’il soit le seul survivant des douze jurés ?
Kenny : Qu’est-ce qu’il vous faut de plus ?
Stottlemeyer : Entendu. Très bien, Messieurs, allons y.
Reporter : Bonjour, dans quelques minutes, l’adjoint au maire, Kenny Shale, fera une brève déclaration ayant trait …
Disher : Vous arrivez trop tard. La conférence démarre. Ils vont annoncer que Wallace Cassidy est soupçonné des meurtres.
Monk : Oh non, ils commettent une énorme erreur. Lieutenant, je vous promets que la vérité est ailleurs. Stewart et Lisa Babcock sont impliqués dans les meurtres. J’en suis tout à fait convaincu.
Disher : Les propriétaires de la maison où il y a eu chute ? Mais comment ?
Sharona : Nous n’avons pas encore trouvé.
Disher : Vous avez une preuve ?
Sharona : Pas encore, non.
Monk : Mais qu’est-ce que c’est ?
Disher : C’est une manche que le médecin légiste a trouvé. Enfin, un bout de manche. Henry Smalls, la dernière victime, le tenait à la main en mourant. Ça appartient surement à son tueur. Laissez tomber. C’est un cul de sac, on l’a déjà envoyé au labo, il n’y a rien à en tirer.
Monk : Capitaine !
Stottlemeyer : Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qu’il se passe ?
Monk : Je crois avoir compris tous les dessous de cette affaire. Le douzième juré n’est pas le coupable. Ce sont Stewart et Lisa Babcock.
Stottlemeyer : Ceux contre qui a été mené le procès ? Vous en êtes sur ?
Monk : Vous voulez dire si j’en suis certain ?
Stottlemeyer : Oui, oui, c’était un peu le sens de ma question.
Monk : Pas encore. J’ai besoin d’une heure, rien qu’une heure et nous serons fixés.
Kenny : Il y a un problème ?
Reporter : Capitaine, on peut commencer ?
Stottlemeyer : Encore une seconde, Messieurs. Kenny, Monk a besoin d’une heure et je vais la lui accorder.
Kenny : Vous oubliez la presse.
Stottlemeyer : La presse peut entendre. Elle est un petit peu payée pour ça.
Kenny : Moi non et si nous n’attaquons pas tout de suite, nous ne passerons jamais au journal de dix huit heures. Donc, je vais y aller, avec ou sans vous, Capitaine. C’est ça un meneur d’hommes.
Stottlemeyer : Non, non, Kenny. Ça c’est un meneur de revue. Allez, en route.
Sharona : Kenny, attends !
Kenny : Oh ma chérie. Content que tu sois là. Regarde bien, une star va naitre au monde.
Sharona : Non, non. Attends Kenny, écoute moi. Tu es sur le point de faire une grosse bourde dont tout le monde va se souvenir.
Kenny : Sharona, mon cœur, tu es gentille mais tu ignores tout du jeu de la politique.
Sharona : Tu as dit que tu avais confiance en moi.
Kenny : Mais si, je te fais confiance, bébé. Pour le choix de mes cravates, pas pour les choses importantes. Mesdames, Messieurs, bonjour et merci d’être là. Je viens vous annoncer que l’enquête …
La police arrive chez les Babcock, qui sont en train de mettre une valise dans leur voiture.
Stottlemeyer : Madame et Monsieur Babcock ? Police de San Francisco. Capitaine Stottlemeyer. Vous comptiez aller quelque part ?
Mme Babcock : Nous partons seulement pour le week end.
Babcock : Nous avons une maison à la mer.
Stottlemeyer : Une chance de vous avoir trouvés avant.
Sharona : (rumine) je te fais confiance pour ma cravate. Mais pour qui il se prend ce crétin.
Monk : C’est curieux. Ne sont-ce pas des passeports que je vois dépasser de votre sac, vous ne partez pas pour le week end n’est-ce pas ? Vous partez pour toujours. Parce que vous savez que l’on a arrêté Wallace Cassidy.
Babcock : Wallace qui ?
Sharona : Il fait sauter trois PV. et il croit qu’il peut me parler comme ça ? Je ne le permets à personne.
Stottlemeyer : Wallace Cassidy, il faisait partie du jury qui vous a condamné il y a six ans.
Babcock : Mais de quoi est-ce que vous me parlez là ? Pourquoi voulez vous qu’on ait quelque chose à faire avec votre fameux juré ?
Monk : Peut être parce que vous savez qu’il ne tardera pas à avouer. Non pas qu’il est un meurtrier, mais un maitre chanteur. Car le douzième juré vous faisait chanter. Il savait que vous aviez tué votre femme. Dans le cadre du procès que Ian Agnew avait intenté contre vous suite à l’accident qui l’avait frappé, le jury avait été amené à visiter les lieux où s’était produit le drame. L’un des jurés, Wallace Cassidy, s’est mis à fouiner, seulement toute vraisemblance, il cherchait quelque chose à voler. Monsieur Cassidy est un joueur invétéré avec les dettes que cela implique.
Sharona : (toujours en colère) Je n’en reviens pas d’être sortie avec lui ! C’est même pas mon type d’homme. J’ai rarement vu un mec plus hypocrite.
Monk : Sharona.
Sharona : Quoi ?
Monk : On est sur un truc, là. Monsieur n’a rien trouvé d’intéressant à voler. Il a découvert quelque chose de plus rentable. Le cadavre de la première Madame Babcock. Avant de partir, il n’a pas manqué de prendre une photo ainsi qu’un doigt.
Stottlemeyer : Le cliché est en notre possession tout comme le doigt. Il ne sera pas difficile de savoir à qui il appartenait.
Monk : Et d’ailleurs, il vous a envoyé une lettre dans laquelle il vous réclamait de l’argent. Vous saviez qu’elle venait d’un juré mais vous ignoriez lequel. A l’époque ça vous importunait peu. Cassidy ne visait pas très haut et au fond demandait peu d’argent que vous avez payé en pensant que l’histoire s’arrêterait là. Mais ça n’est pas arrivé et Cassidy devenait de plus en plus gourmand. Alors vous avez décidé d’éliminer le maitre chanteur. Mais comme vous ignoriez lequel des douze jurés c’était, il fallait tous les tuer, l’un après l’autre.
Babcock : Détends toi chérie, ils ne peuvent rien prouver. Si c’était le cas, ils nous auraient arrêtés dès qu’ils sont arrivés.
Monk : C’est vrai, je n’aurais rien pu prouver si je n’avais pas eu la chance de trouver ceci. Votre manche de chemise a été arrachée durant l’agression du juré numéro onze.
Babcock : Et vous pouvez prouver que c’est la mienne ?
A ce moment, Disher arrive, accompagné de Madame Ling.
Monk : Non, Monsieur, pas du tout. Mais je connais quelqu’un qui saura. Dès l’instant où j’ai vu ceci, j’ai eu l’impression bizarre que l’assassin et moi partagions une chose en commun. Nous fréquentions le même teinturier.
Mme Ling : Monsieur Monk ! Pourquoi vous m’amenez ici ? Je dois fermer le magasin. Je perds beaucoup d’argent. Vous êtes vraiment le client le pire.
Disher : Le trajet le plus long de toute mon existence.
Monk : Je suis navré, Madame Ling, C’est vraiment très important. Vous reconnaissez ceci ?
Mme Ling : Oui. Je connais la chemise. Regardez, c’est une belle chemise. Cintre, pas d’amidon. Qu’est-ce qu’on a fait du reste de la chemise ?
Monk : Madame Ling, il y a des milliers de chemises comme celle-ci dans le monde. Comment savez vous que celle-ci est passée dans vos mains.
Mme Ling : Vous voulez savoir comment ? Le bouton, il est tombé, je l’ai recousu.
Monk : Le point est en parallèle et non entrecroisé. Personne ne recoud un bouton de cette façon.
Mme Ling : Je vous l’ai déjà dit Monsieur Monk. C’est ma signature. Il se plaint toujours des boutons que je couds. Hé, vous, Monsieur Babcock, quand j’ai réparé cette chemise pour vous, vous ne vous êtes pas plaint hein ? Vous êtes un client très bien.
Monk : Madame Ling, vous êtes certaine que cette chemise appartient à Monsieur Babcock ?
Mme Ling : Oui, je suis sure. C’est un client très bien. Vous revenez quand vous voulez, Monsieur Babcock.
Disher : Madame, il a assassiné onze personnes.
Stottlemeyer : Douze. N’oublions surtout pas la première Madame Babcock qui est surement enterrée quelque part par ici.
Mme Ling : Mais c’est quand même un client très bien. C’est pas un espèce de maboul comme Monsieur Monk.
Disher : Madame et Monsieur Babcock, vous voulez bien rentrer je vous prie, nous avons des questions à vous poser.
Stottlemeyer : Soyez gentils s’il vous plait.
Monk : Merci, Madame Ling.
Mme Ling : Oui, c’est ça ! Hé, j’ai vu un copain à vous à la télé hier soir. Kenny Shale. Un homme bien. Je l’aime bien.
Sharona : Ha oui ? hé bien moi, c’est Monsieur Monk que je préfère.
Mme Ling : Hooo Monsieur Monk, c’est un maboul.
Sharona : Hé bien, je le préfère quand même.
Mme Ling : Non !
Sharona : Si !
Mme Ling : Arrêtez de dire ça.
Plus tard, devant le magasin de Madame Ling.
Mme Ling : Allez vous en, Monsieur Monk. Terminé. Non, non. Allez vous en ! Du balai !
Sharona : Ho, laisse tomber, on va te trouver un autre teinturier. Hé ! Que faites vous ? Mais qu’est-ce que vous faites ?
Policier : Le parcmètre est vide.
Sharona : Je croyais que tu avais mis des sous.
Monk : Je ne pouvais pas, je portais le linge.
Sharona : Hé, vous connaissez Kenny Shale ? C’est un bon ami à moi.
Policier : Vous parlez de l’ex-adjoint au maire ?
Sharona : L’ex-adjoint ?
Policier : Oui, votre bon ami a démissionné ce matin. C’était au journal télévisé. Bonne fin de journée.
Monk : Voila, la fête est bel et bien finie.
Sharona : Kenny ne me manquera pas. Les petites attentions, oui, mais pas lui. Tiens.
Monk : En quel honneur ?
Sharona : Je ne paierai pas cette amende.
Monk : Mais c’est ta voiture.
Sharona : C’est toi qui n’as pas mis de sous la dedans.
Monk : D’accord, faisons un compromis. Tu paies le PV et moi, rien.
Sharona : Qu’est-ce que c’est que ce compromis ?
Monk : Disons que c’est un compromis économique.
Rédigé par mamynicky